Sud-Ouest du 24 janvier 2021 

Quel délai entre les deux doses ? 

VACCIN La Haute Autorité de santé recommande d’espacer de 42 jours les deux doses vaccinales pour protéger le maximum de personnes vulnérables. C’est au gouvernement de décider

2021 01 24 délaiLes plus de 75 ans peuvent – en théorie – se faire vacciner depuis lundi dernier. Ici, à La Rochelle. PHOTO XAVIER LEOTY / « SUD OUEST »

C’est un avis très attendu que vient de rendre la Haute Autorité de santé (HAS), l’organisme expert chargé d’éclairer les pouvoirs publics. Alors que le schéma de vaccination prévoit un délai d’au moins 21 jours entre les deux doses du produit Pfizer-BioNTech et d’au moins 28 jours pour celui de Moderna, la HAS recommande de l’étirer à 42 jours. 

Cet avis ne vaut que pour ces deux vaccins à ARN messager, validés par l’Europe et la France, et actuellement distribués. Il ne concerne pas les « candidats vaccins », notamment le produit mis au point par AstraZenaca-Oxford qui pourrait être autorisé en Europe dans une dizaine de jours. 

«Nous sommes en faveur d’un décalage à six semaines de la deuxième dose pour les patients qui ont reçu la première dose. La protection est estimée à 90 % trois semaines après l’injection. Mais la deuxième dose reste indispensable pour être protégé à long terme », a expliqué hier Dominique Le Guludec, la présidente du collège de la HAS, lors d’un échange en visioconférence. 

Comme le soulignent les experts, il s’agit là d’une recommandation. C’est au gouvernement de décider et de changer son fusil d’épaule. Jusqu’à présent, les rendez-vous dans les centres de vaccination s’échelonnent suivant le calendrier initial, calé sur les délais adoptés par les laboratoires lors des essais cliniques auxquels ils ont procédé. Rien n’interdit de les allonger. La HAS précise que le recul à 42 jours ne sort pas les deux vaccins à ARN messager du cadre de leurs autorisations de mise sur le marché. Cet avis tient largement au contexte, celui « d’une flambée épidémique que nous craignons tous », esquisse la présidente de la HAS. La dispersion tant redoutée des variants plus contagieux du virus, qui envoient sur le toit les systèmes de santé de la Grande-Bretagne et de l’Afrique du Sud, plante le décor. 

Protéger 700 000 personnes 

Pour la HAS, il s’agit d’éviter « des milliers d’hospitalisations et des centaines de décès », à condition de mettre très rapidement cette réforme en pratique. Et de continuer à prioriser les vaccins pour les personnes les plus à même de développer des formes graves du Covid-19, à savoir les plus de 75 ans pour l’essentiel. 

Pour ne pas avancer dans le noir, la HAS a demandé à l’Institut Pasteur d’évaluer le bénéfice concret que procurerait l’étirement du délai à 42 jours. Si l’on s’en tient au calendrier de livraison à la France des doses vaccinales par Pfizer-BioNTech et par Moderna, on pourrait protéger 700 000 personnes supplémentaires dès le mois prochain. La deuxième dose leur serait délivrée grâce aux livraisons ultérieures des laboratoires. 

Bonne réponse immunitaire 

Si le gouvernement faisait sienne cette recommandation, il devrait revoir une bonne partie de la logistique péniblement mise en place. Décaler tous les rendez-vous déjà pris pour l’administration de la deuxième dose ? Cette grande manœuvre paraît faisable dans les centres de vaccination. Probablement moins dans les Ehpad. La HAS reste muette sur ce point, qui sort du cadre purement scientifique dans lequel sa mission la cantonne. À l’intendance de suivre… 

L’avis des experts était surtout conditionné par la réponse immunitaire des personnes âgées après la première dose, puisque ce sont elles qui doivent bénéficier de la vaccination dans les prochaines semaines. A priori, elle est aussi satisfaisante que dans la population générale. « Quand on considère la protection à long terme, on a même plus d’avantages que d’inconvénients à différer la deuxième injection. La réponse immunitaire est encore meilleure », justifie Élisabeth Bouvet, la présidente de la commission technique des vaccinations à la HAS.

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