La Gazette.fr du 30 mars 2020 

Masques de protection : le coup de gueule des sapeurs-pompiers de France

2020 03 30 masques de protection

Jugeant « inacceptable » de ne pas bénéficier de masques de protection ni d’être testés au Covid 19, la Fédération nationale des sapeurs-pompiers de France, appuyée par l’Assemblée des départements de France, demande au gouvernement d’être alignés sur les mêmes règles que celles appliquées aux personnels soignants. 

Prise en charge des personnes en détresse respiratoire, soutien médical grâce à leurs services de santé, transport sanitaire vers les hôpitaux, appui du 15 et du SAMU… Une fois de plus, les sapeurs-pompiers, civils et militaires, professionnels et volontaires, sont « au front, en première ligne ».  Dans un courrier du 27 mars adressé au ministre des Solidarités et de la Santé, Olivier Véran, le président de la Fédération nationale des sapeurs-pompiers de France, Grégory Allione, décrit par le menu l’implication des « soldats du feu » dans la crise sanitaire qui frappe le pays de plein fouet. Et constate dans le même temps qu’aucune instruction nationale ne vienne leur apporter une protection à la hauteur de leur exposition au virus Covid 19. 

Les sapeurs-pompiers déjà contaminés 

« Les sapeurs-pompiers ne peuvent pas aujourd’hui se faire tester et sont confrontés à des pratiques locales hétérogènes », déplore le colonel Allione. De même, « ils ne figurent toujours pas parmi les publics prioritaires dans la distribution des stocks nationaux de masques de protection, dont la dotation hebdomadaire de 50 masques par centre d’incendie et de secours s’avère dérisoire ». 

Et de relever que « plusieurs d’entre eux ont contracté la maladie en intervention ». 

Selon un décompte révélé le 30 mars par la direction générale de la sécurité civile et de la gestion de crise, ce sont 2016 sapeurs-pompiers qui seraient « actuellement placés en confinement » et « 204 sapeurs-pompiers contaminés ». 

« Cette situation n’est pas acceptable » enfonce le président des Sapeurs-pompiers de France qui demandent des « instructions nationales claires afin que soient étendus à tous les pompiers les règles en vigueur pour les personnels soignants, s’agissant de la doctrine d’équipements de protection individuelle, du dépistage automatique des cas symptomatiques et de la reconnaissance systématique du coronavirus comme maladie professionnelle ».

Un appel qui a reçu dès le lendemain le soutien des employeurs des sapeurs-pompiers. Dans un courrier du 28 mars adressé au même ministre, le président de l’Assemblée des départements de France, Dominique Bussereau, et le président de la Conférence nationale des services d’incendie et de secours (CNSIS) réclament dans des termes comparables des instructions pour remédier au besoin d’équipements de protection. 

« Nous appelons votre attention sur l’impérieuse nécessité de rendre prioritaires les dotations en directions des SDIS et d’augmenter leurs volumes hebdomadaires, demandent les deux représentants des départements. Cette mesure, comme la nécessité de soumettre systématiquement à un dépistage les sapeurs-pompiers qui présenteraient une suspicion symptomatique est nécessaire pour préserver leur haut niveau de contribution ».