Franceinfo du 22 septembre 2019 

Déçus par le discours de Castaner, les pompiers souhaitent que Macron tranche 

Le ministre de l'Intérieur était samedi au congrès national des sapeurs-pompiers. Au cœur des revendications de ces derniers, une refonte des numéros d'urgence et une libération du pouvoir décisionnel du Samu.

déçusLe ministre de l'Intérieur, Christophe Castaner, lors du 126e congrès national des sapeurs-pompiers à Vannes (Morbihan), le 20 septembre 2019. (MAXPPP) 

A l'issue du congrès national des sapeurs-pompiers, samedi 21 septembre, à Vannes (Morbihan), les soldats du feu n'ont pas caché leur déception face à "l'absence de réponses concrètes" du ministre de l'Intérieur, Christophe Castaner. La Fédération nationale des sapeurs-pompiers de France (FNSPF), qui revendique 277 000 adhérents, a évoqué des "attentes vieilles de plus de quinze ans" toujours en suspens. 

Le président de la fédération, Grégory Allione, avait décrit un "système de secours d'urgence à bout de souffle" qu'il est "nécessaire de réformer rapidement" avec des mesures fortes. 

Parmi les revendications des pompiers, l'instauration d'un numéro unique d'appel d'urgence 112, qui regroupe les numéros actuels 15 (Samu), 17 (police) et 18 (pompiers), avec des centres d'appels départementaux communs. La FNSPF est également favorable à l'instauration du numéro 116 117 pour les services médicaux non urgents. Une telle refonte permettra selon elle de mieux répartir les appels et de permettre aux pompiers, surchargés par les appels de toute nature, de se concentrer sur les interventions cruciales. 

Les syndicats de médecins réticents à une refonte 

Mais d'après nombre de responsables pompiers, cette refonte se heurte aux réticences du ministère de la Santé et des syndicats de médecins, qui tiennent à garder le pouvoir décisionnel du Samu. Ce dernier sollicite souvent les pompiers pour conduire des patients aux urgences, en crise à force d'être encombrées faute, notamment, de médecins ou conseils médicaux de garde disponibles. 

La FNSPF demande à Emmanuel Macron d'arbitrer en faveur du ministère de l'Intérieur et de "donner les moyens" à Christophe Castaner "de modifier la loi de 1986 sur l'aide médicale urgente", pour confier clairement à Beauvau et aux pompiers "la gestion des urgences préhospitalières, que les sapeurs-pompiers assurent quotidiennement dans les territoires". 

La fédération sollicite également le gouvernement afin de "renforcer la sécurité des sapeurs-pompiers en intervention". Pas de désaccord sur ce point puisque pour Christophe Castaner, il s'agit d'une priorité. Le ministre de l'Intérieur a d'ailleurs confirmé le lancement "dans les prochaines semaines" d'une grande campagne de communication contre les agressions de pompiers. Si elles restent limitées (cinq par jour sur 10 000 interventions), ces incivilités voire ces agressions n'en ont pas moins triplé depuis dix ans.

2019 09 22 SO Les pompiers réclament des actes