Sud-Ouest du 10 février 2021

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Sud-Ouest du 10 février 2021 

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2021 02 10 astrazeneca

 

Le vaccin AZD1222 est né de la collaboration entre l’université d’Oxford et le laboratoire AstraZeneca. Il a été le premier à être administré massivement au Royaume-Uni dès décembre avant d’être approuvé par plusieurs autres pays. Il s’agit du troisième vaccin Covid-19 recommandé par l’Agence européenne du médicament (EMA) après ceux de PfizerBioNTech et Moderna. 

Avec une efficacité moyenne de 70 %, le vaccin d’AstraZeneca/Oxford est moins probant pour l’instant que ceux de Pfizer/BioNTech ou de Moderna, dont l’efficacité dépasse les 90 %. 

Plus facile à conserver 

En utilisant une technologie plus traditionnelle à vecteur viral, le produit d’AstraZeneca est d’abord plus facile à stocker. Il peut être conservé pendant au moins six mois, dans des réfrigérateurs entre 2 °C et 8 °C, et non à très basse température (– 70 °C pour le Pfizer/BioNtech). Quant au délai préconisé entre les deux doses, entre vingt-et-un et quarante-deux jours, il offre aussi plus de souplesse que ses concurrents (vingt-huit jours pour Pfizer et Moderna). Le AZD1222 semble donc plus adapté à des campagnes de vaccination massives, ou à des pays moins équipés en dispositifs spéciaux. En France, « la conservation de ce vaccin nous permettra de confier aux pharmaciens et infirmiers la suite de la vaccination », a confirmé le Premier ministre Jean Castex. La première livraison d’AstraZeneca est arrivée en France le 5 février et son utilisation a débuté le 6 février pour les soignants. 

Au-delà de cet argument logistique décisif, le faible coût du vaccin a aussi convaincu de nombreux pays de choisir AstraZeneca plutôt qu’un concurrent. Moins cher que les autres, il revient à 2,50 € l’unité, soit 5 euros la double dose, contre environ 20 euros avec Pfizer/BioNTech et environ 30 euros avec Moderna. 

Quelques jours seulement après le lancement de la vaccination au Royaume-Uni, l’Argentine, le Salvador, le Mexique et l’Inde ont donné leur accord pour l’administration du vaccin dans des « situations d’urgence ». Le Maroc, le Pakistan, l’Afghanistan, l’Indonésie et le Bangladesh ont lancé leurs campagnes avec des millions de doses AstraZeneca. 

Des fausses notes 

Malgré l’avis favorable de l’Agence européenne du médicament, plusieurs gouvernements de l’Union, dont la France, la Belgique ou l’Allemagne, ont préféré le recommander uniquement pour les moins de 65 ans, voire les moins de 55 ans, faute de données suffisantes sur son efficacité. Les résultats présentés par le laboratoire semblent marqués par quelques confusions, inattendues à ce niveau. 

Quatre essais cliniques ont été menés simultanément au Royaume-Uni, au Brésil et en Afrique du Sud, et ont impliqué 23 000 personnes. Petit hic : une erreur de dosage a été commise par un centre test, qui a injecté une demi-dose, au lieu d’une complète, à une partie des volontaires. Et ces résultats ont quand même été combinés aux autres données, le laboratoire estimant qu’ils n’auraient pas d’incidence sur le lissage final des essais cliniques. 

Aux États-Unis, la Food and Drug Administation a menacé de ne même pas consulter le dossier AstraZeneca. À moins de poursuivre l’essai américain, en y ajoutant un panel de personnes de plus de 65 ans. 

Un défaut de recrutement incompréhensible quand on sait que les plus âgés sont aussi les plus à risque face au Covid-19. D’où la prudence de certains États. 

La France ne change rien 

Dimanche, l’Afrique du Sud a suspendu le démarrage de son programme de vaccination, qui devait avoir lieu dans les prochains jours avec un million de vaccins AstraZeneca, après une étude révélant une efficacité « limitée » contre le variant local du virus. 

Selon les premiers résultats de cette étude, ce vaccin est efficace à seulement 22 % contre le variant sud-africain. Et celui-ci peut a priori se transmettre à la population déjà vaccinée. Des médecins relativisent en assurant que même à ce niveau, le vaccin devrait prévenir des formes graves de la maladie et donc des hospitalisations. 

Pour comparaison, Johnson & Johnson, qui présente aussi un vaccin à vecteur viral, affiche des résultats face au B.1.351 chutant de 72 % à 57 %. Tout de même au-dessus des 50 % exigés par l’Organisation mondiale de la santé. 

Le ministre de la Santé Olivier Véran, qui a lui-même bénéficié de ce vaccin, a tenu à relativiser les résultats sud-africains. « C’est une petite étude sur 2 000 patients, tous jeunes, la publication n’a pas été consultée par les scientifiques Vous imaginez bien qu’on ne bascule pas toute une stratégie vaccinale sur cette seule base-là. Il est très compliqué de conclure encore. Rien ne change sur la stratégie pour le moment. » 

AstraZeneca se défend 

En France, 99 % des souches virales ne correspondent pas au variant sud-africain. Mais le ministre assure porter un regard particulier aux territoires d’outre-mer, notamment à Mayotte. « Nous réfléchissons à renforcer la protection des soignants par d’autres vaccins. » 

Comme l’a montré une étude de l’université d’Oxford publiée le 4 février, le produit d’AstraZeneca semble en revanche conserver une bonne efficacité (75 %) face au variant britannique. Or, il s’agit de celui auquel la France semble le plus exposée, pour le moment. 

« Nous pensons que notre vaccin protégera quand même contre les formes graves de la maladie », a affirmé un porte-parole d’AstraZeneca. Le laboratoire a indiqué travailler à une nouvelle version de son vaccin pour faire face aux variants, y compris le sud-africain. 

Le 8 février, le comité stratégique des experts en immunisation de l’Organisation mondiale de la Santé a porté « une attention particulière » à la question de « l’utilisation du vaccin sur les adultes les plus âgés ». 

« Il est beaucoup trop tôt pour rejeter ce vaccin », a prévenu l’OMS, qui considère que le vaccin AstraZeneca est « une partie importante de la réponse mondiale à la pandémie actuelle. Il est absolument crucial d’utiliser les outils que nous avons aussi efficacement que possible. »

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