Sud-Ouest du 27 juillet 2020

2020 07 27 SO Dans les coulisses d'un poste CRS MNS

Alerte à Hourtin plage : les CRS veillent 

LITTORAL Tous les ans, les CRS-MNS, même s’ils sont de moins en moins nombreux, tiennent les postes de secours le long de la plage aquitaine. Les préparatifs sont nombreux

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Installation du mirador, panneautage, délimitation des zones réglementées ou de baignades, hissement du drapeau vert, orange ou rouge, surveillance (ici Frank) depuis le poste de secours où la vigie font partie des gestes quotidiens. PHOTOS CLAUDE PETIT

Dans une heure, tout doit être prêt. Tous les jours jusqu’au 30 août, les postes de secours tenus par les CRS-MNS sur le littoral aquitain sont ouverts de 11 à 19 heures. À Hourtin ce jeudi matin, la plage est éveillée depuis longtemps. Certains rentrent déjà de leur baignade matinale, d’autres commencent à s’éparpiller sur le sable et à se mettre à l’eau, tandis que les leçons de surf ont débuté à l’écart mais à portée de regard. Covid-19 oblige, l’accès à la plage est balisé. 

Ce jour-là, short bleu et t-shirt blanc siglé, les trois CRS-MNS affectés à Hourtin pour la saison sont là. Jérôme, brigadier-chef, le chef de poste et ses équipiers, Anaïs la première femme CRS-MNS et Frank, dit Frankie, bientôt sur le départ à la retraite. Mais il y a aussi quatre sauveteurs civils parmi les 14 qui se relaient ici. Pierre, dit Pedro, Paul, Dorian et Esteban qui, ce matin, fait dans l’hygiène et l’asepsie pour ne pas dire qu’il passe le balai… Le café est vite avalé, il y a du pain sur la planche ! Jérôme a ouvert les volets. Le bâtiment, fonctionnel, date de 2012. Un couloir dessert un bureau ouvert sur la plage, des vestiaires, les sanitaires, les infirmeries et une salle de repos. La présence de fenêtres partout permet une aération permanente. Car par temps de covid, il a fallu revoir l’organisation. Pas de prise en charge sans désinfection des mains et port du masque préalable des visiteurs. 

« Nous avons sanctuarisé le poste de secours, en aménageant une zone extérieure, balisée de ruban rouge et blanc, pour la bobologie », détaille Jérôme. Concrètement, les piqûres de vives, la désinfection des plaies ou petites écorchures sont traitées dehors. Les malaises, noyades et traumatologies sont conduits à l’intérieur. 

À toute heure, les sauveteurs sont très sollicités pour tout et rien… Où s’adresser pour retrouver des clés de voiture négligemment laissées dans un short de bain ? Comment et quand fonctionnent les douches ? Quelle est la température de l’eau? 

Le matériel pour le secours aquatique, fourni par la Communauté de communes, est en place dans le véhicule 4x4. Rescue board, bouées tube, filin en cas de courant, brancard bien arrimé, sac d’intervention vérifié tous les jours. Avec désormais des masques et du gel dans la boîte à gants. La mise en place peut commencer. 

Drapeau vert 

Il faut panneauter au nord et au sud, planter les drapeaux de limite de zone réglementée (rouge) et de zone de baignade (bleu), faire rouler et installer le mirador remonté assez haut la veille pour qu’il ne parte pas avec la marée, l’équiper avec ses sièges jumeaux où les sauveteurs seront relevés toutes les heures, garer le jet-ski en limite de zone, ouvrir les fenêtres de la vigie avec son point de vue sur l’ensemble de la zone et allumer la radio… 

« Quel drapeau on met », demande Dorian. «On va partir sur du vert», répond Jérôme dont c’est la prérogative. Il décide en fonction de l’état de l’océan : calme, peu de houle, pas de courant ce jour-là. Selon les conditions météo et la fréquentation, une deuxième zone de baignade est régulièrement ouverte l’après-midi. Chacun est à son poste. « Il est 11heures, début de la surveillance», annonce Anaïs à la radio.

Sud-Ouest du 27 juillet 2020 

Un matin en direct du poste de secours 

INTERVENTION De l’appel au secours au transfert à l’hôpital, récit du sauvetage d’une adolescente

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La sonnerie du téléphone retentit dans le poste de secours. «C’est Stéphane, de l’école de surf, suspicion de rachis à la limite nord », transmet Anaïs à ses collègues. Traduction: une adolescente s’est blessée avec sa planche, son rachis cervical est peut-être touché. Le cas d’école de l’accident de surf. La chaîne des secours se met en branle. 

Anaïs bondit dans le véhicule non sans avoir embarqué le MID, matelas immobilisant à décompression. Avec deux sauveteurs civils, elle descend la dune vers l’adolescente allongée sur le sable. En liaison radio avec la vigie qui appelle le Samu. «Il y a tout un protocole », décrit Jérôme. « Là, il y a des douleurs cervicales, il faut mobiliser la victime le moins possible. » L’adolescente est prise en charge. Les sauveteurs lui parlent, évaluent sa douleur, la rassurent pour rendre leur intervention moins impressionnante aux yeux de l’adolescente qui se retrouve vite engoncée, mains sur les coudes. 

Les pompiers appelés 

Contacté par Frank, le Samu donne l’instruction de placer la jeune fille dans le MID et de la ramener au poste de secours. Les pompiers sont prévenus dans le même temps pour venir chercher l’adolescente et la conduire à l’hôpital. Selon le bilan initial, le Samu peut très bien décider d’un transport en urgence par les airs. Une drop zone est aménagée juste au-dessus du poste de secours pour les hélicoptères. 

« Elle est conditionnée dans le MID mais bien consciente », annonce Anaïs à la radio. Le matelas est hissé avec précaution dans le véhicule qui remonte par le caillebotis pour moins de secousses. À brefs coups de klaxon et de sifflets et avec de grands gestes, les secouristes écartent les baigneurs de leur chemin. 

Le véhicule se gare à côté du poste. Ouverture directe sur l’infirmerie principale. Appelés à son chevet, les grands-parents de l’adolescente arrivent. La sirène des pompiers d’Hourtin se rapproche. L’adolescente sera transportée à Lesparre. Dorian reconditionne déjà le véhicule de secours. Il faut penser au prochain sauvetage.

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