Sud-Ouest du 15 octobre 2020 

Les Girondins bien soignés 

SANTÉ La Gironde est le département le mieux loti de la région en matière de densité médicale. D’après l’observatoire de la santé 2020, elle concentre aussi le plus grand nombre de spécialistes

2020 10 15 offre de soins en Gironde

Bonne nouvelle, tous les voyants sont au vert, en Gironde, en matière de densité médicale, d’après une étude sur l’accès aux soins publiée ce lundi par la Fédération nationale de la Mutualité française. De quoi retrouver un peu le sourire malgré les craintes que le coronavirus inspire chez certains. 

La Gironde présente le plus faible taux de population âgée de plus de 60 ans en Nouvelle-Aquitaine, 25 % contre une moyenne nationale située à 27%. Une population qui est particulièrement demandeuse de soins. 

En parallèle, elle dispose de la plus forte densité de médecins spécialistes en Nouvelle-Aquitaine, 247 pour 100 000 habitants. Autre chiffre : seul 2 % de la population girondine a des difficultés à trouver un médecin généraliste. Les personnes concernées vivent en zones dites « sous-denses en médecins généralistes ». 

Moins de 2,5 consultations 

Ces zones « sous-denses » sont définies d’après un indicateur composite établi par le ministère de la Santé: l’Accessibilité potentielle localisée (APL). Il combine le nombre de médecins pour 100 000 habitants avec le besoin nécessaire en médecins pour une population donnée suivant son âge. 

Concrètement, cela veut dire que ces 2% de la population girondine ont accès à moins de 2,5 consultations par an. À titre de comparaison, en moyenne, les Français se rendent à 3,9 consultations par an. La densité de médecins généralistes girondins est particulièrement importante : le département en compte 182 pour 100 000 habitants, contre 152 de moyenne nationale. Seuls 41 % d’entre eux sont âgés de 55 ans et plus. 

« La situation d’accès aux soins est super en Gironde, avec un grand nombre de médecins pour la plupart jeunes en plus », souligne Séverine Salgado, directrice de la Fédération nationale de la Mutualité française. Cette organisation rassemble 500 mutuelles, 2 800 établissements de santé, ainsi que des unions régionales. 

«Une vision globale» 

« Je considère donc que nous avons une vision globale intéressante et légitime », appuie Séverine Salgado. En ce sens, depuis quatre ans, l’observatoire Place de la santé de la Mutualité publie une étude axée sur une thématique différente chaque année. 

«Nous essayons d’établir des sujets d’étude en rapport avec l’actualité de la santé, développe Séverine Salgado. En 2017, on avait abordé les dépenses en optique ; en 2018, les personnes en perte d’autonomie et, en 2019, les restes à charge à l’hôpital. » Cette nouvelle étude sur l’accès aux soins s’inscrit dans la continuité de la loi Ségur de la santé, à laquelle la Mutualité française a souhaité apporter sa contribution. «On a toujours cette vision pessimiste de l’évolution de notre système de santé : les déserts médicaux qui s’élargissent et une demande de soins qui explose avec le vieillissement de la population, poursuit Séverine Salgado. Cette année, nous voulons montrer ce qui a fonctionné.» 

La téléconsultation en hausse 

La directrice de la Fédération nationale de la Mutualité française salue particulièrement la bonne collaboration des médecins avec les pharmaciens en ce qui concerne la vaccination. Ainsi, en 2019, 29 % des vaccins contre la grippe ont été effectués par des pharmaciens. Par ailleurs, la couverture vaccinale a augmenté partout en France. 

«Depuis des années, nous avons deux grands combats : développer les dossiers médicaux partagés et défendre la collaboration des professionnels de santé», explique Séverine Salgado. Les choses évoluent petit à petit en ce sens. En France, en 2017, pas moins de 1 000 cabinets de groupe de médecins ont ouvert. 

Autre nouveauté significative dans le milieu de la santé cette année : la téléconsultation. Les chiffres ont été multipliés par plus de trois pendant le confinement par rapport à l’année dernière . Une tendance qui pourrait s’inscrire dans la durée.