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Sud-Ouest du 20 mars 2020

2020 03 20 SO 372 décès

2020 03 20 SO La France suit la tendance italienne

Sud-Ouest du 20 mars 2020 

Une course contre la montre sur fond de tensions 

COVID-19 Les soignants travaillent d’arrache-pied et les essais de médicaments démarrent au plus vite. Mais la courbe épidémique s’envole

2020 03 20 coronavirusEn France, le confinement n’est pas bien respecté. AFP

Tout ce que le pays compte d’infectiologues et d’épidémiologistes le savait dès les premiers mots d’Emmanuel Macron sur le sujet, lundi soir : nous serons collectivement confinés plus de quinze jours. Hier matin au micro de France Info, Geneviève Chêne, la patronne de Santé publique France, a confessé que la prolongation serait « très vraisemblablement nécessaire». Un confinement limité à deux fois deux semaines serait une divine surprise. Car l’épidémie est maintenant lancée à grand train. 

Santé publique France n’espère pas un tassement avant deux à quatre semaines. Si l’on se compare à l’exemple chinois de la province du Hubei – le point de départ de la pandémie mondiale – l’inversion de la courbe ne se produirait pas avant la deuxième quinzaine du mois de mai, a précisé Geneviève Chêne. 

Le contexte européen n’incite pas à l’optimisme. Responsable du service des maladies infectieuses du principal hôpital de Milan, le virologue Massimo Galli estime que l’Italie ne pourra pas se libérer du virus avant trois mois révolus. Le nombre de morts y a dépassé le total chinois hier, avec 427 décès supplémentaires. L’Espagne affiche une pente épidémique encore plus raide. Le pays déplorait hier 767 morts, soit 30 % de plus en 24 heures.

Partout ou presque, les autorités martèlent que seul le confinement produira des résultats. Mais la référence à la Chine est biaisée. Les mesures imposées à la population du Hubei étaient – et restent – d’une toute autre sévérité. Outre l’interdiction stricte d’aller et venir, elles ont eu pour socle la mise en quarantaine systématique des cas positifs au Covid-19. En France, ils sont couramment renvoyés chez eux, où ils risquent de contaminer les proches dans le cercle familial, sans masque, denrée quasi-introuvable pour nombre de malades. 

La faille dans le dispositif 

Cette pénurie est tout sauf un détail dans la lutte contre la maladie. Président de la Fédération des médecins de France (FMF), l’un des principaux syndicats de médecins libéraux, Jean-Paul Hamon a haussé le ton sur le sujet. Généraliste à Clamart, en région parisienne, il a été lui-même contaminé par un patient. 

« Les pharmacies de Clamart viennent chacune de toucher deux boîtes de cinquante masques. Pas des FFP2 (les plus protecteurs, NDLR), des masques chirurgicaux, des vraies passoires. Il y a un moment où l’administration va devoir rendre des comptes sur son incurie. Les médecins libéraux ont été oubliés, méprisés », a-t-il tonné sur LCI. Résultat de cette carence, certains d’entre eux tombent malades. Et doivent cesser leur activité au pire moment. 

Face à un dysfonctionnement aussi manifeste, le gouvernement fait profil bas. Il admet « des difficultés logistiques ». Mercredi, il a annoncé la mise à disposition de cinq millions de masques présents dans les stocks de l’armée. On se demande pourquoi il a fallu attendre le 18 mars. 

Des consignes renforcées 

Ces tensions sur le strict plan sanitaire s’accompagnent d’une nette montée de la nervosité des pouvoirs publics, offusqués par le non respect des consignes. Emmanuel Macron l’a vertement souligné hier, de même que Christophe Castaner, le ministre de l’Intérieur. De nombreux maires du littoral l’ont constaté et ont pris des arrêtés municipaux d’interdiction des plages. Fabienne Buccio, la préfète de Nouvelle-Aquitaine, en a étendu le principe à tous les itinéraires girondins de promenade proches de l’eau. Quant à Nicolas Florian, le maire de Bordeaux, il a fermé les quais rive droite et rive gauche de la Garonne. 

Dans cette ambiance où l’anxiété suit le taux de remplissage des services de soins intensifs et de réanimation, les bonnes nouvelles sont assez maigres. Des essais cliniques à grande échelle devraient démarrer sur la chloroquine, un médicament utilisé contre le paludisme. Il a donné de bons résultats sur une vingtaine de patients atteints du Covid-19 à Marseille. Aux États-Unis, les autorités de santé vont également superviser des essais à base de chloroquine. 

Les équipes de recherche et les laboratoires multiplient les annonces de travaux sur des médicaments et/ou des vaccins à venir. Ces derniers jours, on a évoqué, par exemple, la course de vitesse entamée pour la mise au point du remdésivir, un antiviral du laboratoire américain Gilead. Mais chacun sait que dans le domaine pharmaceutique, il convient de ne pas brûler les étapes. 

L’Agence européenne des médicaments (EMA) a appelé la communauté scientifique à privilégier les essais comparatifs aléatoires sur de larges groupes de patients. Des milliers, comme il est d’usage pour vérifier que le bilan bénéfice/risque d’un traitement est favorable. Le Covid-19 n’est pas Ebola. Il tue une fraction minime des personnes infectées, pas 50%. Dès lors, les autorités sanitaires ne pourront courir le risque d’autoriser à la hâte des substances qui pourraient, a posteriori, se révéler pires que le mal.

2020 03 20 SP Pas de barrières mais des contrôles

2020 03 20 SO Le confinement vaut aussi pour le littoral

2020 03 20 SO Les accès aux plages verrouillés

2020 03 20 SO Les accès aux plages verrouillés2

2020 03 20 SO Une drôle de guerre

2020 03 20 SO Une drôle de guerre 2

2020 03 20 SO Les moustiques peuvent-ils transmettre le virus