Sud-Ouest du 21 janvier 2021

2021 01 21 SO L'épidémie en France

Sud-Ouest du 21 janvier 2021 

Pour l’heure, le couvre-feu suffit 

COVID-19 L’exécutif a décidé de donner « sa chance » au couvre-feu. Mais, hier, il a enclenché la procédure pour prolonger l’état d’urgence sanitaire. Ce cadre qui permet de... reconfiner

2021 01 21 pour l'heure

Olivier Véran, le ministre de la Santé, à la sortie du Conseil de défense, hier. PHOTO AFP 

Saisissant contraste. Dans un monde idéal, c’est-à-dire épargné par la pression grandissante du Covid-19, c’est hier que les bars et les restaurants auraient pu rouvrir leurs portes et accueillir de nouveau leurs clients. Toujours dans ce monde idéal, les musées, les salles de spectacles, les cinémas et les théâtres auraient repris une vie normale depuis une dizaine de jours déjà. Précisément ce qu’avait laissé entrevoir Emmanuel Macron le 24novembre, lorsqu’il a présenté la levée du deuxième confinement après quatre semaines une nouvelle fois sous cloche. Or, si décembre a offert une respiration avec la réouverture des commerces, l’épidémie n’a pas reflué et le seuil des 5 000 contaminations quotidiennes fixé par le chef de l’État pour desserrer de manière significative l’étau sanitaire semble toujours hors d’atteinte. 

Conseil de défense 

Depuis lundi, le nombre de malades du Covid-19 hospitalisés en réanimation a même dépassé la barre des 2 800 personnes pour la première fois depuis mi-décembre. Et mardi 315 nouvelles entrées ont été enregistrées. Autre signe que la pression sur le système hospitalier s’accroît, car cette barre des 300 admissions quotidiennes n’avait pas été dépassée depuis mi-novembre. 

En conséquence, hier, au lieu de voir les restaurants et les bars reprendre leur activité, l’attention s’est focalisée sur le Conseil de défense qui s’est tenu à l’Élysée. Avec toujours ce même ordre du jour : faire le point sur la situation sanitaire. Parmi les sujets brûlants, outre la question de la circulation des variants, figurait aussi le sort des stations de ski. Et pour cause, alors qu’elles ont déjà dû faire une croix sur Noël, Jean-Baptiste Lemoine, le secrétaire d’État au Tourisme, a confirmé aux professionnels de la montagne qu’ils ne pourront pas rouvrir leurs remontées mécaniques le 1er février. Et vraisemblablement pas non plus pendant les vacances scolaires. 

Statu quo, mais... 

Maigre consolation, comme l’a signifié, hier, Gabriel Attal, le porte-parole du gouvernement, il n’est pas prévu d’aller au-delà de ce couvre-feu généralisé à 18 heures en vigueur depuis samedi. Et ce jusqu’à fin janvier au moins. «Il n’y aura pas de nouvelles mesures restrictives cette semaine, a-t-il indiqué. Nous donnons sa chance à ce couvre-feu.» Pas de commentaire, en revanche, sur une possible fermeture des restaurants jusqu’en avril, comme l’ont annoncé nos confrères du « Point». Mais, dans la droite ligne de ce qu’a déjà dit le Premier ministre, si le nombre de contaminations flambe à nouveau, il a confirmé que d’autres mesures seront prises. Et tout en haut de la liste figure, comme on le sait, celle du confinement. 

«Niveau élevé» 

Preuve en tout cas, que l’exécutif se prépare à des prochains mois difficiles, l’Assemblée nationale a adopté, hier, par 113 voix contre 43, une nouvelle prorogation de l’état d’urgence sanitaire jusqu’au 1 er juin. Soit la sixième depuis mars dernier. 

À la tribune, Olivier Véran, le ministre de la Santé, a été clair : « L’épidémie de Covid 19 circule toujours activement. Elle se maintient à un niveau élevé et tend à s’accélérer. Nous sommes sur un fil.» D’où la volonté du gouvernement de prolonger ce cadre juridique qui permet d’étendre les mesures de restrictions comme le couvre-feu ou le confinement. 

«Un chantage indigne» 

« Je comprends la lassitude et le souhait de sortir de la crise, mais nous ne pouvons nous priver d’aucun outil pour combattre le virus », a insisté Olivier Véran. Un outil jugé donc «indispensable », comme il l’a rappelé. Ce qui n’a pas empêché gauche et droite de multiplier les critiques. La députée socialiste de la Sarthe Marietta Karamanli dénonçant un nouveau court-circuit du Parlement: « Nous n’avons aucunement pu discuter des propositions visant à améliorer les conditions de l’état d’urgence. » En particulier pour que puisse s’ouvrir un débat « sur les mesures à prendre » pour affronter cette pandémie. Une approche partagée par Ian Boucard, le député LR. « Ce n’est pas seulement un texte technique, c’est la capacité par notre Parlement de se priver du pouvoir législatif que nous ont confié les citoyens. Être contre la prorogation ne veut pas dire qu’on veut vous empêcher de prendre les mesures nécessaires, comme on l’entend. Ce chantage à la responsabilité est indigne. L’ensemble des 577 parlementaires se sont montrés responsables. » Et ce débat dure depuis bientôt un... an.

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