Sud-Ouest du 3 mars 2020 

Comment freiner la propagation du coronavirus ? 

SANTÉ Face à l’épidémie de Covid-19, la priorité du gouvernement est de « ralentir la circulation du virus ». Mais les professionnels de santé se préparent déjà à la phase 3

comment 3 marsHier, Édouard Philippe rencontrait les professionnels de santé de l’hôpital Pellegrin, chargés de faire face au Covid-19. PHOTO THIERRY DAVID/« SUD OUEST »

«Ralentir la circulation du virus sur le territoire. » Comme l’a affirmé, hier, Édouard Philippe au CHU Pellegrin de Bordeaux, tel est désormais l’objectif du gouvernement face à l’épidémie de coronavirus. « Ralentir pour empêcher, ou au moins retarder, sa libre circulation », a-t-il ajouté. Preuve que si l’exécutif et les autorités de santé sont pleinement mobilisés, tous deux avancent sur un fil fragile. Ce que la mort, hier après-midi, d’un nouveau patient infecté dans l’Oise (lire par ailleurs) a confirmé. 

Un décès qui porte à trois le nombre de victimes du Covid-19 et surtout, installe la France comme l’un des principaux foyers en Europe. Et ce pic semble loin d’être passé. En effet, alors que l’épidémie est pour l’heure cantonnée au stade 2 dans le pays, les professionnels de santé se préparent déjà à la phase suivante : la phase 3. 

«Il faut s’y préparer» 

C’est précisément la perspective qu’a tracée, hier, le professeur du CHU de Bordeaux Denis Malvy, spécialiste mondialement reconnu en infectiologie. « On va aller vers la phase 3, a-t-il averti. Elle n’est pas plus dure, mais elle est attendue et il faut s’y préparer.» Comme il l’a expliqué, lors de la visite du Premier ministre, deux éléments caractérisent cette évolution à venir. Le premier : « Le virus circule en permanence ». Le second : «Il y a des chaînes de transmission qui ne sont plus contrôlables.» En clair, ajoute-t-il : « Ce sera une période où il y aura beaucoup de malades.» 

Conséquence, cette phase 3 demandera la mise en œuvre de nouvelles réponses. «Dans cette situation, explique le professeur Malvy, ce n’est plus la peine de maintenir de manière aussi drastique les mesures de confinement, puisque le virus circule.» Mais surtout, avec une hausse du nombre de malades, la question de leur prise en charge devra évoluer. Étant donné que le secteur hospitalier se concentrera alors sur les cas les plus graves, il ne pourra pas tout absorber. Dit autrement, cette nouvelle phase se caractérisera par l’implication du secteur libéral. 

Une unité de dépistage 

Mais pour l’heure, c’est bien l’hôpital qui est en première ligne. En fin de semaine dernière, le CHU de Bordeaux a ouvert une unité de dépistage. Une structure dirigée par le docteur Nguyen, spécialisé en infectiologie. Ici ne sont reçus que les cas possibles. Les patients ayant au préalable appelé le centre de régulation, le 15, où un premier tri est effectué. 

À ce stade, pour être considéré comme un cas potentiel, deux paramètres sont pris en compte. Le premier: avoir un lien épidémiologique, c’est-à-dire avoir séjourné dans une zone à risque ; l’Italie, la Chine, Hong-Kong, Singapour, Macao, l’Iran ou la Corée du Sud. Le deuxième : avoir des symptômes clairs, renvoyant au Covid-19. Soit, précise le docteur Nguyen : « des signes d’infection respiratoire basse ou haute, avec de la fièvre ou de la toux ou le nez qui coule. » Ces deux éléments réunis dessinent le portrait robot du patient type. Et déclenchent une convocation au centre de dépistage. 

Prélèvement 

À leur arrivée, les patients sont examinés dans l’un des trois box prévus à cet effet. Un test est alors réalisé. Une fois ce prélèvement effectué, le patient peut rentrer chez lui où il devra rester confiné en attendant son résultat d’analyse. Lequel est connu dans la journée ou le lendemain. S’il est positif, il sera hospitalisé. Mais, même lorsque le résultat est négatif, la mesure d’isolement pour 14 jours est maintenue. Dès son ouverture vendredi, cette unité de dépistage a reçu 33 personnes, autant le lendemain et 25 dimanche. 

Se laver les mains 

Hier, Édouard Philippe, qui a annoncé le déblocage de «nouveaux fonds » pour aider la recherche à trouver un vaccin, a rappelé que l’une des meilleures façons de lutter contre la propagation du virus était de « se laver les mains, au savon, toutes les heures ». S’il est aussi conseillé de ne plus se serrer la main, cela n’a pas empêché le Premier ministre de se rendre dans le service des maladies infectieuses et tropicales de l’hôpital en compagnie du ministre de la Santé, de leurs services de sécurité et d’une vingtaine de journalistes…

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