Sud-Ouest du 26 mars 2020

2020 03 26 SO Restez chez vous

Sud-Ouest du 26 mars 2020 

Le nombre total de victimes passe à 1 331 morts 

BILAN DU JOUR La France a recensé en 24 heures 231 décès et 311 nouveaux patients en réanimation. 11 539 personnes sont toujours hospitalisées

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Au moins ne peut-on pas reprocher à Jérôme Salomon, le désormais célèbre directeur général de la Santé, de vouloir cacher la vérité aux Français. Hier soir, en conclusion de son traditionnel point presse, il a ainsi déclaré que « la crise va être longue. Les prochains jours vont être particulièrement difficiles. Nous aurons des drames individuels, nous aurons des drames collectifs.» 

Et la situation reste en effet dramatique dans le pays avec 231 décès supplémentaires dans les dernières 24 heures, ce qui porte le nombre total de victimes à 1 331 dont 86 % âgées de plus de 70 ans. La France compte actuellement 25 233 cas dont 11 539 hospitalisés, soit 1 363 de plus que la veille. Parmi ceux-ci, 2 827 sont dans un état grave, en réanimation, soit 311 de plus en un jour. « C’est un nombre considérable, exceptionnel dans un temps aussi bref et pour une seule maladie », a reconnu Jérôme Salomon qui a précisé «qu’un tiers d’entre eux a moins de 60 ans ». 

875 cas dans la région 

Une bonne nouvelle quand même dans ce triste inventaire, 3 900 personnes ont quitté l’hôpital en étant débarrassées du coronavirus. Et ce bilan ne tient évidemment pas compte de ceux qui ont guéri en restant confinés chez eux. 

La Nouvelle-Aquitaine figure toujours dans le Top 8 des régions les plus touchées par le Covid-19 mais reste la lanterne rouge de ce palmarès mené par l’Ile-de-France, « en tension majeure » et le Grand Est. 122 nouveaux cas confirmés ont été recensés par Santé publique France le 24 mars, ce qui porte le total à 875 cas dans la région depuis le début de l’épidémie. 313 cas ont été recensés en Outremer. 

Le directeur général de la Santé a évidemment invité de nouveau les Français « à rester chez eux pour casser la chaîne de transmission du virus » et à ne sortir qu’en cas de nécessité, seul et pas plus d’une heure. L’épidémie suscite en tout cas des élans de solidarité. « Tout le monde est mobilisé, secteur public, secteur privé et hôpitaux militaires », s’est-il réjoui en précisant que, grâce à la plateforme de mobilisation, « 7 000 personnes se sont inscrites pour aider dont 2 500 infirmières.» Celles-ci sont à la disposition des établissements qui en feraient la demande.

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Sud-Ouest du 26 mars 2020 

«On tient encore debout», parole de soignants 

À L’INTÉRIEUR Les masques sont le nerf de cette guerre. Au centre hospitalier universitaire de Bordeaux, les infirmiers, aides-soignants disent être rationnés. Voici leur récit de l’épidémie

2020 03 26 on tient encoreL’habillage et déshabillage sont très protocolisés. PH. ST. LARTIGUE/« SO » 

Ceux que l’on applaudit tous les soirs depuis nos fenêtres entrouvertes ont un prénom. Gilbert, Marianne, Betty, Patrick. Ils ont un nom et une famille, des petits qui les attendent le soir, un compagnon, des parents. «On est les soldats blancs de cette guerre, mais des soignants sans casque. Je suis infirmier anesthésiste au Smur depuis vingt-deux ans et je ne me suis jamais senti en danger comme en ce moment», lâche Gilbert Mouden. Le manque de masque FFP2 est en cause. Certes, la parole de Gilbert est aussi celle d’un homme engagé, un militant Sud Santé qui ne lâche rien. Mais en ce moment, 100 % de son temps est entièrement consacré au soin. 

« Merci de nous donner la parole, c’est bien de nous applaudir le soir, ça fait chaud au cœur. Mais on aimerait bien aussi qu’on nous écoute », remarque Élodie, aide-soignante « parce que dans les médias, on entend seulement les médecins, les professeurs, les politiques. Nous, on a les mains dedans. » Tous, toutes se sont adaptés à une réorganisation de leurs protocoles, de leurs rythmes de travail pour répondre à l’urgence sanitaire de cette flambée virale. Mais chaque fois qu’on leur tend le micro, ils dénoncent d’abord le manque de moyens. Marianne (1) infirmière au CHU sur le site de Saint-André, témoigne : «Nous avons libéré deux services de médecine pour les dédier au Covid, le premier est plein, 15 lits, le second se remplit chaque jour. Pourtant, on n’est pas débordés, on tient encore le coup. J’ai l’impression que nous avons eu le temps de nous préparer, nous ne vivrons peut-être pas une déferlante aussi brutale que celle de nos collègues du Grand Est. En ce moment, il règne une espèce d’excitation dans les équipes, on se remet en question, on est très tendus. Comme un réveil professionnel.»

Des protocoles contraignants 

Elle reconnaît que l’institution a mis en place des nouvelles organisations de soin, « ils ont été très réactifs, ce qui nous a permis de nous engager aussi». Mais n’empêche, elle aussi dénonce le rationnement des masques. « Les FFP2 sont limités aux soignants qui font des gestes d’intubation ou d’extubation, remarque Gilbert Mouden. Le matin, on nous fournit trois masques chirurgicaux pour une journée de douze heures. Les masques, on les replace, on les tripote, ça gratte, on les monte, on les descend. Il y a un risque de contamination. On devrait avoir un stock illimité.» Il décrit une tension au Smur liée à cette difficulté. « On devrait les porter tout le temps, il ne faudrait pas que les soignants deviennent des vecteurs de l’épidémie.» 

Au Samu, certains assistants de régulation médicale se plaignent de ne pas porter de masque. « Les médecins libéraux qui débarquent tous les jours pour assurer la régulation du centre 15, ne sont pas protégés non plus. Or, ils sont en contact avec des patients potentiellement infectés », souffle un assistant en catimini. 

En plus du rationnement des masques, les soignants mesurent la difficulté liée aux protocoles de plus en plus contraignants. « L’habillage et le déshabillage pour pénétrer dans la chambre d’un patient Covid sont longs, fastidieux, indispensables cependant. Je ne le critique pas, il nous protège, assure Marianne. Mais ça ajoute une charge de travail qui n’est pas négligeable et demande un effort de concentration permanent qu’on ne doit pas lâcher.» Dans les couloirs de l’hôpital, les soignants espèrent tous un dépistage systématique au sein de leurs équipes. « On a des collègues à qui on a demandé de venir bosser avec un masque, alors qu’ils étaient patraques… », tique Marianne. « Le parcours patient est bien protégé, on différencie bien les malades infectés des autres. Mais nous, parfois, avons le sentiment de passer après.»

«À Bordeaux, on soigne, des gens sortent guéris, admet Élodie l’aide-soignante. Mais quand on entend la détresse de nos collèges du Grand Est, ça nous retourne.» 

  1. Certains prénoms ont été changés 

2020 03 26 SO On tient debout 2 

2020 03 26 SO Macron promet un plan massif d'investissement pour l'hôpital

2020 03 26 SO Macron promet un plan d'investissement 2

2020 03 26 SO Pourquoi la France veut évoluer vers un dépistage massif

2020 03 26 SO Pourquoi la France veut évoluer vers un dépistage massif2

Sud-Ouest du 26 mars 2020 

3 milliards de gens confinés 

MONDE L’ONU en appelle à un plan humanitaire mondial. L’Inde voit arriver la vague de contamination avec angoisse

2020 03 26 trois milliards

Antonio Guterres en est certain, «les réponses individuelles des pays ne seront pas suffisantes». Le secrétaire général des Nations-Unies, qui juge «l’humanité entière menacée par la pandémie», a lancé hier un Plan de réponse humanitaire mondial. Dans le même temps, la décision de l’Inde, le pays le plus peuplé du monde avec la Chine, de confiner ses habitants, a fait entrer la crise virale du Covid-19 dans une autre dimension puisque désormais, près de 3 milliards des 7,5 milliards d’habitants de la planète sont priés de rester chez eux. 

1 L’ONU au secours des pays et catégories les plus vulnérables 

Avec un appel aux dons de 2 milliards de dollars, le plan dévoilé par l’ONU fait figure de petit poucet à côté des 2 000 milliards que les États-Unis veulent consacrer au soutien et à la relance de leur économie. Mais il a le mérite de mettre l’accent sur la solidarité sans laquelle la pandémie a peu de chances d’être vaincue. Car tandis que les pays riches luttent à grand peine contre la propagation du virus, les pays en développement voient arriver la vague avec la quasi-certitude que leurs systèmes de santé seront débordés. Acheter de l’équipement médical, tester à grande échelle comme le demande l’OMS, installer tout simplement des points de lavage des mains dans les camps de réfugiés, financer des ponts aériens humanitaires vers les pays prioritaires africains, latino-américains et asiatiques, informer: tels sont les objectifs concrets que s’assigne l’ONU. 

2 L’Inde confinée, et chaque jour, de nouveaux pays 

Confiner 1,3 milliard d’Indiens dont la majorité ne saurait rester chez elle sans risquer de ne plus pouvoir se nourrir : le défi est immense. Pourtant, Narendra Modi s’est résolu à prier sa population de «rester chez elle » durant trois semaines. L’immense Inde n’a encore que 600 cas déclarés et neuf morts, mais la densité de population et la promiscuité des mégalopoles indiennes sont un terrain propice pour la propagation de l’épidémie. Dans ce pays fédéral, les frontières intérieures entre États sont fermées. Et New Delhi, sa vitrine bouillonnante, offre depuis hier l’étrange impression d’une ville du silence. 

Ailleurs, le confinement gagne de nouveaux pays. En Amérique latine, c’est le cas de la Colombie (48 millions d’habitants) ou de Panama. Partout, les mesures de restriction s’empilent: deux semaines de couvre-feu en Égypte, état d’urgence au Sénégal, en Côte d’Ivoire ou au Congo-Kinshasa, fermeture des frontières aux étrangers en Uruguay. Et la liste des pays officiellement épargnés fond à vue d’œil, le Mali ou la Mauritanie étant parmi les nouveaux pays touchés. 

3 La politique de l’autruche ne tient plus face à la réalité 

L’expulsion d’Iran d’une mission de Médecins sans frontières, qui avait pourtant atterri sur place avec un hôpital de campagne, est le plus terrible exemple de déni. Car personne, y compris les Iraniens, ne croit aux chiffres de cas et de décès (2 000) avancés par le régime de Téhéran. Tout indique que l’épidémie est hors de contrôle et les mollahs ont de plus en plus de mal à s’abriter derrière les sanctions américaines pour justifier (en la minimisant) l’effarante situation iranienne. Au Brésil, le président Jaïr Bolsonaro continue de s’opposer à l’idée de confinement mais des villes et États de ce pays fédéral sont en train de l’imposer, comme aux États-Unis où Donald Trump invoque, malgré tout, la protection de l’économie pour limiter le confinement. Après avoir accusé le « virus chinois », le président américain peut redouter que son pays ne devienne l’épicentre de l’épidémie au moment où la province chinoise de Hubei, berceau du coronavirus, a commencé, hier, à voir se lever les interdictions de circuler.

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2020 03 26 SO Tristesse infinie des obsèques à huis clos

Sud-Ouest du 26 mars 2020 

«Il faut faire peur pour que les gens se confinent» 

« C’est une amputation de la réalité » : le célèbre neuropsychiatre bordelais, Boris Cyrulnik, nous livre son regard sur le confinement imposé par la crise du coronavirus

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Le célèbre neuropsychiatre bordelais, Boris Cyrulnik, nous livre son regard sur la crise du coronavirus et l’une de ses conséquences majeures : le confinement. Il l’affirme: «C’est une amputation de la réalité.» Il redoute aussi pour les familles des victimes l’épreuve des obsèques à huis clos. 

«Sud Ouest» Diriez-vous que le confinement est une forme d’enfermement ? Contrairement aux détenus, nous pouvons encore aller chez le médecin, faire des courses…

Boris Cyrulnik Le confinement est nécessaire pour la protection physique mais c’est toujours une agression psychique. La condition naturelle, c’est la relation. Il faut donc trouver des substituts. Skype et le téléphone sont une réponse, mais c’est une amputation de la réalité. C’est un appauvrissement. 

Quelles peuvent être les conséquences ? 

Chez un enfant, lorsqu’on réduit son environnement sensoriel, on altère son cerveau et ses apprentissages. Chez un adulte, on altère sa relation et peu son cerveau. Mais chez une personne âgée, on altère beaucoup son cerveau et sa relation. 

Ce n’est donc pas neutre… 

Non. Depuis que nous sommes confinés, mes jeunes collègues signalent déjà une augmentation des bouffées d’angoisse et des bouffées délirantes. Quand on vivait dans la culture du sprint, je viens d’employer l’imparfait, il y a des moments où on était harcelé par les informations. Les femmes couraient partout, il y avait beaucoup de burnout. On avait alors besoin de s’isoler pour s’apaiser. Or là, nous sommes contraints à l’isolement. Pour beaucoup, au début, il y aura une sensation d’apaisement. Mais au bout de quelques jours, on va commencer à souffrir de la privation sensorielle et de liberté. 

Dans sa dernière allocution, Emmanuel Macron n’a pas prononcé le mot de confinement. Quand le chef de l’État ne dit pas les mots, comment le comprendre ? 

Cela m’avait échappé. Mais beaucoup de chefs d’État ne donnent pas de consignes précises, c’est aux ministres de les appliquer. Les chefs d’État ont un langage métaphorique, un langage qui donne la direction. 

Ce n’est donc pas un manque de confiance dans l’intelligence ou la maturité de la population ? 

Je crois qu’il faut faire peur pour que les gens se confinent. En ne faisant pas assez peur, les premières consignes ont laissé le virus se développer. Les gens sortaient, prenaient le train… 

Dans les pays occidentaux, où les personnalités sont plus respectées qu’en Chine, on voit que le virus s’est davantage développé. Or, dans les pays asiatiques, où l’individu est moins une valeur qu’en Occident, les populations se sont plus facilement soumises aux consignes et le virus s’est vite arrêté comme à Singapour ou au Japon. Tandis qu’en Occident, le virus flambe. 

Il y aurait donc un impact culturel ? 

J’ai travaillé au Japon et en Chine, j’ai été étonné par leur organisation sociale. Presque personne ne conteste. Et ceux qui le font, sont violemment réprimés. 

À l’inverse, en Occident, on laisse l’individu s’exprimer beaucoup plus. En période de paix, c’est un progrès, mais dans un contexte de guerre cela se transforme en vulnérabilité. Car on applique moins bien les consignes. 

Emmanuel Macron a dit que nous sommes en «guerre». C’est le mot approprié ? 

C’est le mot parfait, puisque le virus nous tue. Sauf que dans une catastrophe humaine, on nomme l’adversaire : c’est le voisin, l’étranger, celui qui ne pense pas comme nous, qui ne croit pas comme nous. Dans ce cas-là, on peut combattre, fuir, affronter. Là, nous sommes face à un adversaire invisible. 

Pourquoi est-il important de le nommer ? 

Par le passé, à chaque fois qu’il y avait une épidémie de peste ou de choléra, comme on ne repérait pas l’adversaire, ça déclenchait des rumeurs. Il y avait toujours des gens qui disaient et cela entraînait des phénomènes de bouc émissaire. On désignait l’étranger, le fou, le juif. Ils étaient rendus responsables de la mort qu’on voyait. Et comme disait René Girard cela ajoutait du «malheur au malheur». 

Au-delà des craintes économiques légitimes, le confinement pose aussi la question de l’ennui. C’est un défi ? 

Oui. On parle aujourd’hui de challenge. Une partie d’entre nous va s’adapter par la créativité et l’autre partie va s’engourdir et se soumettre à l’ennui. Or, ceux qui vont réagir par la créativité sont ceux qui, avant le trauma, avaient déjà acquis des facteurs de protection. Ceux-là ont été suffisamment entourés dans leur enfance pour avoir confiance en eux et trouver des solutions. Nous voyons déjà des familles inventer de nouveaux rituels, de nouveaux jeux… Mais ceux qui n’ont pas ces facteurs de protection risquent d’être de plus en plus mal. 

Cette crise révèle aussi des comportements de solidarité et d’égoïsme. C’est sans surprise ? 

C’est la réaction habituelle dans toutes les catastrophes. On est contraint à une réaction d’ambivalence. D’abord, sécuriser nos proches, en achetant du sucre, des pâtes, du papier hygiénique. Ce sont des achats symboliques. Mais ça n’empêche pas la solidarité. Il y a quelques années, la neige avait bloqué l’autoroute entre Lyon et Marseille stoppant des milliers de voitures. Quelques heures après, des gens apportaient des vivres pour secourir ces naufragés et, en même temps, d’autres faisaient du marché noir avec du saucisson et des bouteilles d’eau. 

Les obsèques sont désormais à huis clos. Comment entamer le travail de deuil dans ces conditions ? 

Peut-être qu’on pourra faire ce travail de deuil, mais ce sera un deuil pathologique, culpabilisé. Avec des réactions de ce type : ‘‘Je l’ai abandonné, je ne lui ai pas dit adieu, je l’ai laissé mourir tout seul, je suis un salaud…’’ Il faut comprendre que le rituel du deuil réconforte, réchauffe. Le deuil est un chagrin, mais là on aura le chagrin et la culpabilité. Il y a une phrase qu’on va entendre : ‘‘Je l’ai laissé mourir comme un chien’’. En réaction, on peut prévoir des comportements d’autopunition. 

Que faire dans ces conditions ? 

On peut faire un ersatz du rituel de deuil avec des photos puisque les gens ne pourront pas aller au cimetière. On peut aussi faire de petits mausolées chez soi. C’est ce qui se faisait avant. C’est un mécanisme de protection. 

Nos journées sont aussi rythmées par la publication du bulletin quotidien du nombre de morts. Quel est votre regard sur cette transparence ? 

Comme je l’ai dit, il faut inquiéter les gens, sinon ils ne se protégeront pas. Mais il ne faut pas les angoisser car le confinement est une provocation à l’angoisse. Il faut énoncer les morts, c’est la vérité, et tout de suite après énoncer les mesures de protection, pour se remettre à vivre.

2020 03 26 SO La police se réorganise

2020 03 26 SO La police se réorganise 2

2020 03 26 SO Les gendarmes veillent sur les plages interdictes d'accès

2020 03 26 SO Les gendarmes veillent sur les plages interdictes d'accès2

2020 03 26 SO Les gendarmes veillent 3

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