Sud-Ouest du 18 juin 2021

2021 06 18 SO L'épidémie en Gironde

Sud-Ouest du 18 juin 2021 

« Pour l’instant, je ne sais pas trop si je vais enlever le masque » 

Depuis hier , le port du masque n’est plus obligatoire dans les rues de la ville. Entre joie et perplexité, les Bordelais sont partagés

2021 06 18 SO masqueAdèle et Hortense préfèrent ne pas renoncer au masque en extérieur pour le moment, surtout dans les rues passantes. A. R

Pour les joggeurs, rien n’a changé. Pour les promeneurs par contre, c’est une nouveauté, une certaine liberté retrouvée. Les annonces gouvernementales ont mis fin à l’obligation du port du masque en extérieur hier . Des exceptions sont tout de même à prendre en compte, notamment pour les regroupements, les files d’attente, les marchés et les stades. Aux arrêts de tram, certains le portent déjà bien avant d’embarquer dans la rame, d’autres le dégainent rapidement. 

« En extérieur je suis tout à fait pour ! » s’enthousiasme Annie, 49 ans. « Il faut faire appel au bon sens. S’il y a assez de distance, je ne le mets pas. » Assise sur un banc de l’arrêt Stalingrad, visage à l’air libre, elle n’avait pas entendu parler de la fin de cette restriction. « Je le mettais en centre-ville, mais pas quand j’étais toute seule dans la rue », explique-t-elle encore ravie de pouvoir respirer plus librement. Dans la rue Sainte-Catherine, Mathéo marche sans masque aucun. « Je trouve que c’est très bien parce qu’en extérieur ça sert à rien ! », affirme le jeune homme de 18 ans. Dans cette artère souvent très fréquentée, il précise le remettre en cas d’affluence.

2021 06 18 SO masque2

Enthousiasme modéré 

À 10 h 30, hier matin, il n’y a pas grand monde sur la place Saint-Projet. Juste une jeune femme assise à des mètres de tout passant. Son masque noir, elle le porte pourtant bien ajusté sur le nez. « C’est une habitude. Pour l’instant je ne sais pas trop si je vais l’enlever », confie la dénommée Pamela, 20 ans, l’air un peu perdu. 

Avant d’aller en cours, Adèle et Hortense, toutes deux âgées de 18 ans, sont passées pour regarder les vitrines. Pas question pour autant d’enlever leurs masques. « Il y a quand même pas mal de personnes, je préfère le garder », confie Adèle. Et Hortense d’ajouter : « Je ne suis pas encore vaccinée, je vais attendre de l’être. J’ai vu la nouvelle sur les réseaux et j’étais un peu étonnée. En soi, on peut continuer à le mettre. » 

« Moi je suis content, je l’ai enlevé direct ! », lâche Sullivan, 22 ans, un peu plus loin sur la grande allée. Ses amis en revanche ne partagent pas le même enthousiasme. « Moi je n’ai pas compris, avoue Nathan, 24 ans. C’est un peu prématuré. » Gloria, 25 ans, masque sous le nez pour éviter la buée sur ses lunettes, renchérit : « Je pense que c’est un peu trop tôt. Progressivement c’est bien aussi… » 

En visite, deux amies ne savent pas trop quoi faire de leur masque : autour des oreilles, mais en dessous de la bouche, bien mis ou en dessous du nez… Elles n’étaient pas au fait de cette nouvelle décision. « Ah, mais on ne savait pas ! », s’exclament Christine et Danielle, presque en chœur, enchantées de ranger les masques dans leurs sacs. « C’est vrai qu’en extérieur on a tendance à l’enlever, sauf si on croise trop de monde », spécifie Christine, 68 ans. 

« Il faut se vacciner ! » 

Beaucoup portent encore leur masque ce matin, plus ou moins bien placé sur le nez. Dans la rue du Pas-Saint-Georges, certains n’en ont pas du tout. « Moi je n’en ai jamais mis dehors ! », clame Dan, 58 ans. Son collègue, Rachid, 48 ans, dit quant à lui avoir presque toujours une cigarette en bouche. « Il faudrait juste qu’ils l’enlèvent aux enfants aussi dans les écoles, il fait trop chaud », regrette-t-il. Dans une rue adjacente, Jean-François, regarde attentivement la manœuvre d’une camionnette qui a fait une erreur de parcours dans les étroites ruelles. Il a oublié son masque. « Généralement, je l’ai tout le temps, assure l’homme de 71 ans. Je pense que je vais continuer à le mettre. On s’y est fait. » 

À proximité de la place du Parlement, parmi les quelques passants, Anne-Marie, 84 ans, circule tranquillement, masque autour du cou. « Je suis vaccinée. Il faut se faire vacciner ! » Quand on lui demande ce qu’elle pense de cette annonce du Premier ministre Jean Castex, elle lâche : « Oh, il fait ce qu’il peut celui-là ! » Un sourire taquin, elle tourne les talons et poursuit sa route.

2021 06 18 SO Un taux d'incidence en baisse

 

2021 06 17 SO Ce n'est pas la fin du port du masque

2021 06 18 SO fin du port du masque