Sud-Ouest du 17 octobre 2019

2019 10 17 SO Surveillance des plages hors saison

Sud-Ouest du 17 octobre 2019

Les pistes pour sécuriser la baignade hors saison 

CARCANS Trois nageurs sont décédés la semaine dernière dans le Médoc. Après ces accidents, les communes réclament plus de moyens pour surveiller les plages après l’été

surveillance des plages 17

L’arrière-saison est devenue une période de stress pour les maires de la communauté de communes (CdC) Médoc Atlantique, à Hourtin, à Lacanau et à Carcans. «Il fait beau de plus en plus tard, les gens ont envie de se mettre à l’eau mais la baignade n’est plus surveillée», résume Patrick Meiffren, le maire de Carcans. Après l’été, jusqu’au 22 septembre à Lacanau, les 125 maîtres nageurs quittent les plages de la CdC et les accidents sont en hausse (trois accidents mortels cette année contre un seul l’année dernière après l’été). 

La semaine dernière, malgré les panneaux de prévention à l’entrée des plages, trois personnes se sont noyées entre Carcans et Grayan-et-l’Hôpital. Comme ce baigneur de 64 ans, originaire de la région, emporté par les vagues alors qu’il profitait de la plage de l’Alexandre entre Carcans et Lacanau. « On redoute de nouveaux drames mais on n’a pas les moyens de surveiller la baignade toute l’année», avoue le maire de Carcans, notamment lors des vacances de la Toussaint. Patrick Meiffren réclame donc l’aide, au département ou à la métropole Bordelaise. Lacanau, de son côté, réfléchit à élargir sa surveillance de la baignade jusqu’en octobre. 

Surveillance allongée 

« Avec le réchauffement climatique, on pense à l’allonger la surveillance des plages », assure Hervé Cazenave, adjoint au maire de Lacanau. Mais rien qu’au Sud de la CdC, Hourtin, Lacanau et Carcans, le coût des sauveteurs durant l’été est évalué à 1,2 million d’euros. Et le prix de l’allongement de cette surveillance l’automne serait très élevé. Sans compter le matériel : c’est au moins « 2 000 euros pour payer cinq sauveteurs chaque week-end sur la commune», comptabilise Hervé Cazenave, adjoint au maire de Lacanau. 

Autre piste, une surveillance partielle, avec une zone de baignade unique par commune. Mais la logistique «des jet-skis, des saisonniers et des logements sera compliquée à mettre en route », reconnaît Frédéric Boudeau. Le directeur de la CdC estime qu’un « système de réservistes hors saison est à étudier ». Professeurs d’EPS, surfeurs, pompiers pourraient être de garde pour secourir les baigneurs après l’été. 

Depuis les derniers accidents, Patrick Meiffren réfléchit aussi « engager des employés municipaux avec un brevet de secouriste », pour se poster sur les plages week-end et jour férié. Problème : qui va payer ? 

Hors saison, «les touristes viennent de Paris ou de Bordeaux», explique Hervé Cazenave, adjoint au maire de Lacanau. Pour financer plus longtemps la surveillance des «plages bordelaises », Patrick Meiffren espère que la Métropole mettra la main au portefeuille. Sinon ce sera au Département et aux Communautés de communes de payer. 

Prévention accrue 

Mais la surveillance, même hors saison, n’exclut pas les accidents. Car «les incidents se produisent le plus souvent en dehors des zones surveillées », assure Frédéric Boudeau. Le week-end dernier, les deux noyés se sont baignés soit à plusieurs kilomètres des zones surveillées l’été, soit après 20 heures. 

Pour les maires, il y a donc un important travail pédagogique à mener «auprès des riverains, mais aussi des nouveaux habitants de Bordeaux, qui ignorent les dangers de l’océan », explique Hervé Cazenave. Peut-être «que la prévention peut aussi être menée dans la Métropole Bordelaise », conclut Patrick Meiffren, le maire de Carcans.

2019 10 17 SO Le case-tête de la surveillance des plages