LCI du 22 juin 2021

VIDÉO - Les images saisissantes de la sécheresse en Californie

ÉTATS-UNIS - Confrontée à une sécheresse chronique, particulièrement précoce cette année, l'État américain doit faire face à une pénurie d’eau sans précédent.

L'été vient à peine de débuter que l'Ouest des États-Unis subit déjà de plein fouet les effets d'une sécheresse chronique, encore aggravée par le changement climatique. La quasi-totalité du territoire (93%) est désormais touchée par la sécheresse, avec des températures qui pourraient par endroits avoisiner les 50°C. Du jamais-vu, à en croire cette famille californienne rencontrée aux abords d’un lac. Le niveau de l’eau devrait être 20 mètres plus haut. Pour se baigner, ils ont dû s’aventurer plus loin qu’à l’habitude. "Ici, en temps normal, on serait sous l’eau. Nous n’avons jamais pu descendre aussi loin auparavant. Mon Dieu, c’est dingue !", s’alarme-t-elle dans le reportage de TF1 en tête de cet article, montrant du doigt la ligne de végétation qui surplombe les bords du lac. 

Un exemple parmi d’autres. À travers toute la Californie, 1500 réservoirs comme celui-ci sont à moitié remplis. Après une année trop chaude, trop sèche, l’eau, déjà rare, s’évapore à toute vitesse. Les lacs rapetissent et le lit des rivières se découvrent. La situation est tout aussi préoccupante dans le nord de la Californie, pourtant généralement bien arrosée durant l'hiver et le printemps. Deuxième réservoir de l’État, le lac Oroville, qui fournit l'eau potable à 27 millions de Californiens, est cinquante mètres plus bas qu'en 2019.

« La seule chose qu’on peut faire, c’est de ne rien planter. Un tiers de mes terres sont vides »- Jo Del Bosque, un agriculteur californien

Et pourtant, cette eau, la Californie en a besoin, notamment pour arroser ses cultures. 80% des amandes vendues dans le monde poussent ici. Mais les amandiers sont gourmands. Trop gourmands, en tout cas, pour supporter les effets de la sécheresse. Il faut quatre litres d’eau pour une seule amende alors le calcul est vite fait. Contraints, les agriculteurs arrachent leurs propres plantations avant de les réduire en silures.

Dans la vallée de Tulare, en plein cœur de la Californie, sont produits deux tiers des fruits des États-Unis. Jo Del Bosque y cultive des melons depuis plus de trente ans. Des périodes de sécheresse, il en a connues mais jamais aussi tôt dans l’année. "La seule chose qu’on peut faire, c’est de ne rien planter. Un tiers de mes terres sont vides", explique-t-il. Un désastre économique annoncé pour lui. "Il n’y aura pas de récolte ni de travail pour les ouvriers", ajoute-t-il. Les agriculteurs sont les premiers à subir les restrictions d’eau. Mais cette crise touche maintenant toute la Californie. Même les villes s’inquiètent. 

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Direction San Francisco, l’une des métropoles les plus riches d’Amérique. Dans une banlieue chic, ce jour-là, des kits sont distribués à la population pour économiser l’eau à la maison. "Il y a des embouts plus économiques pour les tuyaux d’arrosage, un mousseur pour le robinet, des chronomètres pour la durée de la douche et un détecteur de fuite d’eau", énumère une femme chargée de la distribution. Chacun récupère son kit directement depuis sa voiture, en mode "driving". Dans ce comté, les habitants ont pour obligation de réduire leur consommation d’eau d’au moins 40%.