Sud-Ouest du 15 novembre 2019 

« On est comme à l’usine, mais avec des gens… »

on est comme à l'usineLes grévistes n’ont débrayé qu’une heure hier, une grève d’une journée ferait trop perdre en salaire PHOTO D. P. 

Les personnels des urgences de l’hôpital ont débrayé une heure, hier midi, pour protester contre le manque de moyens humains. 

Hier, à 13 heures, les personnels des urgences (et d’autres services) quittent le bâtiment pour débrayer une heure. Ces salariés, réunis à l’appel de la CGT et de FO, expliquent « qu’à bout de souffle, ils rejoignent le mouvement national ». Il y a 36 grévistes sur le site disent les syndicats.

Ils sont en colère et ils expliquent pourquoi : « Les gens pensent que c’est moins dur à Arcachon mais c’est faux. Le sous-effectif est criant aussi ici. » Les grévistes donnent des exemples : « En temps normal, il y a cinq infirmières et une aide-soignante aux urgences. Si quelqu’un est en arrêt et que l’infirmière du Smur (Service mobile d’urgence et de réanimation) part en intervention, il n’y a plus qu’une seule infirmière en poste pour soigner les patients. Les arrêts de travail ne sont quasiment plus remplacés. On nous rappelle pour venir travailler pendant nos congés au moins une fois par mois. » 

« La sécurité des patients » 

Les urgences du Pôle de santé, conçue pour 20 000 passages par an, en ont compté 33 879 en 2018. Un projet de restructuration est à l’étude. « C’est bien, mais il faut surtout du personnel en face. » Des offres d’emploi sont affichées mais « on ne voit pas le nouveau personnel arriver. Ce n’est pas attractif. Après trois ans d’études, une infirmière débute à 1 400 euros nets par mois, sans treizième mois, 300 euros de moins que dans le privé. Au bout de dix ans, vous êtes à 1800 euros. » 

Au-delà, c’est malgré tout le manque de personnel qui pose problème : « C’est comme à l’usine, mais avec des gens. Des patients peuvent rester jusqu’à 72 heures sur un brancard, dans les couloirs des urgences. Parce qu’il n’y a pas assez de monde, il y a un manque de surveillance et de soin. On touche à la sécurité des patients. » Les grévistes ont des tas d’exemples à donner. Et leur direction est au courant puisque les délégués du personnel le disent depuis longtemps…