2019 09 28 SO Les pompiers sous pression

2019 09 28 SO Les pompiers sous pression2

Dans l'article consacré à Carcans, il est mentionné que son centre de secours dispose de 19 sapeurs-pompiers professionnels... La commune serait enchantée si c'était le cas, mais au contraire, elle ne bénéficie plus de professionnels une grande partie de l'année au profit d'Hourtin.

Sud-Ouest du 28 septembre 2019 

Pompiers : du mieux côté finances 

SÉCURITÉ Département, Métropole et les intercommunalités ont trouvé un accord

pompiers28 3On franchira peut-être la barre des 140 000 interventions cette année, un record. ARCHIVES THIERRY DAVID

Il y aura au moins une bonne nouvelle ce samedi au congrès des sapeurs-pompiers de la Gironde, qui se tient à Saint-Loubès, dans la banlieue rive droite de Bordeaux. L’ambiance est morose au Service départemental d’incendie et de secours (Sdis), qui est en grève depuis plusieurs semaines, en Gironde comme sur le plan national. Mais le président du Sdis, Jean-Luc Gleyze, par ailleurs président du Conseil départemental, apporte de quoi mettre du baume au cœur des soldats du feu: la fin du conflit entre le Département et les autres collectivités sur le financement du service. Une question qui empoisonne le climat autour des pompiers depuis des années. 

Une bouffée d’oxygène 

Un accord vient donc d’être trouvé entre le Conseil départemental et les intercommunalités. Il assure une participation financière des intercommunalités, à commencer par la première d’entre elles, Bordeaux Métropole, à la hauteur des besoins. Et ce sur les exercices 2019 et 2020. 

C’est une bouffée d’oxygène pour le Sdis, dans un département où le nombre de sorties des pompiers explose (voir infographie ci-dessous). On est passé de 100 462 interventions en 2009 à 129 846 l’an dernier. Et le Sdis pourrait passer la barre des 140 000 sorties cette année. «Alors que la Gironde accueille chaque année près de 20 000 nouveaux habitants et de nouvelles activités, les sapeurs-pompiers sont soumis à une hausse exponentielle des sollicitations », indique le Conseil départemental. 

Or, depuis une loi de 2002, le Sdis est plombé par un mode de financement qui ne tient pas compte de l’évolution de la démographie. Depuis dix-sept ans, la part du financement assuré par les intercommunalités n’a pas été réévaluée à la hauteur de la croissance de la population. Et c’est le Conseil départemental qui bouchait les trous. Depuis 2017, son président a engagé un double bras de fer, avec les intercommunalités d’un côté, avec la préfecture de l’autre. Car, c’est une autre particularité de l’univers des pompiers : le financement relève du Conseil départemental, mais le commandement des forces opérationnelles sur le terrain est du ressort de la préfecture. 

Renforts extérieurs 

«J’ai indiqué à plusieurs reprises à la préfète que, faute de moyens suffisants en hommes et matériel, elle pourrait se trouver en difficulté un jour dans le commandement des forces opérationnelles. L’État devrait être très attentif à la réalité de ce qui se passe dans ce département », souligne Jean-Luc Gleyze. Le manque de moyens n’est pas un mythe. Lors du gros incendie du parking souterrain des Salinières, à Bordeaux, faute de moyens suffisants, des casernes extérieures à l’agglomération ont été appelées en renfort. 

L’autre bras de fer était surtout engagé avec la Métropole, qui représente l’essentiel de la hausse du nombre d’interventions. Pendant des années, ce qui était la Communauté urbaine de Bordeaux s’en tenait au texte de la loi pour sa participation financière, même si sa population était en forte hausse. En 2017, Jean-Luc Gleyze est parvenu à obtenir d’Alain Juppé, alors président de la Métropole, une révision du mode de financement. Malheureusement, ces efforts ont failli être ruinés par le « pacte de Cahors ». Soit l’obligation pour les collectivités de contenir à 1,2 % la croissance de leurs dépenses de fonctionnement, sous peine de sanctions imposées par Paris. 

Augmenter sa participation au financement du Sdis risquait d’empêcher le respect du pacte de Cahors. C’est ce qui a retardé de deux ans la révision du financement aujourd’hui actée. Il était temps. Le Sdis a un besoin urgent de recruter 120 pompiers supplémentaires. Embauches qui avaient été gelées faute de financement. 

Urgence matérielle également. Jeudi, l’achat d’un camion avec un bras articulé de 60 mètres, dédié aux nouveaux quartiers de Bordeaux, est passé in extremis en commission d’appel d’offres du Département. Il manquait l’engagement formel de la Métropole sur le financement. La lettre d’engagement est arrivée une minute avant la clôture de la commission. Le camion a été commandé, un bijou à 1 million d’euros…

pompiers28 4

pompiers28 5

Sud-Ouest du 28 septembre 2019 

« Nous sommes incompris » 

TÉMOIGNAGE Les sapeurs-pompiers locaux alerteront une nouvelle fois les élus et l’État de leur situation ce samedi

nous sommes incompris

L’Union départementale des sapeurs-pompiers de la Gironde tient son congrès annuel ce samedi à la Coupole à Saint-Loubès. La structure, apolitique, regroupe environ 5 000 adhérents volontaires et professionnels dans le département. Le commandant David Brunner, président de l’union départementale, aborde l’événement dans un contexte particulier. 

Les sapeurs-pompiers de la Gironde, comme partout sur le territoire français, sont en grève depuis juillet pour alerter l’opinion et les pouvoirs publics de leur manque de moyens, de leur « sursollicitation» et du nombre croissant d’agressions. Ils revendiquent aussi une revalorisation salariale. 

Volontaires sursollicités 

« Nous étions réunis la semaine dernière en congrès national à Vannes. On attendait des annonces du gouvernement. Nous n’avons presque rien obtenu », commente David Brunner. 

En Gironde, le commandant pointe un nombre croissant de sapeurs-pompiers volontaires qui jettent l’éponge. «Ils sont sursollicités. On leur prend tous leurs week-ends, beaucoup d’heures. Les vocations s’érodent.» 

Le président de l’union départementale estime que le système de sécurité civile est aujourd’hui fragilisé en France. «Les assistances à personne explosent, le Samu se reporte sur nous pour ses interventions. Les urgences souffrent elles aussi. Nous attendons parfois plusieurs heures devant les hôpitaux avant que les personnes que nous transportons soient prises en charge. » Des pertes de temps précieux selon lui. 

Appel au Président Macron 

Concernant les agressions, David Brunner estime que les caméras ne résolvent pas tout. « Pourquoi des personnes que nous sommes censés protéger s’en prennent à nous ? Il faut trouver des solutions face à cela. Ne pas tolérer ce sentiment d’impunité.» 

La semaine dernière, en congrès, les sapeurs-pompiers se sont sentis «incompris », dit-il. «Quelle vision a finalement l’État de notre sécurité civile ? » 

La grève des sapeurs-pompiers (soumis à un dispositif d’astreinte) dure depuis trois mois maintenant. Sans résultat, selon lui. «Notre seul soutien, c’est le Département. Mais il n’a pas toutes les solutions. Nous en appelons désormais au président de la République.» 

Sud-Ouest du 28 septembre 2019 

Carcans : Le centre de secours recrute des volontaires

carcans 28 

Vivre un engagement citoyen, adhérer à des valeurs essentielles, s’investir sur son temps libre et exercer une activité valorisée, tel est le sens d’un engagement au sein des sapeurs-pompiers volontaires (SPV). 

C’est aussi une véritable formation qualifiante qui permet un gain de compétence. Celle-ci comprend : une formation initiale adaptée aux missions confiées aux SPV; une formation continue destinée au maintien et au perfectionnement des aptitudes; une formation de spécialités (conduite, feux de forêt…) 

Disponibilité 

L’activité de sapeur-pompier volontaire répond aux impératifs de l’établissement ainsi qu’à la disponibilité de l’agent, mais également en fonction de l’activité opérationnelle de centre d’incendie et de secours, celle-ci s’exerce sous deux formes : l’astreinte ou la garde casernée. 

Le Service départemental d’incendie et de secours (Sdis) peut aussi signer, à la demande du SPV, des conventions de disponibilité avec son employeur: soit une convention formation, qui consiste à suivre une formation sur son temps de travail, en accord avec son employeur; soit une convention de sécurité civile qui, sous réserve d’exercer son emploi à proximité du centre de secours, permet au sapeur-pompier volontaire d’effectuer des astreintes opérationnelles sur son temps de travail et selon certaines conditions. 

L’employeur de SPV a droit à un abattement sur la prime d’assurance au titre de contrats garantissant les dommages incendies. L’employeur qui maintient la rémunération du SPV, dans le cadre d’une convention peut demander à percevoir les indemnités du volontaire, qui sont exonérées d’impôts et de cotisations. 

Conditions d’engagement 

Il faut, pour faire acte de candidature, avoir entre 18 ans et 60 ans, jouir de ses droits civiques, se trouver en position régulière au regard des dispositions du service national, enfin, avoir une aptitude physique et médicale en lien avec les missions confiées. Si l’on répond à ces critères de sélections, il est alors possible de rejoindre les 25 sapeurs-pompiers volontaires et les 19 sapeurs-pompiers professionnels du centre de secours de Carcans, lesquels avaient à leur actif en 2018, 514 interventions. 

Renseignements tél. 0556033949 ou 0556091761. Demande écrite: service départemental d’incendie et de secours de la Gironde, 22, boulevard Pierre-1er , 33081 Bordeaux Cedex.

Sud-Ouest du 28 septembre 2019 

Les pompiers à la manœuvre

pompiers à la manoeuvreDes pompiers à entraînement. PHOTO C. E. 

Tous les mardis, les sapeurs pompiers de la Gironde participent à un entraînement qui vise d’une à maintenir la qualité de leurs interventions à travers une mise en situation réelle sur les différentes communes du département, et d’autre part à simuler la collaboration des collectivités territoriales avec leurs élus et leur police municipale. 

L’objectif est ainsi de mieux connaître la particularité de chaque territoire et de travailler avec les différentes autorités et services concernés en cas de sinistre. Dernièrement, cet entraînement se déroulait à Andernos. 

Incendie virtuel 

Pendant plus de 3 heures, 50 pompiers sous le commandement du Lieutenant-Colonel Lafourcade du groupement Sud-ouest, les conseillers techniques DFCI, et la police municipale de la Ville, ont été mobilisés sur la thématique des incendies de forêt. Le maire, Jean-Yves Rosazza, participait également à l’exercice, accompagné par Eric Coignat, son adjoint, et Catherine Brisset, conseillère municipale. Le scénario de sinistre imaginé par une équipe de 10 animateurs du SDIS se situait autour du Centre équestre, et comprenait l’aire des gens du voyage et le Caasi, coupant ainsi la D 106. Il s’étendait sur une superficie totale de 250 hectares à cheval entre habitat et forêt. En termes de moyens techniques, le camion du poste de commandement du groupement Sud-ouest, équipé de moyens de télécommunication et de géo-localisation, était sur place. Pour le Capitaine Bouzats, commandant la caserne des pompiers Andernos-Lanton, « cet entraînement nous permet de répéter nos gammes et de travailler l’interface entre les élus et les pompiers ». 

Mission réussie, le feu virtuel a été maîtrisé.