Sud-Ouest du 16 juillet 2020 

2020 07 16 SO Baignades sans risque

Noyade : comment éviter les dangers de l’océan ? 

CONTIS (40) Avant même le début de l’été, le littoral aquitain a eu à déplorer six décès par noyade. Depuis, la surveillance des plages a repris. L’occasion de rappeler les dangers de l’océan

2020 07 16 noyadesÀ Contis-plage (40), les nageurs-sauveteurs CRS et civils ont deux paddles pour porter secours aux baigneurs. PHOTO I.L./« SO » 

Un enfant emporté sur le bord de la plage d’Ondres (40) en mai, un couple de promeneurs disparu au même endroit, le 25juin et, le même jour, une nageuse belge de 25ans décédée sur la plage de la Tremblade (17). Le 14juin, c’est un bodysurfeur de 50 ans qui perdait la vie à Hossegor (40) et un trentenaire parisien à Seignosse (40), le 23juin. Six noyades avant même le début de la saison estivale. Six noyades avant le début de la surveillance des plages. On serait tenté d’évoquer un effet «déconfinement », décomplexant les baigneurs assoiffés de liberté. Pour autant, ces dramatiques accidents ne relèvent pas des mêmes causes. La méconnaissance de la dangerosité de l’océan ainsi que la tentation de se tremper en dehors des zones surveillées et des horaires de surveillance demeurent prédominantes. 

CRS et civils à parité 

« Dans la zone de baignade surveillée, le risque de noyade est très réduit. Ce qui ne signifie pas qu’il est exclu. Notre objectif pour la saison, c’est zéro décès à déplorer. Si, bien entendu, nous n’avons – et ne pouvons – avoir d’obligation de résultat, nous avons une obligation de moyens. De mettre tous les moyens en œuvre pour éviter le pire», lâche le brigadier-chef Frédéric Couffignal, nageur sauveteur CRS (NS-CRS), chef de poste de la plage de Contis, dans les Landes. Ici, la zone réglementée régie par arrêté municipal est de 700mètres. 700mètres le long desquels, la zone de baignade de 130mètres va être déplacée au fil de la journée, de la marée, de la houle, de l’intensité des courants et des baïnes. 

À Contis, CRS et civils sont à parité (quatre et quatre), avec six systématiquement sur le pont, du 2 juillet au 31 août. Arrivée au poste de secours des personnels à 10 heures. Un petit tour dans l’eau, histoire de se confronter à la houle et de s’entretenir. Puis, retour au sec. Les nageurs sauveteurs se partagent le boulot: désinfection du poste, préparation du matériel de secours et de surveillance. 11 heures : la surveillance commence (jusqu’à 19 heures), on hisse la flamme qui annonce le degré de dangerosité de la baignade, on dresse le mirador sur la plage, les panneaux de limites de baignade. Au poste, un nageur sauveteur prend de la hauteur à la vigie. Deux voire trois des collègues sont sur la plage. Deux autres prêts à intervenir avec le véhicule pour faire de la prévention côté sable et prêter main-forte en cas de besoin. 

Baïnes et vagues de bord Le danger ? 

« Sur le littoral aquitain, ce sont les baïnes. Elles sont présentes en permanence, plus franches dans les Landes qu’en Gironde. Plus importantes pendant les trois dernières heures du descendant et les trois premières du montant. C’est là où les courants sont les plus forts. La plage est composée de plateaux et de baïnes, en alternance. Les gens vont se baigner sur le plateau, la marée monte et, au retour de banc, ils vont perdre pied, dans la baïne qui va les entraîner vers le sud et vers le large. Il ne faut pas lutter. On se laisse déporter jusqu’à rejoindre un plateau et pouvoir sortir de l’eau », explique Frédéric Couffignal. « Souvent, les baigneurs pris au piège s’épuisent en voulant rejoindre le bord. C’est le syndrome de la serviette de bain: ils veulent revenir là où ils ont posé leurs affaires…» 

D’où la nécessité de respecter la zone de baignade. «Elle est positionnée à l’endroit le plus sûr», martèle le brigadier-chef Couffignal, qui, en vingt ans de pratique n’observe pas d’évolution des dangers liés à des phénomènes naturels « et ce bien que l’érosion du littoral est importante. Les plages sont plus fréquentées qu’avant. Et souvent, le jour où il fait très chaud et que la marée est basse, l’attention des baigneurs se relâche. Après, au niveau de la sécurité, on est mieux équipé en hommes et en matériel». Du personnel dont «la présence est pourtant remise en question chaque année », regrette Cyril Lambert, référent national des nageurs sauveteurs CRS du syndicat Unsa police. «Nous demandons depuis longtemps un plan quinquennal visant à pérenniser la présence des CRS sur les plages. En vainAutre danger: à marée haute, les vagues de bord, «shorebreak» en anglais. Des vagues qui frappent le rivage, sans être freinées par des bancs de sable. « Elles sont à l’origine de traumatologies au niveau du rachis cervical ou du crâne, de luxation du genou… », relève le chef de poste... Sur la plage, l’attention est également de mise. « On note de plus en plus d’accidents voire de décès de personnes ensevelies dans des trous qu’elles ont creusés dans le sable sec. Sable qui finit par s’ébouler. Au point que dans leurs arrêtés, certains maires interdisent cette pratique sur leur zone réglementée…»

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