Dans l'article ci-dessous un sapeur-pompier déclare : "Les délais s'allongent et les réponses opérationnelles ne sont pas adéquates. Par exemple, la caserne d'un centre est obligée d'être renforcée par une ou deux casernes pour assurer une ambulance, parce qu'il n'y a qu'un seul pompier dans la caserne."

C'est exactement ce que Gironde Vigilante dénonce depuis plus de douze années.

Les professionnels en activité auront-ils plus d'écoute que notre association ? Ne faudrait-il pas que la population, prenne, elle-aussi, ce problème à bras le corps pour que la situation bouge car n'oublions pas que ce sont nos vies, nos biens, nos forêts qui sont en danger !

Franceinfo du 16 octobre 2019 

"On en a ras-le-bol de sortir pour tout et n'importe quoi" : à Paris, les pompiers dans la rue pour dénoncer leurs mauvaises conditions de travail 

Les sapeurs-pompiers, qui ont manifesté mardi, demandent toujours une revalorisation salariale, le maintien de leur retraite et un numéro de téléphone d'urgence unique.

on en a ras le bolDes pompiers manifestent à Paris, le 15 octobre. (MATHIAS ZWICK / HANS LUCAS) 

"Nous avons décidé de poursuivre le mouvement de grève pendant les deux mois qui suivent", annonce au mégaphone l'un des porte-paroles des sapeurs-pompiers. La délégation reçue mardi 15 octobre au ministère de l'Intérieur est ressortie les mains vides. Pour crier leur colère, les pompiers ont donc voulu se rendre sur le périphérique, mais ils en ont été empêchés par les forces de l'ordre à coups de grenades de désencerclement et de lacrymogène. Ils n'ont pas pu aller plus loin que la place de la Nation. 

Mais la colère est intacte, comme pour Julien, pompier en Dordogne, le fonctionnement de sa caserne est devenu très problématique au quotidien. "On n'a pas assez de pompiers professionnels dans les casernes, on est obligés de solliciter des pompiers volontaires. Les délais s'allongent et les réponses opérationnelles ne sont pas adéquates. Par exemple, la caserne d'un centre est obligée d'être renforcée par une ou deux casernes pour assurer une ambulance, parce qu'il n'y a qu'un seul pompier dans la caserne." 

Une fonction publique "laissée à l'abandon" 

Les pompiers sont venus de partout pour manifester. Cinq bus ont par exemple été affrétés depuis le Pas-de-Calais. Parmi les voyageurs, deux pompiers dénoncent les agressions dont ils sont victimes au quotidien. "On est appelés pour du secours à la personne et en arrivant sur place, la personne sort un cutter. Avec l'effet de surprise, on essaie de le maîtriser mais on aurait pu se faire transpercer."

Son collègue déplore le manque de reconnaissance"Toute la fonction publique est laissée à l’abandon, que cela soit les sapeurs-pompiers, la police, l’hôpital… Aujourd’hui, on est là pour sauver le peu de services qu'il nous reste en France."  Les pompiers dénoncent un manque de reconnaissance, une surcharge de travail, des appels pris par le Samu qui sont renvoyés au 18... La profession réclame donc un numéro unique d'urgence, mais surtout une revalorisation salariale. Un pompier débutant gagne environ 1 500 euros bruts par mois. Le montant de la prime de feu par exemple n'a pas bougé depuis 1991. 

Six personnes interpellées 

Les manifestants ont l'impression de ne plus pouvoir exercer le cœur de leur métier, leur passion. "On en a un peu ras-le-bol de sortir pour tout et n'importe quoi : un mal de gorge, de dos... On est tout le temps dehors, donc on ne peut plus s'entraîner, manœuvrer, faire du sport... Cela met à la fois en péril notre activité et la population qu'on doit aider", indique un pompier. 

« Si j'avais un membre du gouvernement devant moi, je lui dirais de venir faire une garde de douze heures avec nous pour qu'il voie un peu la réalité du terrain. Peut-être que ça le ferait changer d'avis... »Un pompier à franceinfo 

Des tensions ont émaillé la fin du rassemblement. Les manifestants ont notamment été dispersés avec des canons à eau. Six personnes ont été interpellées pour "violences et jets de projectiles", trois membres des forces de l'ordre ont aussi été blessés.