Sud-Ouest du 29 janvier 2021

2021 01 29 SO L'épidémie en France

 

Sud-Ouest du 29 janvier 2021 

Deux mille cas de variants par jour 

COVID-19 C’est l’estimation livrée hier par le ministre de la Santé. Soit quatre fois plus qu’au début du mois. Un chiffre qui prépare les esprits à de prochaines mesures de contrôle social plus fortes

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« On est presque aujourd’hui au niveau des réanimations du mois d’octobre », a indiqué Olivier Véran, hier. PHOTO S. L./AFP 

La menace se précise, celle «d’une épidémie dans l’épidémie », pour reprendre les termes d’Olivier Véran qui tenait une conférence de presse hier en début d’après-midi. Selon le ministre de la Santé, on estime que 500 personnes étaient infectées chaque jour par les nouveaux variants plus contagieux – mis en évidence en Grande-Bretagne et en Afrique du Sud, principalement – au début du mois de janvier. Il y en aurait maintenant 2 000 par jour. 

Ce quadruplement n’est pas précisément mesuré. Les évaluations ne font qu’approcher le phénomène. On repère notamment, en routine journalière, les résultats de tests RT-PCR qui présentent une discordance par rapport aux cas positifs «normaux». Celle-ci est parfois causée par la présence des souches variantes du SARS-CoV-2, mais pas toujours. Quoi qu’il en soit, le nombre de tests discordants ne fait qu’augmenter depuis début janvier. 

«Sur un plateau montant» 

Au terme d’une étude menée les 7 et 8 janvier, on avait établi un premier état de la dispersion de ces variants en France. Ils représentaient 3,2 % des cas positifs. On aura une photographie précise de leur progression quand on obtiendra les résultats d’une enquête similaire, reconduite hier et aujourd’hui. Le verdict devrait arriver «dans quelques jours», a promis Olivier Véran. C’est ce genre d’indicateurs tangibles qu’attend le pouvoir pour trancher sur de nouvelles mesures de contrôle social. Ces dix derniers jours se sont succédé des déclarations cacophoniques sur le sujet. Depuis le conseil de défense qui s’est tenu mercredi, la consigne semble assez claire. 

Toutes les pistes sont explorées, y compris un confinement strict, « pour éviter un scénario à l’anglaise, à la portugaise ou à l’espagnole», a énuméré le ministre de la Santé. Celui d’une impasse sanitaire. Mais il ne fallait pas compter sur lui hier pour se perdre en conjectures. Il n’avait rien de plus à dire que ce qu’avait déjà esquissé Gabriel Attal, le porte-parole du gouvernement. 

Le choix du seul ministre de la Santé pour se coltiner l’exercice de la conférence de presse hebdomadaire augurait mal des annonces fracassantes. Celles-ci auraient été formulées par Emmanuel Macron lui-même ou par Jean Castex. En revanche, Olivier Véran a couru dans son couloir en brossant un tableau de l’épidémie peu rassurant. «Nous ne sommes pas à proprement parler dans une vague épidémique, mais le virus diffuse plus vite chaque semaine. Nous sommes sur un plateau montant», a-t-il confirmé. 

Le taux d’occupation des lits de réanimation est passé au-dessus de la barre des 60 %. Le taux d’incidence, qui mesure le nombre de cas positifs pour 100 000 habitants sur une période de sept jours, s’est envolé au-dessus de 200. Le ministre constate que le nombre de patients pris en charge dans les services de soins intensifs et de réanimation, autour de 3 100, approche même celui qui avait déclenché le deuxième confinement, à la fin du mois d’octobre. 

Face à ces chiffres, les autorités tirent un bilan mitigé du couvre-feu à 18 heures, généralisé à l’ensemble de l’Hexagone le 16janvier. «À l’évidence, il ne permet pas d’endiguer le variant. Il a toutefois un impact. Le nombre d’hospitalisations a baissé dans les 15départements dans lesquels il a été instauré dès le 2janvier. J’ai la conviction que sans ce couvre-feu, nous ne serions pas sur un plateau, nous serions en pleine vague épidémique », a tempéré le ministre. 

Veillée d’armes 

Le message était volontairement pédagogique. En direction de la population mais également des élus et des représentants du monde socioprofessionnel que le Premier ministre Jean Castex consulte depuis hier. Avec l’opposition parlementaire, c’est peine perdue. Les couteaux sont tirés. Les oppositions ne digèrent pas la clôture des travaux, actée mercredi par la majorité présidentielle, de la mission d’information des députés sur la gestion par le gouvernement de la crise du Covid-19. 

Pour le pouvoir, cette veillée d’armes sert manifestement à préparer les esprits à un nouveau tour de vis sans faire bourgeonner des mouvements de protestation qui émergent ici et là, en Grèce, aux Pays-Bas ou encore au Liban. Tâche délicate alors que le sentiment d’injustice prospère, par exemple chez les étudiants des universités, excédés de ne pas bénéficier du traitement plus favorable des élèves de classes préparatoires.

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