Sud-Ouest du 14 juin 2021

2021 06 14 SO Comment concilier vacances et vaccin

Sud-Ouest du 14 juin 2021 

Vacances j’oublie tout, sauf ma deuxième dose de vaccin 

L’épidémie de Covid n’a pas dit son dernier mot. Et l’enjeu de la deuxième dose durant les vacances contraint les autorités à assouplir le protocole vaccinal. Le point avec l’ARS

2021 06 14 vaccins vacancesLe compte à rebours a commencé avant les vacances, mais la vaccination, elle, continue. JULIEN LESTAGE/”SUD OUEST”

Début 2021, il a dit non. En juin, il a dit oui. Qui ? Olivier Véran. En janvier, malgré une recommandation de la Haute Autorité de santé, qui préconisait d’allonger les délais entre les deux injections de vaccin anti-covid, le ministre de la Santé avait tapé du poing sur la table : « Pas plus de quatre semaines de délai, nous sommes face à une part d’inconnu, je fais le choix de la sécurité des données validées », avait-il déclaré alors. Lorsque les temps chauds sont arrivés, le ministre a tombé la veste : « Comme c’est l’été, a-t-il rectifié, à titre dérogatoire, il est possible d’avoir deux semaines de battement supplémentaires entre la première et la deuxième injection. » Pour autant, la deuxième piqûre doit être plantée dans le centre d’origine, puisque « les pompiers varois ne vont pas vacciner toute la population française cet été ! » 

La Nouvelle-Aquitaine accueille aussi en juillet-août toute la population française, celle qui n’est pas dans le Var, et Benoît Elleboode, directeur général de l’Agence régionale de santé de la région, a retroussé ses manches pour organiser un été le mieux « piqué » possible. Il faut dire qu’avant la déclaration ministérielle, il avait pris les devants et entamé un travail auprès des villes côtières, du Pays basque à la Charente-Maritime, pour réquisitionner des vaccinodromes estivaux potentiels. « Mais aussi des lieux d’hébergement pour les vaccinateurs, quand bien même on en aurait trouvé suffisamment. Un vrai cassetête ! » La question ne se pose plus désormais, ou presque… 

Une tolérance 

Benoît Elleboode a rangé ses crayons et suivi les dernières doctrines gouvernementales, à savoir cet assouplissement vaccinal estival. Il commente : « Entre les deux injections, il y aura donc désormais, soit trente-cinq jours, soit quarante-neuf jours. Cela devrait permettre aux vacanciers de s’organiser pour s’assurer d’une seconde injection, chez eux, avant leur départ ou carrément après. Bien entendu, cette proposition de l’État est à considérer comme une tolérance, pour éviter que les villes balnéaires et côtières, les lieux hautement touristiques ne soient totalement saturés par les demandes d’une seconde injection. » 

Certes. Sur le papier, la préconisation du ministre fonctionne, la seconde dose n’est, paraît-il, pas à une semaine près. Dans la vraie vie des gens qui en ont plein les bottes des restrictions, de l’enfermement, de regarder passer la journée par la fenêtre en égrainant le chapelet des mauvaises nouvelles, l’enjeu de la deuxième injection ne fera pas le poids. « Sans doute, observe le directeur général de l’ARS, nous allons quand même ajouter de la tolérance à la tolérance. En préambule, je signale que tolérance signifie qu’une deuxième dose sur le lieu de vacances, dans un centre de vaccination, ou chez un médecin pourra être refusée. Hors de question de léser la population locale, ce seront eux, les prioritaires. » 

Population en hausse 

N’empêche, la Nouvelle-Aquitaine n’est décidément pas le Var, aussi, le directeur général de l’ARS a plaidé auprès du ministre pour l’ouverture de nouvelles lignes de vaccination dans les centres côtiers. « On justifie cela, parce qu’on a un littoral – les Landes, par exemple, multiplient par cinq leur population en été – et qu’il faut en tenir compte. Cependant, cette augmentation de la capacité vaccinale ne se fera pas dans les proportions de l’augmentation de la population estivale. » 

Patrick Dehail, médecin conseil du directeur général de l’ARS, a également participé à ce consensus « On aura une certaine plasticité, ajoute-t-il, pour orienter le fût du canon en fonction des lieux les plus fréquentés, et attractifs. Cette souplesse est liée au fait que la Nouvelle-Aquitaine est une population naïve au regard de l’immunité, elle a été épargnée, donc peu en contact avec le virus, ce qui nous rend plus vulnérables notamment aux variants, comme on l’observe déjà, à Bordeaux et dans les Landes. » 

« Trouver l’équilibre » 

Benoît Elleboode justifie ce pas de côté par rapport à la doctrine gouvernementale par un « souci d’équilibre ». En Nouvelle-Aquitaine aujourd’hui, les plus vulnérables sont désormais protégés, puisque 71,3 % des plus de 75 ans ont reçu les deux doses, 84,4 % au moins une. Mais les variants circulent au sein du reste de la population. « Le déconfinement, le brassage de la population avec l’arrivée des touristes va favoriser la circulation du virus, et l’apparition de nouveaux variants. Il nous faut trouver l’équilibre entre le rythme de vaccination et la circulation du virus. Et conserver les gestes barrières dans la sphère privée. »

2021 06 14 SO Il vaut mieux respecter le schéma vaccinal

2021 06 14 SO Il vaut mieux respecter le schéma vaccinal3

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2021 06 14 SO Recrutement tous azimuts dans les centres de vaccination avant l'été

2021 06 14 SO Recrutement tous azimuts dans les centres de vaccination avant l'été2

2021 06 14 SO Recrutement tout azimut