Sud-Ouest du 18 novembre 2020 

La gynéco-obstétrique au top 

HÔPITAL DU SUD-GIRONDE Le service de gynécologie-obstétrique est à la pointe de l’offre de soins grâce à un recrutement de nouveaux spécialistes et un partenariat avec le CHU de Bordeaux

2020 11 18 gynéco2Le docteur Hélène Tissot (au centre) et une partie de son équipe de praticiens spécialistes et d’étudiants. PHOTO J.J.

Opération particulière pour le service de gynécologie-obstétrique du centre hospitalier du Sud-Gironde. L’équipe presque au complet dirigée par le docteur Hélène Tissot a posé les bistouris vendredi pendant une heure. Juste le temps pour les praticiens de mettre en avant la qualité de cette filière qui offre un niveau de soin que l’on n’imagine pas forcément dans un hôpital de proximité. 

«On parle toujours de la maternité, on oublie souvent la gynécologie-obstétrique. Or il est capital que la population soit informée des richesses sanitaires dont elle peut profiter sur le territoire. Tout le monde ne fait pas comme ici de la cancérologie en gynécologie », souligne, par exemple, le docteur Tissot. Revue de service avant de repartir au bloc. 

1 Une équipe de gynécologues et d’obstétriciennes complète 

Comme ailleurs, le Sud-Gironde manque de spécialistes en médecine de ville. C’est encore plus vrai pour la gynécologie et l’obstétrique. Aujourd’hui, c’est simple, le vaste territoire ne compte plus qu’une seule médecin gynécologue libérale. Elle est installée à Cadillac. 

« L’établissement hospitalier a su anticiper cette pénurie. On a cherché à recruter une équipe complète », souligne Hélène Tissot, cheffe du service, qui compte sept autres spécialistes. Ainsi, deux nouvelles praticiennes ont été embauchées ce mois-ci. Le docteur Marie Stahl, formée au CHU de Bordeaux avec une expertise en chirurgie et cancérologie, et la gynécologue-obstétricienne Marion Isoul-Hooper, «qui a quitté un grand service parisien pour un hôpital de proximité ». 

Le service accueille aussi deux jeunes médecins en poste partagé avec le CHU de Bordeaux. L’une est orientée vers la gynécologie médicale et l’infertilité, la seconde, arrivée le 2 novembre, est tournée vers la chirurgie et la cancérologie. 

Autres renforts, la présence chaque semestre de trois ou quatre internes de spécialité, et – plus rare pour un hôpital périphérique – des étudiants externes. Enfin, nouveauté, le service a obtenu l’agrément de l’Agence régionale de santé (ARS) pour accueillir des «docteurs junior» dès le début d’année prochaine. 

2 Des consultations avancées sur le territoire 

Pour pallier l’absence de gynécologues en ville, l’hôpital a développé « un plateau de consultations important» sur le site de Langon, Les gynécologues-obstétriciennes et les sages-femmes y assurent le suivi de routine et les urgences, mais aussi les échographies. « Mais, pour répondre à une certaine précarité, pour des patientes qui ne peuvent pas faire l’effort d’être suivies ici, on a décidé de développer des consultations avancées.» 

Ces consultations délocalisées (avec échographies) ont lieu sur le site hospitalier de La Réole (au centre périnatal), à Bazas et à Podensac. Un nouveau point de consultations va ouvrir en fin d’année à l’hôpital de Cadillac, « qui a de gros besoins ». Au total, l’équipe du centre hospitalier du Sud-Gironde a enregistré 24 000 consultations l’an dernier, soit une augmentation régulière de 10 % par an environ. 

3 Cancérologie: «Une prise en charge optimale» 

Environ 80% des interventions de chirurgie gynécologique sont prises en charge en ambulatoire. «C’est apprécié des patientes.» La cancérologie est traitée depuis longtemps à Langon. « Mais on a l’impression que la population du territoire n’est pas au fait que l’on peut bénéficier ici d’une prise en charge complète et de qualité, dans les règles de l’art. Cela concerne les cancers du sein et les cancers gynécologiques.» 

Ces prises en charge sont en tout point conformes aux référentiels de l’Institut national du cancer. « Nous travaillons en réseau, avec le CHU. Cela garantit aux patients une prise en charge optimale, validée par des réunions pluridisciplinaires. » Ces réunions ont lieu chaque semaine en visioconférence, en présence des chirurgiens seniors du CHU, des radiothérapeutes, des oncologues, etc. 

« Pour certaines pathologies plus complexes, par exemple une intervention lors d’un cancer du pelvis qui va nécessiter un curage par laparoscopie, les seniors du CHU viennent opérer sur le site de Langon.» 

« L’intérêt pour le confort de la patiente, notamment en cancérologie, c’est de la prendre en charge au plus près de son environnement et de ne pas l’envoyer à 50 km de chez elle. Le pari et le dynamisme de l’équipe de Langon, c’est d’offrir au territoire une excellence », souligne le docteur Vanessa Conri, chirurgien-gynécologue au CHU de Bordeaux qui intervient régulièrement à Langon avec deux autres de ses confrères. Et cette prise en charge sur le territoire est aussi la garantie de délais plus rapides

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Le service accueille des étudiants externes, pratique assez rare pour un hôpital périphérique. Au centre, une intervention de chirurgie en gynécologie pour extraire une tumeur pelvienne de 15cm. À droite, la nouvelle colonne vidéo permet de voir par immunofluorescence le ganglion sentinelle et de limiter ainsi le geste opératoire, notamment lors d’un cancer du sein. PH. J. J ET CH SUD GIRONDE .