Sud-Ouest du 7 novembre 2020

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2020 11 07 SO Covid-19 le taux de positivité progresse

Sud-Ouest du 7 novembre 2020 

Retour des cours à distance au lycée 

ÉDUCATION Face aux risques de contagion, le ministère ouvre la possibilité pour les établissements de limiter la présence des lycéens en proposant jusqu’à la moitié des cours en distanciel

2020 11 07 retourProfesseurs et élèves ont accueilli favorablement la décision du ministère de réduire l’affluence dans les lycées. ARCHIVES T. DAVID 

Midi hier. La sonnerie vient de retentir. Les élèves du lycée Montesquieu, à Bordeaux, se massent dans la passerelle qui enjambe une rue longeant l’établissement pour rejoindre le réfectoire. «Vous avez vu ça ? Bonjour la distance sociale!» s’estomaque Claire, en terminale. «On nous a dit ce matin qu’on allait sans doute avoir cours un jour sur deux, par demi-groupes, jusqu’à Noël, pour qu’il y ait moins de monde. Il était temps !» Miracle et Amel, en seconde, saluent les inflexions annoncées jeudi soir, la possibilité offerte par le ministre aux lycées de privilégier l’accueil en demi-groupes, ou par niveau, pour baisser la densité humaine dans les établissements. « C’est quand même mieux, face aux risques de contamination, que d’être tous ensemble en classe! La question, c’est: combien de temps ça va durer? Il y a eu tellement de changements ces derniers mois...» 

Nicolas, Hugo et Sargis, en seconde, sont ravis. «On est 33 dans la classe ! Dans la vie quotidienne, au lycée, il y a une grande promiscuité.» Une inquiétude majeure, tout de même : «On espère ne pas être submergé de devoirs les jours où on pourra travailler à la maison!» 

En fait, pour l’instant, ils ont assez peu d’infos sur la refonte des emplois du temps qui se prépare. «On nous a juste dit qu’une partie des cours aurait lieu à distance, et qu’on en saura plus la semaine prochaine.»

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Jean-Michel Blanquer a annoncé, jeudi soir, que pour limiter les risques de contagion, les lycées doivent s’organiser pour autoriser davantage de cours à distance. Les syndicats le demandaient depuis des mois. Des photos circulaient sur les réseaux sociaux, ces dernières semaines, montrant des couloirs bondés dans de nombreux lycées, à rebours des consignes de prudence sanitaire. 

Le ministère a posé une condition: le maintien d’au moins 50% d’enseignement en présentiel pour chaque élève. « Tous les lycéens doivent travailler pendant la totalité du temps scolaire ordinaire, que ce soit en cours, en classes virtuelles ou en autonomie.» 

Bref, les lycées sont invités à proposer un enseignement qui combine cours en présentiel et travail à domicile. Quant aux modalités, chaque établissement peut s’organiser comme il le souhaite, en privilégiant «l’accueil en demi-groupes », « l’accueil par niveau », «le travail à distance un ou deux jours par semaine ». 

Un cadrage national attendu 

Quand les lycéens sauront-ils à quoi ressembleront leurs nouveaux emplois du temps ? Comment leur présence dans l’établissement sera-t-elle ventilée ? Une demi-journée par jour ? Deux jours par semaine ? Ou bien, pour diminuer l’affluence, y aura-t-il des semaines par niveaux ? Une semaine, par exemple, pendant laquelle tous les élèves de seconde resteraient chez eux ? « Plusieurs formules existent. Nous sommes dans l’attente d’un cadrage national qui devrait nous être communiqué très vite. Il faudra sans doute compter une semaine voire une dizaine de jours pour la mise en place de cette nouvelle organisation. C’est un travail énorme pour nous, chefs d’établissement», note Xavier Yvart, proviseur à Bordeaux et secrétaire académique du Snpden, le syndicat des chefs d’établissement, lesquels sont à nouveau en première ligne dans la gestion de ces changements. 

« Compliqué de se dédoubler » 

Les syndicats d’enseignants ont accueilli favorablement l’inflexion du ministère. « Cela faisait des semaines qu’on disait que cette organisation par demi-groupes était la méthode la plus efficace pour éviter les contagions. Cela aurait pu se préparer cet été, pour la rentrée de septembre, au lieu de quoi il va encore falloir s’adapter dans l’urgence », estime Jean-Pascal Méral, secrétaire académique du Snes (enseignants). 

Comment voit-il, au plan pédagogique, ce panachage d’enseignement à distance et en présence ? «Il faut tenir compte des leçons du printemps : on a vu que beaucoup d’enseignants avaient manqué de matériel pour assurer des cours à distance. Et les salles de classe ne sont pas équipées en vidéo. Il ne faut donc pas envisager qu’un prof ‘‘filmé’’ fasse simultanément cours pour les élèves présents et pour les élèves chez eux, c’est très compliqué de se dédoubler de la sorte. Il faut plutôt imaginer de donner à ceux qui sont chez eux des devoirs, des contenus, des exercices sur lesquels on revient ensuite avec eux en cours.»

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