Sud-Ouest du 26 mai 2020

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Sud-Ouest du 26 mai 2020 

L’hôpital, ce patient français aux urgences 

SANTÉ Hier, Édouard Philippe a promis « une revalorisation significative » des salaires. Si, pour les blouses blanches la priorité est là, le chantier s’annonce colossal. Réponses en juillet

2020 05 26 7 semainesAccompagné du ministre de la Santé, Olivier Véran, le Premier ministre a parlé aux professsionnels réunis virtuellement. AFP 

C’était le 25 mars dernier. Nous étions au douzième jour du confinement. Alors que le système de santé se trouvait au bord de la rupture – par manque de tests, de masques, de respirateurs artificiels…- Emmanuel Macron, depuis Mulhouse, promettait «un plan massif d’investissements et de revalorisation de l’ensemble des carrières » pour l’hôpital. Des propos que les blouses blanches, applaudies aux balcons chaque soir à 20 heures, ont aussitôt mémorisés par cœur. Et ce n’est pas le reflux de l’épidémie constaté ces deux dernières semaines qui risque d’atténuer leurs attentes. Bien au contraire. Après deux mois d’une bataille sans répit et sans précédent, et alors qu’il a multiplié les alertes ces dernières années, c’est tout le secteur hospitalier qui attend désormais le chef de l’État au tournant. Et au pied de la lettre de sa promesse. 

Aussi, hier, en ouverture du « Ségur de la santé », devant près de 300 professionnels, Édouard Philippe n’a pas cherché à temporiser: «Nous voulons aller vite », a-t-il insisté. Alors que les négociations avec les syndicats et les fédérations hospitalières débuteront dès aujourd’hui, le Premier ministre a été clair: celles-ci devront aboutir «d’ici début juillet». Soit dans sept semaines. Le chantier s’annonce néanmoins colossal. Car, à l’arrivée, il s’agira comme l’a indiqué le locataire de Matignon de « changer le quotidien des personnels soignants dans les tout prochains mois.» Rien de moins. 

300 euros de plus par mois ? 

Dès lors, à quoi peuvent s’attendre les hospitaliers? Hier, Édouard Philippe, à l’unisson du chef de l’État, a promis une «revalorisation significative » des rémunérations et du budget de l’Assurance maladie dans les années à venir. Il s’est aussi avancé sur un «vaste plan d’aide à l’investissement» et sur une «reprise massive de la dette», déjà annoncée en novembre, lors de la présentation du plan hôpital. Toutefois, s’il n’a pas donné de chiffres, c’est bien sur le volet des salaires que l’exécutif est attendu de pied ferme. Et le sujet est sensible. Le 15 mai, lors de sa visite à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière à Paris, Emmanuel Macron avait été vivement interpellé. « On veut du flouze, du pèze, de la fraîche, on veut de l’argent», lui avait lancé une infirmière. Ni les primes promises – de 500 à 1500 euros –, ni les médailles ne suffiront à panser les plaies.. 

Dans les faits, un infirmier français est payé autour de 1 500 euros net en début de carrière, soit un des ratios les plus bas des pays riches de l’OCDE. Selon les syndicats, le différentiel est d’environ 300 euros par mois. Martin Hirsh, le directeur des Hôpitaux de Paris, l’a dit: «L’ordre de grandeur d’une remise à niveau serait probablement de 15 à 20%». Sur ce point, Olivier Véran, le ministre de la Santé, a déjà envoyé quelques gages, en indiquant que l’objectif était de parvenir à un «niveau de rémunération» équivalent «à la moyenne européenne». Étant entendu que ces augmentations devraient concerner à la fois les hôpitaux et les Ehpad. 

Fermetures de lits 

Mais, et le gouvernement le sait, les syndicats ne se contenteront pas d’un geste en direction des seuls infirmiers. Ils attendent des augmentations pour l’ensemble des personnels hospitaliers. Une nuance de taille. «Il ne s’agirait pas de revisiter que les rémunérations de quelques professionnels ou de quelques métiers », a prévenu la numéro une de la CGT-Santé, Mireille Stivala. 

Autre sujet sur la table, tout aussi corsé: renforcer l’attractivité des hôpitaux. On le sait, ces derniers peinent à recruter et à fidéliser leurs salariés. Des milliers de postes restent vacants. Ce qui conduit les établissements à fermer des lits ou à embaucher des intérimaires, plus coûteux. Il y a là un chantier à ouvrir. Sachant que la question des fermetures de lits n’échappera pas non plus à cet examen de conscience. En vingt ans, près de 100 000 lits ont été supprimés dans les cliniques et hôpitaux. 

Temps de travail 

Hier, Édouard Philippe a plaidé pour des « changements radicaux», «rapides », «assumés», s’appuyant sur des « moyens nouveaux ». Lesquels pourraient inclure l’explosive question du temps de travail à l’hôpital public. 

Ce n’est «pas un tabou», a souligné le Premier ministre. « Le maître-mot sera celui du pragmatisme. Je ne préjuge pas ici du résultat des discussions qui se tiendront dans les prochains jours, mais j’ai dit qu’il fallait lever les contraintes de toute nature. Le temps de travail doit être regardé de la même façon». 

Si les négociations promettent d’être serrées, difficile de ne pas rappeler que la dernière grande consultation, celle sur la réforme des retraites, s’était terminée par une rupture avec les syndicats. 

De quoi mettre un peu plus la pression sur les épaules de l’exécutif.

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