Sud-Ouest du 23 juin 2020 

Incendie à la centrale nucléaire du Blayais : que s’est-il passé ?

2020 06 23 centrale du blayaisLa centrale nucléaire de Braud, au bord de l'estuaire de la Gironde, compte quatre réacteurs. © Crédit photo : archives Jérôme Jamet 

Un court-circuit a provoqué un départ de feu, mardi à 0h28 au niveau d’un transformateur du réacteur n°1. Les systèmes de sûreté ont permis de le maîtriser 

Le système de sûreté de la centrale de Blaye a parfaitement joué son rôle. La situation a été maîtrisée. Tel est le premier constat qui ressort après l’incendie qui a concerné le réacteur n°1 du site nucléaire d’EDF, situé à Braud, au bord de l’estuaire de la Gironde. Pour une raison encore inexpliquée, un court-circuit s’est produit, mardi à 0h28 au niveau du transformateur principal alimentant en électricité les installations de contrôle et de pilotage de ce réacteur. 

L’incident technique a provoqué un arc électrique et un départ de feu mettant hors d’usage ce transformateur de soutirage. Il s’agit d’une pièce maîtresse assurant l’approvisionnement en électricité du réacteur, et donc son fonctionnement. Elle permet notamment, « l’alimentation des équipements assurant les fonctions de sûreté requises lors d’une situation incidentelle ou accidentelle sur l’installation », comme le décrit l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire.

Aspersion automatique

L’incendie a été éteint grâce au déclenchement du système d’aspersion automatique, situé à l’extérieur de la salle des machines. Dans un même temps, afin que le réacteur ne soit pas privé d’électricité, et puisse rester sous contrôle, le transformateur auxiliaire s’est mis en route (lequel peut aussi être remplacé par des générateurs diesel de secours). C’est ce « basculement », confirme l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN), en charge de contrôler les activités d’EDF, qui a déclenché un autre dispositif de sûreté, et non des moindres : l’arrêt du réacteur. 

« Comme prévu face à cette configuration, rassure l’ASN, le système de protection a déclenché un arrêt automatique du réacteur. En termes de sûreté, cette défaillance matérielle n’a pas eu d’impact : les automatismes ont correctement fonctionné. » De son côté, la direction de la centrale indique qu’à leur arrivée les pompiers ont pu constater l’arrêt de l’incendie.

Pas de blessé 

D’un point sanitaire, l’eau du système d’aspersion n’a pas été rejetée dans l’environnement. « Elle a été confinée et collectée dans une bâche pour pouvoir être traitée », indique l’ASN. « Aucun impact sur l’environnement n’est à signaler » et concernant les travailleurs « aucun blessé n’est à déplorer ».

Il faudra évidemment établir les origines d’un tel départ de feu. Les analyses d’EDF sont en cours et il appartiendra à l’ASN, dans son rapport, d’évaluer la gravité (le « niveau ») de cet incident qui fait partie des risques inhérents aux centrales nucléaires. Le 7 juin 2013, un incendie du même type, sur un transformateur électrique, s’était produit dans sur un réacteur de la centrale de Cattenom, en Moselle. 

Le redémarrage du réacteur n°1 de Braud n’interviendra pas avant la fin de la semaine, fait savoir EDF. Son arrêt n’a pas de conséquence sur l’approvisionnement en électricité des Girondins.