Sud-Ouest du 29 septembre 2019 

Les pompiers s’impatientent 

SAINT-LOUBÈS La grève en cours était au cœur de leur congrès annuel, hier

les pompiers s'impatientent

Débuté voilà trois mois, le mouvement social national qui secoue le corps des pompiers ne faiblit pas. Hier, la colère des soldats du feu qui dénoncent une dégradation de leurs conditions de travail, l’augmentation des agressions et réclament des revalorisations salariales, s’est retrouvée au centre des prises de parole du congrès annuel de l’Union départementale des sapeurs pompiers de Gironde, à Saint-Loubès. «Maintenant, il faut des actes », a martelé David Brunner, son président, devant une salle comble dans laquelle avaient pris place des officiels dont le président du Département et du conseil d’administration du Service départemental d’incendie et de secours (Sdis), Jean-Luc Gleyze, des parlementaires et la directrice de cabinet de la préfète, Angélique Rocher-Bedjoudjou. 

«Rien ou pas grand-chose» 

Car les pompiers s’impatientent. Ils attendent des actes de l’État. Ils espéraient des réponses du ministre de l’Intérieur à leur congrès annuel, la semaine dernière, à Vannes, mais «rien ou pas grand-chose» n’est ressorti de sa venue, a pointé David Brunner, et «la déception » ne fait qu’amplifier. 

Cela d’autant que la pression croît sur les soldats du feu. En 2019, année marquée notamment par le mouvement des gilets jaunes et deux incendies d’ampleur en Gironde – celui du parking Salinières et celui de la rue Ferrère, à Bordeaux – un nouveau record devrait être atteint dans notre département avec 140 000 interventions des pompiers. « Certaines ne relèvent pas du cœur de leur métier. Nous en avons comptabilisé 30 000 liées au problème des carences ambulancières », a souligné Jean-Luc Gleyze qui a mis en place des groupes de travail au sein du Sdis sur le problème des agressions, entre autres. 

Après deux ans de négociations, il vient d’obtenir que la Métropole bordelaise accepte d’augmenter sa participation au financement du Sdis. « Mais cette solution n’est que temporaire. Une modification de la loi sur le financement des Sdis est nécessaire », a-t-il lancé aux parlementaires présents. La directrice de cabinet de la préfète a, elle, annoncé qu’un travail est en cours pour diminuer le temps d’attente des pompiers aux urgences. Il peut monter jusqu’à trois heures !