Sud-Ouest du 21 mai 2020

2020 05 21 SO 110 nouveaux décès enregistrés

2020 05 21 SO 110 nouveaux décès enregistrés22020 05 21 SO Médicaments de réanimation la peur du manque

Sud-Ouest du 21 mai 2020 

Médicaments de réanimation : la peur du manque 

SANTE Depuis fin avril, l’Etat gére la distribution des médicaments de réanimation dont la production a été délocalisée à l’étranger et le stockage réduit au strict minimum

2020 05 21 médicamentsGrâce aux curares, il est plus aisé d’intuber les patients de réanimation. PHOTO FABIEN COTTEREAU/« SUD OUEST » 

Depuis le 27 avril, l’État réquisitionne et organise la distribution de cinq médicaments indispensables aux services de réanimation mais aussi aux unités de soins palliatifs. Il s’agit d’hypnotiques, des substances qui endorment et plongent dans le coma et de curares, des produits favorisant le relâchement des muscles sans lesquels on peut difficilement intuberl les patients. Les établissements de santé n’ont plus le droit de passer directement commande auprès des laboratoires pharmaceutiques de ces molécules dont la consommation a explosé depuis le début d’une épidémie qui a vu près de 20 000 personnes être admises en réanimation. 

Urgence absolue 

Au mois de mars, les soignants ont utilisé neuf fois plus de curares qu’en temps normal. Début avril, la situation était telle que le gouvernement a exceptionnellement autorisé l’usage de médicaments vétérinaires à même visée thérapeutique avant de prendre la main pour parer à l’urgence. Les contrats d’achat passés sur les marchés internationaux relèvent désormais de Santé Publique France seule habilitée à se procurer et à distribuer ces produits. Les besoins sont évalués au regard de la base de données alimentées chaque jour par les pharmacies des hôpitaux et des cliniques. 

Elles y font figurer l’état de leurs stocks et le niveau de leurs consommations journalières. Ces indications sont ensuite traitées par un logiciel paramétré en fonction des priorités et de la diversité des demandes : réanimation, chirurgie, fin de vie… À l’issue de ces calculs complexes, une dotation est attribuée à chaque Agence régionale de santé (ARS), à charge pour elle de la valider et de déterminer la répartition des quantités disponibles entre les sites de la zone géographique sur laquelle elle a autorité. 

« La région ayant été moins impactée par le Covid-19, il y a eu moins de tensions sur les médicaments qu’ailleurs, assure le Dr Beauvieux en charge de cette régulation au sein de l’ARS Nouvelle Aquitaine. Il a fallu moduler des protocoles, utiliser à certains moments un hypnotique à la place d’un autre. Mais rien de dommageable. Si de temps en temps, un établissement a pu se trouver dans le rouge, il a été couvert par un autre. La solidarité a joué.» Ailleurs, dans les départements encore classés rouge, des patients sont probablement morts en s’étouffant faute de sédatifs pour soulager les agonies. 

Pénuries à répétition 

Même si la situation s’améliore, les réquisitions restent en vigueur du fait de la faiblesse des réserves et de la crainte toujours prégnante d’un rebond des contaminations. « Pour ce qui est des anesthésiants et de curares, les disponibilités des établissements ne vont en règle générale pas au-delà d’un mois d’activité pleine, relève l’un des chirurgiens d’une grande clinique bordelaise. Nous risquons d’en manquer pour faire face à la reprise des opérations traditionnelles mais aussi aux besoins de réanimation s’il y a une deuxième vague. Le principe du stockage de précaution a petit à petit été délaissé pour une gestion en flux tendu et des précommandes réservées.» 

Bien qu’aucun signal d’alarme ne soit officiellement actionné, des ruptures d’approvisionnement touchant notamment certains antibiotiques ne sont pas à exclure. Des essais de re stérilisation de produits à usage unique et d’impression 3 D pour des dispositifs nécessaires à l’intubation qui ne sont plus disponibles sur le marché français ont été autorisés à titre exceptionnel. Rien d’étonnant à vrai dire, les situations de pénurie n’ayant fait que s’amplifie au cours des dernières années. 

L’an passé, un sondage réalisé à l’initiative de l’association d’usagers France Assos Santé avait révélé qu’un quart des Français s’est déjà vu refuser la délivrance d’un médicament ou d’un vaccin du fait de leur indisponibilité. Près d’un millier de molécules sont désormais concernées par des ruptures d’approvisionnement. 

Alors rapporteur du projet de budget de la Sécurité sociale, Olivier Véran, le futur ministre de la Santé avait fait voter par le Parlement dans le courant de l’automne dernier un amendement qui contraignait les laboratoires à détenir sur le sol européen 4 mois de stocks de sécurité pour les médicaments à intérêt thérapeutique majeur. Et à importer à leurs frais des produits alternatifs en cas de pénurie. Mais il ne suffit de décréter l’indépendance sanitaire de l’Union pour qu’elle advienne (lire ci-dessus). 

Hôpitaux et cliniques outre le fait de l’épuisement des équipes ne retrouveront pas avant plusieurs mois une activité normale. « La reprise ne peut être que progressive avec une priorité accordée aux patients qui ne peuvent pas attendre » souligne le Dr Beauvieux de l’ARS Nouvelle-Aquitaine.

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Sud-Ouest du 21 mai 2020 

Olivier Véran présente le « Ségur de la santé » 

PLAN SANTÉ Hausse des salaires, plan d’investissements, simplification : voici les grands axes du futur plan Santé. La concertation commence dès lundi

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« Un Ségur de la santé ». Emmanuel Macron n’était pas mécontent de sa trouvaille lorsque, visitant la semaine dernière l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière, il a annoncé cette grande concertation pour réorganiser un domaine essentiel dans la vie du pays qui, à l’occasion de la crise sanitaire, a montré sa force mais aussi ses limites. 

Ségur, comme l’avenue du même nom où se trouve le ministère de la Santé ; cela change après tout des « Grenelle » que l’on nous a mis à toutes les sauces depuis une dizaine d’années… 

Calendrier 

Olivier Véran présentait donc au Conseil des ministres d’hier une communication relative à ce « Ségur de la santé », expression désormais officielle puisqu’elle figure dans le compte-rendu du Conseil. Il a d’abord esquissé un calendrier. 

Une concertation nationale débutera dès lundi prochain, qui sera suivie début juin de conventions « dans les territoires », à chaque fois dans le but de «tirer pleinement les leçons de la crise. 

Au vu des « retours d’expérience » qui seront sollicités, le ministre de la Santé pointe clairement ce qui n’a pas marché : processus décisionnels trop lourds, fonctionnement quotidien trop compliqué, organisation insuffisamment adaptée à toute forme de crise, cohérence territoriale laissant à désirer. Nul doute que les fameuses ARS (agences régionales de santé), très controversées au cœur de la crise, ne soient sur la sellette.

De même que toutes les lourdeurs administratives qui ont alimenté la chronique. Les conclusions de ces concertations seront rendues d’ici mi-juillet. 

« Quatre piliers » 

Olivier Véran a par ailleurs précisé que le futur plan reposera sur « quatre piliers ». Le premier d’entre eux est sans doute le plus attendu par les personnels de santé puisqu’il s’agit de la revalorisation des carrières. 

Les soignants qu’a rencontrés Emmanuel Macron la semaine dernière lui ont vivement fait savoir qu’ils ne se contenteraient pas de bonnes paroles, ni même de la simple prime annoncée dans un premier temps. Aussi « le Ségur abordera la question de la hausse des salaires et de la revalorisation des carrières à l’hôpital et dans les EHPAD ». 

Souplesse 

Autres « piliers » : un plan d’investissements, lui aussi très attendu. Le gouvernement reconnaît que l’enveloppe de 150 millions d’euros ainsi que la reprise de la dette hospitalière à hauteur de 10 milliards d’euros, deux mesures annoncées par Agnès Buzyn pour mettre fin au conflit dans les hôpitaux l’an dernier, ne suffiront pas. 

Par ailleurs, le « Ségur de la santé » devra déboucher sur « un système plus souple, plus en proximité et plus collectif », notamment dans les hôpitaux qui pourraient acquérir plus d’autonomie et plus de souplesse dans leur organisation. De même la télémédecine « est un acquis qu’il faudra pérenniser ».

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