Sud-Ouest du 4 octobre 2019 

L’alerte nucléaire présentée au public

l'alerte nucléaireLes autorités ont répondu aux questions du public mardi soir à Saint-Martin-Lacaussade. PHOTO P.L. 

Les services de la préfecture ont initié une discussion autour de la campagne de distribution de comprimés d’iode dans un rayon de 20 kilomètres de la centrale de Braud. 

« Alerte nucléaire, je sais quoi faire ! ». Ce sont ces mots qui accompagnent désormais le lancement de la campagne complémentaire de distribution de comprimés d’iode stable autour de la centrale nucléaire du Blayais. Suivant la dernière décision du gouvernement qui remonte au mois de juin, l’extension de 10 à 20 kilomètres du rayon du Plan particulier d’intervention vise à organiser au mieux la réponse des pouvoirs publics ainsi qu’à sensibiliser et préparer la population à réagir en cas d’alerte nucléaire en provenance de la centrale du Blayais. 

Des modalités précises permettent désormais aux habitants d’aller retirer des comprimés d’iode en pharmacie, à titre préventif. Au total, ce sont 60 000 personnes qui sont concernées et 116 établissements recevant du public. On inclut notamment les écoles. 

Priorité à la sûreté 

Pour expliquer et répondre aux questions du public, une réunion s’est tenue mardi soir à la salle Jacques-Narbonne à Saint-Martin-Lacaussade autour de Nadine Delattre, sous-préfète de l’arrondissement de Blaye et en présence des différents représentants de services et autorités compétentes. Dans le public, 90 personnes ont pu poser toutes les questions à travers des temps d’échanges. Un militant antinucléaire en a profité pour rappeler les conséquences des catastrophes nucléaires de Tchernobyl et Fukushima. 

Severin Buresi, directeur de la centrale à Braud-et-Saint-Louis a tenu à rappeler que « la sécurité et la sûreté étaient des préoccupations permanentes tant au niveau des installations avec des travaux de “confortement”, mais aussi sur les évolutions des matériels et des organisations et jusqu’à l’anticipation des crises ».

À son tour, Bertrand Fremaux, directeur adjoint de l’Autorité de sûreté nucléaire pour la division de Bordeaux, n’a pas manqué d’expliquer son rôle : « Nous sommes là pour nous assurer que l’exploitant respecte les règles d’exploitation, en faisant des inspections, des contrôles et des analyses d’incidents. On le sait aujourd’hui, l’ASN a conclu à un niveau de sûreté satisfaisant pour l’année 2018, même si elle a mis à l’instruction l’affaire des soudures des générateurs de vapeur et devra émettre un avis sur le redémarrage du réacteur n°4 et un éventuel contrôle approfondi sur le réacteur n°3. » Mais c’est surtout l’exposé de Laurent Castagna, chef du service interministériel de défense et de protection civile à la préfecture qui a retenu particulièrement l’attention au moment de présenter les actions de protection en cas d’incident nucléaire. Sans verser dans le catastrophisme, il a expliqué que « les règles de sécurité autour d’un Plan particulier d’intervention pour une centrale nucléaire sont les mêmes qui s’appliquent autour d’un site classé Seveso ». 

Les bons réflexes 

Dans tous les cas, rien ne saurait être enclenché sans avoir reçu un signal d’alerte de la sirène ou bien sans avoir reçu d’alerte sur son téléphone. Et c’est sous l’autorité de la préfecture que sont données les consignes à suivre. « Six grands réflexes sont à retenir en cas d’alerte : on se met rapidement à l’abri dans un bâtiment, on se tient informé, on ne va pas chercher ses enfants à l’école, étant eux-mêmes placés sous protection, on limite ses communications téléphoniques, on prend de l’iode dès qu’on en reçoit l’instruction et on se prépare à une éventuelle évacuation. » Ce dont les personnes présentes à la réunion ont pris bonne note, tout comme Florion Guillaud, administrateur de la Commission locale d’information nucléaire qui constitue une structure d’échange et d’information pour les citoyens. 

Restait à Bernard Landry, médecin du travail de la Centrale nucléaire, et Patrice Dubreil, directeur de la délégation départementale de l’Agence régionale de la santé, à décrire les composantes d’un comprimé d’iode qui permettent de protéger la glande thyroïde contre une contamination radioactive.