Sud-Ouest du 25 janvier 2020 

Virus : trois cas en France 

BORDEAUX Un patient est hospitalisé en chambre d’isolement au CHU depuis jeudi, il souffre du coronavirus chinois. Deux autres cas ont été détectés en France. Ce sont les trois premiers en Europe

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Il a fallu attendre la fin de la journée hier soir, pour connaître le diagnostic du patient conduit, jeudi après-midi, au quatrième étage de l’hôpital Pellegrin de Bordeaux (CHU), au sein de l’unité maladies infectieuses à haut risque. Il est bien atteint du coronavirus chinois. Il a 48 ans, rentre de Chine et a été en contact avec une dizaine de personnes depuis son retour en France, le 22 janvier. 

C’est la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, qui a confirmé le cas bordelais, ainsi que deux autres en France hier soir. « Nous sommes en train de remonter l’histoire de ces patients positifs de façon à rentrer en contact avec les personnes qu’ils ont croisées », a-t-elle expliqué, lors d’un point presse, notant que la période d’incubation était probablement « autour de sept jours, entre deux et douze jours.» 

« Nous avons aujourd’hui les premiers cas européens, probablement parce que nous avons mis au point le test très rapidement et que nous sommes capables de les identifier», a-t-elle ajouté. « Il faut traiter une épidémie comme on traite un incendie, très vite repérer la source » et le « circonscrire le plus vite possible » a-t-elle encore déclaré. 

Pris en charge à Pellegrin 

Face à cette suspicion de cas hier, le CHU de Bordeaux, tout comme l’Agence régionale de santé de Nouvelle-Aquitaine et les médecins hospitaliers, ont eu ordre de ne rien dire. Ce que n’a pas fait SOS médecins de Bordeaux. Ce sont eux qui ont révélé l’exfiltration sanitaire d’un patient soupçonné d’être atteint par le virus chinois, depuis leur cabinet en ville, vers l’hôpital. « Jeudi, un médecin de SOS Médecins Bordeaux, au centre de consultation, reçoit un patient pour fièvre et toux. » Le patient déclare avoir séjourné en Chine, dont il est originaire, et plus particulièrement à Wuhan, d’où est parti le virus. 

L’alerte sanitaire est lancée en mode « Urgence absolue », le patient est masqué, le centre de consultation placé en isolement. Personne ne rentre. Le Samu 33 est alerté et chaque geste coordonné entre les deux équipes de médecins, ceux de la ville et ceux de l’hôpital. « Extraction du patient par une voie dédiée – porte de derrière – afin qu’il ne croise aucun autre patient, transport dans un véhicule adapté jusqu’à Pellegrin, où il est, en toute sécurité, installé dans une chambre d’isolement. » Puis, dans ce centre de consultation de SOS Médecins, le cabinet qui a accueilli le patient suspect est totalement désinfecté. 

Bientôt un test de dépistage 

À l’hôpital, silence. Rien ne doit filtrer. Et ce, malgré la panique des réseaux sociaux, car il est clair que ce patient s’est déplacé librement et n’a jamais été détecté, avant cette prise en charge adaptée par SOS Médecins puis le CHU. Légitimement, les internautes se questionnent sur le fait qu’il a peutêtre contaminé d’autres personnes sur son passage, dans l’hypothèse, évidemment, où il est réellement atteint du coronavirus 2019-nCov… 

Au ministère de la Santé, le responsable de la cellule de crise coronavirus indique que d’autres cas « suspects » seraient en cours d’analyse ailleurs qu’à Bordeaux. En attendant, le maire de Bordeaux, Nicolas Florian, a indiqué qu’il était « en contact étroit avec les équipes de Mme la préfète et des autorités sanitaires ». Il se dit « prêt à prendre toutes les mesures qui s’imposeraient dans la ville, même si pour l’instant il n’y a aucune raison de s’alarmer». 

Appeler le 15 

Agnès Buzyn a expliqué qu’il n’était pas possible de contrôler les « multiples voies » pour revenir de Chine : «On voit bien la difficulté dans un monde comme le nôtre de fermer les frontières, ça n’est en réalité pas possible […] Pour les voyageurs qui rentrent de Chine, il est important de se surveiller, et au moindre signe respiratoire ou si on a de la fièvre, il ne faut pas aller aux urgences, il faut appeler le centre 15 qui vient chercher le patient», a-t-elle insisté.

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