Sud-Ouest du 19 janvier 2021

2021 01 19 SO Nouvelle-Aquitaine la piqure qui rassure

Sud-Ouest du 19 janvier 2021 

«C’est fait !», la vaccination élargie est lancée 

COVID La stratégie se poursuit, avec le lancement hier de la vaccination des plus de 75 ans. Quid du nerf de la guerre, soit de l’approvisionnement en vaccins ? Exemple à Arcachon, où un centre a ouvert grâce à la collaboration de la ville et de l’hôpital

2021 01 19 c'est faitLe docteur Vincent Hubert fait partie de l’équipe de médecins de la salle du Tir au vol. PHOTO STÉPHANE LARTIGUE / « SUD OUEST »

Mamie Crêpe a piqué un far. Elle vient de se faire vacciner contre le Covid, première des plus de 75 ans, ici, à Arcachon, dans la salle du Tir au vol. Elle a rougi du haut de ses 84 ans parce que tout ce monde autour, le maire, la députée, la préfète, la sous-préfète, les docteurs… Elle ne s’y attendait pas. «Franchement, je n’étais pas chaude au début, j’entendais des gens qui critiquaient ce vaccin. Les filles de la mairie m’ont convaincue et elles m’ont inscrite. Maintenant, c’est fait, et au moins, je pourrai bientôt faire des bisous à mes petits….» En plus de cuisiner des crêpes pour la moitié de la ville. 

Ce lundi, le centre de vaccination d’Arcachon et Sud Bassin a ouvert donc, pour la deuxième salve de la campagne qui s’adresse aux plus de 75 ans (1), avenue du Parc, avec le Bassin étincelant pile devant un rideau de pins sur ce parfait ciel bleu. Arcachon, ses huîtres et ses habitants de plus de 75 ans : 26 % selon l’Insee, sachant que 28% ont entre 60 et 74 ans. Ça fait beaucoup de vaccins anti-covid. Ils sont chics, Madame porte du doré, les sourcils faits, un parfum capiteux. Elle s’appelle Antoinette et annonce ses 93 ans fièrement en tendant son épaule nue à la piqûre. « Salut toubib!» fait son mari à côté. «J’ai confiance en mon docteur», assure Antoinette. Tandis qu’Émile, s’il se fait vacciner aussi, annonce la couleur: «Je ne vais rien changer à ma discipline. Le masque, le produit désinfectant, la distance. Et quand je fais mes courses, s’il y a du monde : j’me barre!» 

L’exemple d’Arcachon 

En plus du maire d’Arcachon, Yves Foulon, de la députée Sophie Panonacle, de la sous-préfète Houda Vernhet, le directeur général de l’Agence régionale de santé, Benoît Elleboode, et la préfète de région, Fabienne Buccio, ont choisi, précisément, ce centre de vaccination pour médiatiser l’événement. « Parce que la mise en place et l’organisation de ce site sont un exemple de collégialité. Sur les 17 centres de vaccination qui ont été montés, en Nouvelle-Aquitaine, celui-là est le plus intégré, il a été conçu grâce à une collaboration entre la municipalité, la médecine de ville et l’hôpital.» Quatre box, près de 200 professionnels de santé libéraux qui se relaient tous les jours de 9heures à 18heures (sauf le dimanche et le samedi après-midi) et une formidable chaîne de petits gestes efficaces. 

Ainsi la mairie, outre les sites Internet, a ouvert son propre numéro de téléphone dédié, pour aider ceux qui n’ont pas accès au numérique. Le docteur Philippe Veaux préside l’association des médecins généralistes d’Arcachon, à l’origine de ce centre vaccinal. C’est lui qu’Émile appelle «toubib», il porte une blouse blanche et a une idée précise de sa mission «On fera jusqu’à 200 vaccins par jour, à condition qu’on soit approvisionnés. Mais au-delà des chiffres, notre obsession, c’est la qualité du soin. Chaque patient ici est rassuré, accompagné, observé, écouté.» En effet, Émile et Antoinette, comme les autres, dans leur box, avant leur piqûre, ont répondu à un questionnaire médical basique, puis «toubib » a pris la tension, la température, écouté la respiration, le rythme cardiaque. Une fois piqués, il leur faudra encore patienter un quart d’heure en regardant le bleu du ciel entre les pins, la main dans la main, se sachant désormais, presque «à l’abri du Covid». Tous les vaccinés repartent avec un rendez vous pour le rappel, dans vingt-sept jours… 

Dans la limite des stocks… 

17 centres de vaccination en Gironde, une centaine en NouvelleAquitaine. Benoît Elleboode, s’il se félicite de cette mise en route de la stratégie vaccinale en région, rappelle qu’il va falloir gérer les stocks de vaccins. «Un vaccin compliqué, rappelle-t-il, parce qu’il doit être congelé à -70°, être utilisé dans les cinq jours, par doses de six. Toutes ces contraintes infligeant un excès de bureaucratie. Sans oublier le principe d’équité : le nombre de vaccins distribués correspond à la population visée et non à la situation épidémique du département. Cependant, nous saurons intervenir si besoin et réajuster les stocks.» La salle du Tir au vol est approvisionnée deux fois par semaine. Les vaccins arrivent par camion frigorifique depuis le congélateur de l’hôpital Haut-Lévêque de Pessac (CHU), déposés à l’hôpital d’Arcachon et routés vers des frigos homologués à la salle du Tir au vol. La chaîne du froid est surveillée comme le lait sur le feu « et on a même installé un groupe électrogène ici, dans la salle en cas de panne électrique », ajoute le docteur Veaux. Mais déjà, les candidats au vaccin d’Arcachon, comme ceux des autres départements de la région, sont invités à patienter. Pour prévenir le ralentissement des livraisons de vaccins, sans interrompre l’élan vaccinal. 

(1) Sont vaccinés les plus de 75 ans vivant à domicile ou en résidence senior et les gens souffrant d’une maladie chronique.

2021 01 19 C'est fait 2

2021 01 19 c'est fait 3

 

2021 01 19 SO Je crois avoir fait le bon choix

 

2021 01 19 SO Pourquoi la campagne de vaccination va mettre du temps à décoller

2021 01 19 SO Catex défend son bilan honorable

2021 01 19 SO Catex défend son bilan honorable2

2021 01 19 SO Centre de vaccination 2 400 rendez-vous pris

2021 01 19 SO Centre de vaccination 2 400 rendez-vous pris2

 

2021 01 19 SO Il faut consulter son médecin avant de se faire vacciner