Sud-Ouest du 10 mai 2020

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Sud-Ouest du 10 mai 2020 

Se déconfiner tout en évitant de se reconfiner 

ÉPIDÉMIE L’exemple du foyer de contagion détecté en Dordogne et celui du reconfinement d’un land en Allemagne doivent interpeller les Français : la prudence demeure la règle

2020 05 10 se déconfinerEn Allemagne, un canton a dû réintroduire le confinement vendredi et deux autres y songent face à un nombre de nouvelles contaminations. PHOTO ODD ANDERSEN/AFP

La France vit aujourd’hui son dernier jour de confinement et déjà, depuis le week-end précédent, la population se décomplexe, mettant pieds et nez dehors de manière excessive au regard des injonctions et recommandations du «Restez chez vous», en vigueur depuis le 16 mars. Ce vendredi soir, des échos de la fête entre amis s’échappaient de la porte du voisin de ce couple de résidents bordelais. Dans un village lot-et-garonnais, des jeunes célébraient avant l’heure « mais en petit comité» leurs retrouvailles. En ville, les promeneurs élargissent, au-delà du kilomètre autour de la maison, leurs sorties à l’air libre et préfèrent, de plus en plus, le mode «groupé» à la balade en solo. 

Signes du relâchement général et aussi de l’impatience (légitime) de sortir de la «trop longue» mise sous cloche. L’observateur peut craindre que ces comportements « d’avant l’heure » ne laissent augurer des excès le jour J, soit le premier jour du début du déconfinement, demain lundi 11 mai, et les jours qui vont suivre. 

61 000 vies épargnées

Si l’épidémie de coronavirus a fait plus de 26 000 morts en France, le confinement a permis d’éviter que ce bilan éprouvant ne s’alourdisse de quelque 61 000 décès supplémentaires, selon une étude épidémiologique réalisée par trois chercheurs de l’École des hautes études en santé publique (EHESP) et du CHU de Rouen. D’où l’importance de réussir l’après-confinement et d’éviter une seconde vague épidémique. L’exemple du nouveau foyer détecté en Dordogne cette semaine, conséquence d’une réunion de famille autour d’un enterrement, en plein confinement, démontre la fragilité de la maîtrise de la transmission du virus, d’autant plus quand l’affect est au centre du rassemblement. Et déjà, un autre cluster a été annoncé hier par l’Agence régionale de santé (ARS) dans un collège de la Vienne parmi des enseignants qui préparaient la réouverture de l’établissement, qui sera donc repoussée au 27 mai. 

Alors, oui, la France veut sortir de son confinement mais comme l’ont rappelé le Premier ministre, Édouard Philippe, et le ministre de la Santé, Olivier Véran, cette sortie sera «partielle, par étapes, sur mesure selon les territoires, et sous conditions » et fera l’objet d’un nouveau point d’étape et d’évaluation au 2 juin. Histoire de mesurer si relâchement il y a ou pas. Alors, le gouvernement a fixé cette semaine un protocole précis de ce que « l’on pourra faire » et que «l’on ne pourra pas faire» à compter du 11 mai (lire par ailleurs). 

Mais au-delà de ces mesures sanctionnées par des amendes lorsqu’elles ne seront pas respectées, le bon sens prime. « Les gestes barrières et la distanciation sociale vont avoir encore plus d’importance que pendant le confinement, où il fallait les appliquer sans voir grand monde, a rappelé hier après-midi Michel Laforcade, directeur général de l’ARS Nouvelle-Aquitaine. Le déconfinement doit être synonyme de concentration supplémentaire sur ces consignes qui deviennent primordiales. Il en va de notre responsabilité individuelle.» 

Responsabilité et bon sens 

Le virus se transporte par les mouvements humains. D’ailleurs, c’est bel et bien parce que les Français ont suivi le confinement pendant deux mois que sa vitesse de transmission est passée de 3,3 début mars (une personne touchée par le Covid-19 le transmet à trois autres personnes) à 0,5 à la fin avril, selon l’Institut Pasteur. 

«Ce qui signifie qu’il va nous falloir continuer à limiter nos déplacements, à privilégier le vélo ou la marche, à multiplier les visio-conférences – le confinement a prouvé que 80% de nos déplacements professionnels étaient inutiles –, à porter le masque surtout dans les transports en commun, à se laver les mains très souvent, etc.» Et revoir les amis et la famille? « Là aussi, on privilégie le bon sens. On peut peut-être retarder encore un peu les retrouvailles et voir comment l’épidémie évolue d’ici début juin. Ou bien, on se reçoit en petit comité à la maison, avec les gestes barrières, avec peut-être bien le masque sur le nez que l’on ôte le temps du repas… », ajoute Michel Laforcade. 

La prudence doit donc rester la règle. D’autant que si l’on regarde dans les pays où le déconfinement est entré en vigueur plus tôt que chez nous, la bascule vers un reconfinement peut être très rapide. Ainsi en Chine dans l’épicentre de l’épidémie à Wuhan, 70 des 7 000 quartiers résidentiels «libérés » le 25 mars, ont été reconfinés, le 8 avril après la découverte de porteurs asymptomatiques. 

Plus près de nous, l’Allemagne, qui a donné à ses länder la responsabilité du déconfinement, a instauré un seuil de reconfinement à 50 contaminations pour 100 000 habitants. Vendredi, un de ces cantons est reparti en confinement et deux autres y songent. L’Italie déconfinée depuis le 4 mai se fait quelques frayeurs : des photos, jeudi, de rassemblements de jeunes à l’apéritif, sans masque ni protection, le long des canaux milanais ont fait grincer des dents…

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