Sud-Ouest du 2 mars 2020 

Coronavirus : "On va aller vers la phase 3", prévient le professeur Malvy, expert en infectiologie

vers la phase 3Le professeur Denis Malvy, du CHU de Bordeaux, est un expert mondial en termes de maladies infectieuses à haut risque. © Crédit photo : photo Stéphane lartigue/« Sud Ouest » 

Si la priorité pour le gouvernement est de "ralentir la circulation" du coronavirus, les professionnels de santé se préparent à la phase 3. L’éclairage du professeur bordelais Denis Malvy, expert en infectiologie 

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En déplacement ce lundi matin au CHU de Bordeaux, le Premier ministre Edouard Philippe a rappelé qu’à ce stade, l’objectif du gouvernement et des autorités sanitaires était bien de "ralentir la circulation" du coronavirus. Pourtant, au cours de cette visite, le professeur Denis Malvy, expert en infectiologie, l’a reconnu : "On va aller vers la phase 3". Et les professionnels de santé anticipent déjà à ce nouveau scénario. 

1) Beaucoup plus de malades

"La phase 3 n’est pas plus dure, nuance-t-il, mais elle est attendue et il faut s’y préparer." Concrètement, comme il l’a expliqué, deux éléments principaux caractérisent la phase 3. Le premier : "Le virus circule en permanence". Le second : "Il y a des chaînes de transmission qui ne sont plus contrôlables parce qu’il y a des patients sources et contacts que l’on appelle occultes." En clair, ajoute-t-il : "Ce sera une période où il y aura beaucoup de malades". 

2) L’implication du secteur libéral 

Conséquence, cette phase 3 impliquera une nouvelle organisation. "Dans cette situation, explique-t-il, ce n’est plus la peine de maintenir d’une manière aussi drastique les mesures de confinement et de précaution puisque le virus circule." Mais surtout, avec une augmentation du nombre de malades, c’est surtout la question de leur prise en charge qui devra évoluer. Etant donné que le secteur hospitalier ne pourra pas tout absorber, se concentrant sur les cas les plus graves, cette phase 3 devrait se caractériser par l’implication du secteur libéral. 

3 ) Le CHU de Bordeaux en première ligne 

En attendant, le CHU de Bordeaux reste en première ligne. Avec à disposition 6 chambres à pression négative. C’est-à-dire six chambres équipées d’un système de filtration d’air. Une capacité d’accueil qui pourra être étendue si besoin, comme l’a précisé le professeur Malvy, à "deux fois onze chambres simples". Sachant que 12 à 15 lits supplémentaires pourraient également être mobilisés.