Sud-Ouest du 16 octobre 2020

Pourquoi le couvre-feu est évité 

COVID-19 Bonne élève dans la gestion de la crise sanitaire, Bordeaux ne fait donc pas partie des huit métropoles françaises touchées par un couvre-feu. Mais il ne faut pas baisser la garde 

2020 10 16 couvre-feu bordeauxLe directeur général de l’ARS Benoît Elleboode et la préfète Fabienne Buccio estime que la Gironde n’en a pas fini avec la lutte contre la propagation de l’épidémie. PHOTO GUILLAUME BONNAUD 

Fabienne Buccio n’est pas du genre à se réjouir trop vite. «On ne pourra pas être satisfait tant que l’on a des gens malades et qui meurent du Covid-19 dans le département chaque semaine. Les gens attendent de nous que nous soyons efficaces. Et on essaie de l’être ». Pour autant, les chiffres en attestent. En Gironde, la propagation de l’épidémie de Covid-19 a été ralentie. «Pas stoppée. Mais stabilisée», prévient tout de suite la préfète de la Gironde, soucieuse de ne pas donner trop de faux espoirs. 

Statistique essentielle dans l’estimation de la propagation du virus, le taux d’incidence a progressivement décru dans le département. Il était proche de 140 cas pour 100 000 habitants au 20 septembre sur l’ensemble de la Gironde, très au-delà du seuil d’alerte (50). Au 10 octobre, ce taux a chuté jusqu’à un peu moins de 100 cas pour 100 000 habitants. Il y a donc du mieux, même si la situation est bien différente si l’on se trouve dans la métropole (150) ou dans Bordeaux-centre (190), en vertu d’un effet de concentration urbaine. 

Difficilement compréhensible 

En conséquence, contrairement à Lille, Grenoble, Lyon, Aix, Marseille, Montpellier, Rouen, Toulouse ou Saint-Étienne, Bordeaux n’a pas été concernée par une mesure de couvre-feu mercredi soir. «La situation épidémiologique de la Gironde ne le justifie pas en ce moment. Grâce au comportement exemplaire des habitants, au respect des gestes barrières, nous avons réussi à retarder la propagation de l’épidémie.» De fait, moins d’une semaine après l’annonce de l’assouplissement de mesures très contraignantes pour les Girondins, le placement sous couvre-feu de la métropole aurait été difficilement compréhensible. 

Fabienne Buccio acquiesce: «On cherche à être le plus juste et le plus lisible possible. On a pris des mesures fortes dès le début. Puis, on a diminué cette pression: il fallait que l’effort de tous soit récompensé. Je le répète, si on a réussi à stabiliser l’épidémie, c’est grâce au comportement des habitants ». 

La carotte et le bâton… La préfète explique le travail effectué avec les représentants syndicaux de la restauration et de l’hôtellerie, une corporation qui paie un lourd tribut à la gestion de la crise, avec la fermeture des bars au-delà de 22 heures (au moins jusqu’au 25 octobre prochain). «Il y avait un accord pour sanctionner, ceux, minoritaires, qui ne respectaient pas les règles. On a fermé 16 bars, sanctionné 22 établissements par un avertissement». 

Une concorde que même l’approche des vacances scolaires ne doit pas perturber. « L’arrivée des touristes, ce n’est pas un facteur d’inquiétude. On est capable de recevoir la population venant d’autres départements. S’ils sont aussi disciplinés que la population girondine, il n’y a pas de raison de s’alarmer». 

L’inquiétude se niche, comme le diable, dans le détail des chiffres. Stabiliser ne veut pas dire baisser, rappelle le directeur général de l’Agence régionale de santé, Benoît Elleboode. «Notre souci, c’est que le taux d’incidence chez les plus de 65 ans augmente fortement. Cela peut avoir des conséquences sur les ressources hospitalières d’ici quinze jours, même si aujourd’hui, on a la capacité de faire face. On a retardé le pic de l’épidémie et la saturation des services. Simplement retardé ». Peut-on donc imaginer un couvre-feu dans la métropole girondine si la situation venait à se dégrader à nouveau dans les prochains jours ? «Nous nous adapterons en fonction de ce que nous constatons quotidiennement, en concertation avec les élus locaux», estime Fabienne Buccio. L’efficacité avant tout… 

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