Sud-Ouest du 13 janvier 2021

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2021 01 13 SO L'Europe face à l'exigence de transparence

2021 01 13 l'europeLes premières doses du vaccin Moderna livrées hier aux PaysBas, dernier pays européen à avoir commencé sa campagne de vaccination, le 6 janvier. Le rythme exact de livraison des vaccins fait partie des incertitudes non dissipées. PH. ROB ENGELAAR/AFP 

Si la confiance vaccinale doit procéder de la transparence de la Commission européenne, il reste de la route à faire. C’est, en substance, le message délivré hier par Pascal Canfin, le président de la commission «environnement et santé publique » au Parlement européen. L’eurodéputé, élu sur la liste macroniste Renaissance, a pu prendre connaissance de certaines (maigres) parties du contrat qui lie le laboratoire allemand CureVac à l’Europe – à la Commission européenne en l’occurrence. 

CureVac, allié à Bayer, fait partie du portefeuille des six firmes avec lesquelles la Commission de Bruxelles a contractualisé il y a quelques mois, avant qu’on ne sache quels vaccins contre le Covid-19 seraient les premiers validés. Dans le mécanisme centralisé mis au point par l’Europe, les doses sont réparties au prorata de la population des États membres. Outre CureVac, on retrouve dans le panel européen Pfizer-BioNTech (États-Unis/Allemagne) et Moderna (États-Unis), les deux vaccins déjà en cours de déploiement, ainsi que AstraZeneca (Suède/Grande-Bretagne), Johnson & Johnson (États-Unis) et SanofiGSK (France/Grande-Bretagne). 

Les contrats, frappés de confidentialité, ne font l’objet d’aucun contrôle parlementaire. « Nous ne réclamons pas la publication de l’ensemble des contrats, dont certaines clauses sont couvertes par le secret des affaires. Mais au moins des informations clés: le prix des doses, les quantités, le régime de responsabilité juridique en cas de problème, le lieu de production et la propriété intellectuelle des vaccins. Les contribuables ont mis beaucoup d’argent sur la table pour financer la recherche », argumente Pascal Canfin. 

Hors l’Union, point de salut 

Jusqu’ici, la commission «environnement» du Parlement ne savait rien ou si peu. Les prix étaient connus parce qu’ils avaient naïvement fuité à la mi-décembre sur le compte Twitter d’un membre du gouvernement… belge, comme un hommage aux meilleurs poncifs. Avant de disparaître, ledit tweet plaçait le vaccin AstraZeneca au rang du plus modique à l’unité avec un tarif de 1,78 €, contre 12 € la dose de PfizerBioNTech et 18 dollars celle de Moderna. 

Hier matin, les eurodéputés ont décroché des informations plus officielles en auditionnant Sandra Gallina, la négociatrice en chef de l’UE sur les contrats Covid-19. Rapport à la polémique qui ne cesse de refaire des braises, ils ont eu confirmation d’un point essentiel : aucune nouvelle commande en provenance d’un pays membre ne sera honorée par les laboratoires pharmaceutiques avant que l’intégralité des doses dues à l’Europe aient été livrées. 

« Si Xavier Bertrand dans les Hauts-de-France ou Renaud Muselier en Provence-Alpes-Côte d’Azur prenait l’initiative de commander des vaccins à l’un des labos sous contrat avec l’Europe, il serait livré après. Or la commande centralisée européenne couvre tous les besoins. Le bénéfice sanitaire serait donc de zéro », a résumé Pascal Canfin. Selon lui, cette règle vaut également pour les États membres. 

«Les meilleurs prix» 

La centralisation des commandes s’est traduite par des contrats qui portent sur 2,3 milliards de doses « au meilleur prix » selon l’ancien ministre. «Imaginez un instant que les 27 États européens aient négocié chacun avec les firmes pharmaceutiques. On aurait été dans des tensions permanentes avec des prix beaucoup plus chers », raisonne-t-il. 

Parmi les ombres non dissipées demeure le rythme exact de livraison des vaccins validés. Les laboratoires se sont engagés sur des quantités à fournir par trimestre. Mais le détail n’en est pas divulgué. Conséquence, il est à ce jour impossible de savoir s’il y aura pénurie de doses au beau milieu de la campagne vaccinale d’un État membre. A priori, le gros des livraisons devrait prendre place au second trimestre 2021. Si tel est bien le cas, la stratégie d’une montée en puissance graduelle serait la bonne.

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