Sud-Ouest du 28 janvier 2021

2021 01 28 SO L'épidémie en France

 

Sud-Ouest du 28 janvier 2021 

Le rempart trop fragile du couvre-feu 

COVID-19 Le gouvernement semble résigné à imposer des mesures plus dures que le couvre-feu à 18 heures. La probabilité d’un troisième confinement prend de plus en plus d’épaisseur

2021 01 28 covidLe porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal, et le Premier ministre, Jean Castex, mardi, à l’Assemblée. PHOTO AFP 

Le variant anglais du SARS-CoV2 donne de ses nouvelles et elles ne sont pas bonnes. Cette souche virale, qui prend la Grande-Bretagne dans les rets d’un drame sans fin, semble prospérer en France et sur le continent. Ailleurs également. Selon une information divulguée par l’OMS, l’Organisation mondiale de la santé, elle circulait au 25 janvier parmi la population de 70pays. Dix de plus qu’au 12janvier. 

Le variant sud-africain du coronavirus épouse une courbe d’expansion similaire. Lui aussi plus contagieux que les versions du SARS-CoV-2 qui se propagent depuis un an, il est repéré dans 31 pays, huit de plus qu’il y a deux semaines. Cet essor est logique. La contagiosité de ces deux variants étant supérieure de 40% à 60%, ils provoquent des infections en plus grand nombre et prennent graduellement le pas sur les souches déjà connues. Ce faisant, ils habillent le paysage de la pandémie de couleurs toujours plus sombres. 

Le variant fait son nid à Paris 

C’est le malheureux diagnostic que le gouvernement a posé hier, lors d’un nouveau conseil de défense qui devient une tradition du mercredi. Il était en possession de chiffres frais. On estime que le variant anglais représentait 9,4 % des cas dépistés en Île-de-France entre le 11 et le 21janvier. La photographie précédente était toute récente. Elle remontait à l’enquête diligentée sur les tests PCR des 7 et 8janvier. À cette date, 3,2% des prélèvements en Île-de-France auraient été liés au variant anglais. L’écart est marqué. Il grandit. Selon Gabriel Attal, le porte-parole du gouvernement, la souche mutante pourrait maintenant être identifiée dans 10% des cas positifs en France. On attend incessamment les résultats d’une nouvelle enquête, qui cernera précisément sa progression. Si la proportion du variant anglais dans les tests PCR positifs devait doubler toutes les deux semaines, ne rien faire pourrait –dans la pire des hypothèses – dessiner un scénario à la britannique. 

C’est tout le sens des mises en garde qui se sont succédé en un curieux ballet télévisé, le week-end dernier. Président du Conseil scientifique Covid-19, Jean-François Delfraissy a mis l’accent sur la nécessité de nouvelles mesures, notamment le reconfinement. Il s’est montré plus souple au début de la semaine. Il sera auditionné aujourd’hui à 18heures par les parlementaires de l’Office d’évaluation des choix scientifiques et techniques. 

Le couvre-feu pas suffisant 

Après quelques tergiversations, illustrées par des déclarations aux tonalités contradictoires, le pouvoir se résigne à un nouveau tour de vis. Gabriel Attal a admis hier que le couvre-feu à 18 heures ne suffisait pas à endiguer la montée de la marée des patients et, surtout, des cas graves, qui menacent de thrombose le système hospitalier. « Le maintien du cadre actuel paraît peu probable », a-t-il ajouté. L’exécutif attend encore une évaluation précise des effets du couvre-feu. Partisan d’une ligne sanitaire dure, Jean Castex mènera aujourd’hui et demain une série de consultations avec des parlementaires, des associations d’élus et des partenaires sociaux. Il s’agit de déterminer ce qui est pertinent pour juguler l’épidémie, mais aussi ce qui est acceptable par la population. Le gouvernement a vu les émeutes flamber aux Pays-Bas après l’annonce des restrictions de circulation décidées par le gouvernement néerlandais. 

D’autres scénarios sont sur la table. À cette heure, ils tiennent plus de la spéculation que de l’information. Ce qui est bien réel, en revanche, c’est la fermeture des frontières qui fait tache d’huile. La France ne s’y est pas résolue. Pas plus qu’à la restriction des transports intérieurs, alors que la présence du variant anglais semble contrastée selon les territoires. L’enquête des 7 et 8janvier tendait à montrer que la Nouvelle-Aquitaine était plus épargnée que la moyenne à cette date.

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