Sud-Ouest du 10 janvier 2020 

Feux de forêt : pourquoi les Landes sont à l’abri du cauchemar australien

pourquoi les LandesEn septembre 2010, un incendie avait ravagé 180 hectares à Sanguinet. Un feu majeur de la dernière décennie à l'échelle des Landes, mais minime au regard du cauchemar australien. ARCHIVES DAVID LE D"ODIC 

Végétation, utilisation, prévention… Le massif forestier landais est surveillé comme le lait sur le feu pour éviter une catastrophe. 

Le colonel Éric Duverger, directeur du Service départemental d’incendie et de secours des Landes (Sdis 40), revient sur les incendies qui embrasent depuis trois mois l’Australie. Dans sa carrière, ce soldat du feu a eu l’occasion de travailler avec ses homologues et notamment des gestionnaires de risques. Le parallèle avec les Landes, le plus gros massif continu d’Europe occidentale, lui semble compliqué à faire. 

1 – Le couvert végétal n’est pas le même 

« Nous ne sommes pas du tout sur les mêmes paysages. Le couvert végétal est totalement différent. Notre massif des Landes fait 1,1 million d’hectares. Autour, on a l’océan sur tout un côté et des vignes. Il s’agit de zones pyrorésistantes. Une grande partie du territoire australien est recouverte d’une interface forêt bush qui explique en partie l’étendue de leurs incendies. La végétation n’est pas la même. Les Australiens ont beaucoup d’eucalyptus, dont les essences provoquent d’importantes flammes et sont très propagatrices d’incendies. Heureusement pour nous, cette végétation n’est pas adaptée au terrain landais. » 

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Éric Duverger a eu l’occasion de collaborer avec ses homologues australiens. CRÉDIT PHOTO : ARCHIVES PASCAL BATS /« SUD OUEST »

2 – L’entretien d’une forêt de production 

« De par notre étendue, nous ne sommes pas à l’abri d’un grand feu. Mais nous avons des règles fixées en collaboration avec la Défense des forêts contre l’incendie (DFCI) : des pistes émaillent la forêt, des moyens humains sont répartis en nombre. Il y a un gros travail de débroussaillement et divers aménagements dans la forêt. Autant d’éléments qui évitent qu’on ait des feux de ce type-là. Le fait d’avoir une forêt de production, de rapport, change la donne. Les espaces sont entretenus, ce qui n’est pas forcément le cas des forêts qui brûlent actuellement en Australie. » 

3 – S’attaquer aux feux naissants 

« Nous avons une organisation opérationnelle qui vise surtout à attaquer les feux naissants. Notre détection automatique, répartie sur toute la forêt landaise, fait qu’on travaille sur un engagement important de moyens, surtout en début de feu. Notre but est qu’un feu reste petit pour éviter d’arriver à des dimensions qui ne sont plus gérables. » 

4 – Évaluer la situation 

« À ma connaissance, cinq officiers supérieurs ont quitté, mardi soir, la France pour l’Australie. Le but de ce détachement est d’évaluer la situation et de proposer un soutien technique par rapport aux méthodes opérationnelles françaises. Ils ont besoin de matériel adapté mais envoyer cela à 20 000 kilomètres ne s’improvise pas. Par la mer, c’est quarante-cinq jours.