Sud-Ouest du 27 janvier 2021 

« L’hôpital est devenu trop petit» 

LA TESTE-DE-BUCH Le projet d’établissement du centre hospitalier du Pôle de santé d’Arcachon vient d’être validé pour les cinq ans à venir. Il prévoit plus de 30 millions d’investissements

2021 01 27 l'hôpitalJulien Rossignol, directeur de l’hôpital d’Arcachon: « L’hôpital est aujourd’hui devenu trop petit. » PHOTO DAVID PATSOURIS

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Un scanner et une IRM supplémentaires vont bientôt arriver à l’hôpital. PHOTO ARCHIVES S. M 

Les instances du centre hospitalier du Pôle de santé d’Arcachon viennent de valider leur projet d’établissement. Ce document de 74 pages constitue la feuille de route de l’hôpital pour les cinq années à venir. Julien Rossignol, directeur de l’établissement depuis 2018, en détaille les grands axes. 

«Sud Ouest» L’hôpital, construit il y a sept ans, est-il aujourd’hui trop petit? 

Julien Rossignol Oui, l’hôpital est aujourd’hui trop petit. Peut-être qu’au moment de sa conception, les prévisions d’activités ou même démographiques n’étaient pas les mêmes. Tous les indicateurs montrent aujourd’hui qu’il est trop étroit : le taux d’occupation, le flux des urgences, etc. Je l’ai dit dès que j’ai pris mon poste de directeur en 2018. Les urgences ont été construites pour 25 000 passages par jour. Nous sommes aujourd’hui à 36 000. Avec l’été, nous enregistrons des journées à 160 visites. C’est parfois plus qu’au CHU Pellegrin de Bordeaux. 

Est-ce ce constat qui impulse les énormes investissements prévus sur cinq ans ? 

Oui. Il faut avancer. 

Quels sont ces investissements ? 

Il y a 15 millions d’euros prévus pour la restructuration du bâtiment et 22millions pour le déménagement et la reconstruction de l’Ehpad Larrieu sur le site du Pôle de santé en 2024. 

Dans les 15millions est prévue la construction d’un bâtiment pour les consultations externes, livré en 2023 (3,8 millions d’euros), ce qui permettra de libérer de l’espace et d’avoir huit lits d’hospitalisation supplémentaires (deux par unité). Mais 2023, c’est trop tard. Alors en attendant, la direction va déménager dans des préfabriqués et laisser ses bureaux pour des consultations. On aura les lits supplémentaires le 1er juin 2022. 

Vous aviez aussi annoncé l’extension du bloc opératoire… 

Oui, nous allons ouvrir pour l’hôpital trois salles de chirurgie supplémentaires (3,54 millions d’euros). Aujourd’hui, le bloc est divisé : 4,5 salles pour la clinique, et 4,5pour l’hôpital. Avec trois salles d’opération de plus, il va falloir passer la surveillance continue de huit à douze lits. 

Et puis nous allons restructurer et agrandir les urgences (6,2 millions d’euros). La fin des travaux est prévue en 2023. 

Mais actuellement, le service de pédiatrie est situé dans la même enceinte. Il passera de 2 à 5 pédiatres à la fin 2021 et nous allons l’installer sur un étage construit au-dessus des urgences. Ce chantier sera sportif puisque les travaux auront lieu dans un site en fonctionnement. 

Votre projet d’établissement parle aussi de la maternité… 

Elle est actuellement au niveau 1, c’est-à-dire les naissances qui ne posent pas de difficultés. 

Nous avons soumis à l’Agence régionale de santé (ARS) notre ambition de passer au niveau 2A avec une unité néonatale (2,3 millions d’euros). Il faudra donc des lits de réanimation dans ce service. 

Et au-dessus de la maternité, nous allons développer un plateau de consultations en gynécologie. Il y a en a de moins en moins en ville et il y a un manque. 

Est-ce que vous avez l’intention de développer l’imagerie ? 

Oui. Nous allons être dotés d’un scanner et d’une IRM de plus. Et cela va donc occasionner des travaux supplémentaires, de l’ordre de 3 à 4 millions d’euros. 

Enfin, il y a un dernier projet prévu en 2025 : la construction d’un bâtiment de soins de suite et de rééducation. Mon idée est de regrouper les services de l’hôpital et de la clinique ici, pour mutualiser. 

Actuellement, la clinique réfléchit à cette proposition. Mais qu’elle vienne ou non, nous ferons ce bâtiment. 

Il libérera une vingtaine de lits à l’intérieur de l’hôpital et nous pourrons alors y étendre des activités de gastro-entérologie et de pneumologie. 

Comment financez-vous ces investissements ? 

En autofinancement. Nous avons déjà l’argent pour tous ces travaux. Il en reste de la vente du site de l’ancien hôpital Jean-Hameau au Pyla. 

Pour reconstruire l’Ehpad Larrieu au Pôle de santé, nous allons vendre le site où il est actuellement, à l’Aiguillon à Arcachon. 

Enfin, lors du dernier exercice normal de l’hôpital, en 2019, il y avait un excédent de 650 000euros. 

Comment s’est déroulé 2020 sur le plan financier? 

L’année 2020, à cause du Covid, a creusé un déficit d’un million d’euros qu’il faut relativiser puisque le budget de l’hôpital est de 75 millions d’euros. 

Le bloc opératoire a été fermé pendant deux mois et les passages aux urgences ont baissé de 12 %. 

C’est une année exceptionnelle. Et le gouvernement a annoncé, sans que ce soit encore officialisé, que 2020 serait une année blanche pour les hôpitaux, c’est-à-dire que l’Etat devrait nous donner les mêmes moyens qu’en 2019. 

La pandémie ne freinera pas, a priori, la conduite du projet d’établissement et ces investissements.

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