Sud-Ouest du 31 octobre 2019 

Gérard Larrue, défenseur de la forêt médocaine 

PARC NATUREL RÉGIONAL Le PNR Médoc s’est doté d’un ambassadeur pour la forêt. Gérard Larrue, retraité de la Chambre d’agriculture, est plus que jamais investi dans la filière

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Pianais issu d’une famille pianaise depuis 1840, grands parents et arrière-grands-parents forestiers (agriculteur, sylviculteur et résinier), considéré comme un expert de la sylviculture, Gérard Larrue, 68 ans, a été nommé ambassadeur de la forêt pour le Parc naturel régional (PNR) du Médoc. 

L’homme a baigné dans le domaine au point de choisir d’y travailler après un service militaire dans l’infanterie en Allemagne, membre de l’équipe de cross régimentaire. Fonctionnaire de la forêt pour mettre en œuvre le plan national (subventions et réglementation), Gérard Larrue entre à la Chambre d’agriculture comme conseiller forestier pour accompagner les propriétaires dans la gestion technique, administrative et financière, après la tempête de 1999. 

La forêt toujours marquée 

« C’est la première fois que l’on voyait une telle catastrophe, 10 millions de mètres cubes à terre soit dix ans de récolte! Et 95% du massif forestier médocain anéanti. Vingt ans plus tard, il y a encore des chablis sur des parcelles non exploitées. On le voit lors des incendies, ce sont des obstacles importants qui empêchent la lutte ». 

Ce professionnel sait de quoi il parle. « La tempête de 2009 a fait deux fois plus de dégâts que celle de 1999, notamment dans le massif landais. Après ces tempêtes, l’État a mis des moyens importants pour le reboisement et ainsi reconstruire notre forêt de pins maritimes. Aujourd’hui, nous effectuons les premières éclaircies de ce reboisement ! Ces événements climatiques ont eu pour effet de faire doubler le prix du bois d’énergie.»

Incendies d’origine humaine 

Aujourd’hui à la retraite, Gérard Larrue, conseiller municipal du Pian-Médoc, poursuit son activité personnelle de sylviculteur dans sa propre forêt de 20 hectares, héritage familial. Président de l’Association du reboisement des forêts pianaises, il est aussi délégué communal pour Le Pian et Macau au Syndicat des sylviculteurs, assumant toujours la présidence de la Défense des forêts contre l’incendie (DFCI) Le Pian-Macau (soit 2 000 et 200 hectares de forêt). «14% seulement des feux de forêt sont d’origine naturelle, les autres, accidentels ou pas, sont d’origine humaine.»

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Lutte contre les incivilités 

Dans le cadre de ses fonctions d’ambassadeur, Gérard Larrue s’est donné pour objectif «l’arrêt des incivilités dans la forêt privée, la lutte contre les dépôts d’ordures sauvages et contre l’intrusion des VTT... Ce sont des néo-ruraux qui ouvrent des chemins sur Facebook. Ils ignorent tout de notre milieu. Il faut que cela cesse. La police communautaire devrait sanctionner.» 

Qui dit forêt, dit également champignons et chasse. Mycosylviculteur, Gérard Larrue est membre des producteurs de Gironde de cèpes et champignons. Il est également chasseur, et défend le plan chasse du préfet, qui prévoit des prélèvements réguliers. «C’est une mission de service public confiée aux chasseurs afin de réguler les populations. Justement, j’attends du PNR de faire travailler les gens ensemble, qu’ils soient sylviculteurs, randonneurs, chasseurs, ramasseurs de champignons… Il faut parler ici de la biodiversité très riche en dessous des pins maritimes, mais on ne la voit pas : oiseaux, insectes, papillons, chenilles processionnaires… » Une forêt complexe et passionnante pour Gérard Larrue, qui la connaît comme sa poche.

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