2020 05 23 SO Pas de seconde vague en vue

Sud-Ouest du 23 mai 2020 

Pour l’instant, pas de seconde vague en vue 

BILAN Le nombre de patients continue de refluer dans les services de réanimation. Pour l’heure, le déconfinement n’a pas fait déraper la situation sanitaire. Verdict la semaine prochaine

2020 05 23 pour l'instantEn Nouvelle-Aquitaine, on dénombrait huit hospitalisations de moins dans les dernières 24 heures et un patient de plus en réanimation (ou en soins intensifs). ARCHIVES FABIEN COTTEREAU/ « SO »

La France s’est officiellement déconfinée le 11 mai. Les jours précédents, une partie du pays était retournée au boulot pour préparer le redémarrage, les commerçants par exemple. Sans compter ceux - nombreux - qui ne s’étaient jamais arrêtés de travailler. Une dizaine de jours plus tard, les indicateurs ne se sont pas affolés, et c’est une excellente nouvelle. Le nombre de cas confirmés, celui des admissions à l’hôpital et celui des entrées en réanimation ne grimpent pas.

Hier soir, les chiffres communiqués par les autorités de santé n’ont pas démenti la tendance. En Nouvelle-Aquitaine, on dénombrait huit hospitalisations de moins dans les dernières 24 heures et un patient de plus en réanimation (ou en soins intensifs), soit 57 personnes. Alors que la région a été très largement épargnée par le Covid-19, on comptait quand même plus de 240 malades dans les mêmes services de réanimation et de soins intensifs durant la première semaine d’avril. Ceci donne une idée de l’ampleur du reflux. 

Avec quatorze nouveaux cas confirmés dans la journée, l’Agence régionale de santé Nouvelle-Aquitaine parlait hier de la progression «à bas bruit » de l’épidémie de Covid-19. Peut-être faudrait-il même s’interroger, à ce stade, sur la pertinence de l’emploi du mot « épidémie » pour la région.

La baisse des cas graves 

En raison du pont de l’Ascension, la direction générale de la santé n’a pas livré hier son traditionnel bilan quotidien des décès. Publié jeudi, le dernier en date fait état d’au moins 28 215 morts du coronavirus, dont 17 870 dans les hôpitaux et 10 345 dans les maisons de retraite et établissements médico-sociaux. 

On connaît en revanche les chiffres actualisés sur les cas graves à l’échelle nationale. La baisse du nombre de patients en réanimation s’est poursuivie. 1701 patients y occupent un lit, soit 44 de moins en 24 heures. Le nombre de malades en réanimation fléchit depuis le 9 avril, après avoir atteint un pic de 7148. Ce total représentait alors deux mille lits de plus que les capacités totales des services de réanimation du pays, avant que la crise du Covid19 n’oblige à pousser les murs des hôpitaux. 

Cet état des lieux rassurant n’est pas encore synonyme de victoire par KO sur le SARS-CoV-2, le coronavirus responsable du Covid-19. Les indicateurs seront scrutés avec une attention particulière en début de semaine prochaine. Avec plus de quinze jours de recul, on évaluera s’il y a rebond épidémique ou pas. 

Le calcul est assez simple. On se base sur le délai d’incubation de la maladie - de trois à cinq jours, il peut aller jusqu’à quatorze jours. On y ajoute le délai supplémentaire de quelques jours qui sépare les symptômes initiaux de l’éventuelle aggravation de l’état de santé qui requiert une hospitalisation. Si les contaminations devaient s’être multipliées après le 11 mai, on devrait ainsi en avoir la traduction la semaine prochaine, avec un nombre à la hausse des admissions à l’hôpital. 

Les regards braqués sur Paris 

La situation de l’Ile-de-France suscite quelques craintes. C’est à Paris et dans ses banlieues que la flambée a été la plus massive en mars-avril - avec la région Grand Est. C’est là que la concentration de population est la plus forte, c’est là où les gens sont obligés de se presser en grand nombre dans les transports en commun. Bref, si reprise de l’épidémie il devait y avoir, la région parisienne serait une sérieuse candidate. 

Selon les travaux de l’Institut Pasteur, le passage brutal de la première vague ne la protège en rien d’une seconde. Malgré l’afflux de malades qui a menacé de submerger les services de réanimation au plus fort de la crise, il n’y a toujours pas d’immunité collective en Ile-de-France - le point à partir duquel le virus arrête de circuler faute de cibles à infecter. Il faudrait pour cela que 60% de la population ait été exposée au SARS-CoV-2. La fourchette calculée en avril par les chercheurs de l’Institut Pasteur va de 7,9 % à 21,3 % pour l’Ile-de-France à la date du 11 mai. 

La seconde vague discutée 

Pour l’heure, les modèles épidémiologiques continuent de considérer probable l’arrivée d’une seconde vague épidémique. Selon une étude publiée il y a quelques jours, il ne faut pas espérer de répit du fait des conditions climatiques estivales. S’il peut avoir une influence sur la contagiosité du virus, ce facteur pèse beaucoup moins que la « naïveté » de la population, c’est-à-dire son absence de défenses immunitaires. 

Des voix s’élèvent cependant dans la communauté scientifique pour évoquer une «immunité croisée » qui protégerait bien plus de monde que prévu. Elle procéderait du fait que nombre de gens ont rencontré d’autres coronavirus - notamment ceux qui provoquent des rhumes bénins l’hiver. L’immunité développée dans ce cadre entraverait l’infection au SARS-CoV-2. C’est pour l’heure une hypothèse, pas une démonstration. Cette opinion reste minoritaire. 

Quoi qu’il en soit, les autorités ne veulent surtout pas baisser la garde. Pour enrayer les chaînes de transmission qui apparaissent ici et là, comme à Loudun dans la Vienne (voir ci-contre), elles parient sur un repérage rapide des cas contact des malades, des tests en nombre et l’isolement des personnes positives au SARS-CoV-2. C’est ainsi qu’on a procédé mercredi après la découverte d’un cas (un enfant) dans une école maternelle de La Couronne, en Charente.

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