Sud-Ouest du 21 novembre 2020

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2020 11 21 SO Pourquoi le masque n'est pas obligatoire dans toute la ville

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Sud-Ouest du 21 novembre 2020

Vaccination : une stratégie de la transparence 

COVID-19 La Haute Autorité de santé travaille d’arrache-pied à une stratégie de vaccination adaptée pour juguler l’épidémie, qui se revendique consultative, participative et flexible

2020 11 21 vaccinationL’acheminement des doses sera progressif : les plus âgés et les plus vulnérables seront vaccinés en priorité, puis le personnel médical. PHOTO AFP

Des vaccins, il y aura. Combien? Pas assez pour piquer tout le monde. Quand? Bientôt. Pour qui? Les plus vulnérables d’abord, soit les personnes âgées et celles présentant des comorbidités, puis les professionnels de santé et du médico-social. Dans l’ordre. Hier après-midi, la commission technique des vaccinations de la Haute Autorité de Santé a donné une conférence de presse sur la probable stratégie de vaccination Covid en France. Stratégie qui commence par cet exercice de communication aux médias. 

Les professeurs Élisabeth Bouvet et Daniel Floret, présidente et coprésident de la commission technique des vaccinations (CTV), n’ont pas fait, hier, d’annonces concrètes, mais ils ont posé les jalons de ce qui sera la politique de vaccination Covid en France. À quelques détails près. Pas d’informations sur les vaccins en question, ni sur la date approximative à laquelle ils seront livrés chez nous, mais beaucoup de pédagogie et une philosophie globale de la marche à suivre, qui se résume en un mot : transparence. Avec beaucoup d’inconnues autour. Déjà, il faut savoir que la CTV n’a qu’un rôle consultatif, la décision finale sera politique. Un groupe de travail pluridisciplinaire fait une veille en permanence sur l’évolution de l’épidémie, afin d’observer qui fait des formes graves et pourquoi, sur l’immunité post-covid, sur l’avancée des vaccins dans le monde. Une mise à jour qui permet au groupe d’experts de gagner en visibilité sur le virus. 

Santé Publique France et l’Agence nationale de sécurité du médicament sont les partenaires de cette commission qui dispose des résultats d’études scientifiques avant toute publication, pour gagner du temps. 

Un consensus raisonnable 

«On sait qu’on n’aura pas un mais plusieurs vaccins et nous devons être prêts, note le professeur Daniel Floret. Pour agir, nous devons connaître le contexte épidémique au moment possible de la vaccination, car il sera déterminant. Le virus sera-t-il circulant plus dans certaines régions que d’autres ? Aura-t-on plutôt des clusters ? La pandémie sera-t-elle très ralentie ? En fonction des doses disponibles, l’acheminement des vaccins sera progressif, donc nous devons prioriser la vaccination. Les plus à risques d’abord, personnes âgées, etc., et les professionnels de santé ensuite. C’est le consensus le plus raisonnable.» 

Quid de l’acceptabilité? 

La France, pays de la défiance vaccinale, va avoir fort à faire, avec la campagne de vaccination Covid. Et les membres de la CTV s’attachent à bien comprendre les ressorts de cette défiance, pour mieux la contourner. Une consultation publique est organisée en ligne : elle connaît un beau succès participatif et sera bouclée à la fin du mois. 

Le professeur Floret évoque l’acceptabilité vaccinale, un concept: «On a appris de l’échec de la dernière épidémie H1N1, admet-il. Surtout, éviter les mêmes erreurs. Pour que cette vaccination génère la fin de l’épidémie, il faut une couverture vaccinale la plus large possible. Bien entendu, nous allons préconiser une vaccination pragmatique et flexible : les médecins généralistes, les pharmaciens, les infirmiers seront impliqués pour simplifier le parcours vaccinal, y compris sur le lieu de travaiL » 

Mais pour susciter l’adhésion des sceptiques, la CTV prône la transparence. «Assumer. Il faudra oser dire ce que l’on ne sait pas sur le vaccin, même si c’est perturbant. Seul moyen de gagner la confiance. Nous ne savons pas grand-chose sur les effets indésirables, car pas assez de recul, ces vaccins seront récents. Pour l’instant, nous ne savons pas non plus, si les vaccins auront une action sur la transmission, ce qui pourrait d’ailleurs faire évoluer notre stratégie.» 

La Commission technique de vaccination de la HAS revendique le fait qu’il faudra renforcer la pharmacovigilance. «Car, signale le professeur Bouvet, lorsque les vaccins vont arriver chez nous, on ne saura pas tout et il faudra continuer à observer.» En toute transparence.

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