Franceinfo du 13 septembre 2019 

Le point sur la mobilisation des pompiers en Aquitaine

le point sur la mobilisationCamion des pompiers de Bayonne en grève. / © Maxppp - Nina Valette 

Soulagement dans les Landes, les sapeurs-pompiers professionnels ont obtenu la promesse notamment de 9 nouveaux postes. Dans la région, ils sont les seuls à avoir obtenu gain de cause. En Gironde, Dordogne et dans les Pyrénées-Atlantiques, les négociations se poursuivent. Le point par département. 

Dans les Landes, 9 postes supplémentaires obtenus 

Les 272 sapeurs-pompiers professionnels des Landes sont les premiers à avoir obtenu des promesses : 9 nouveaux postes dès l'an prochain pour compenser l'augmentation de leurs interventions liée à l'évolution démographique du département. Le Conseil départemental déboursera un million d'euros. De plus, les 10 départs à la retraite seront remplacés par anticipation. Enfin, leur demande d'être reconnus comme profession à risque sera relayée auprès du gouvernement.

 

En Gironde : 120 postes supplémentaires manquants

Cent vingt postes manquent toujours à l’appel pour les pompiers du plus grand département de la région : la Gironde. L’accroissement important de la population a, par ricochet, fait fortement progresser le nombre d’interventions des 1 800 pompiers professionnels girondins.

Ce vendredi par exemple, pour pallier les carences sur la métropole, une ambulance de Libourne, une autre de Langon sont venues en renfort auprès des équipes. Sébastien Dephot de la fédération autonome sapeurs-pompiers Gironde déplore la situation : 

« On n’a pas les moyens humains et matériel pour faire face à Bordeaux. »

Les 120 postes nécessaires devraient être financés par différentes collectivités. Mais  la contribution de la métropole bordelaise se fait attendre. Or, "le SDIS 33 a besoin de cet argent pour financer les recrutements et le matériel". explique Sébastien Dephot.

En attendant, les pompiers sont toujours vent debout, surtout sur la métropole, secteur le plus sous pression.

le point sur la mobilisation2Un camion de pompiers en grève à Bordeaux le 4 juillet 2019. / © Hélène Chauwin

En Dordogne : 40 postes supplémentaires manquants

Dans ce département,les syndicats évaluent les besoins à 40 postes en plus pour assurer le bon fonctionnement du service qui compte 226 professionnels et 1200 volontaires.
Car  Bruno Franchetti, président syndicat autonome des sapeurs-pompiers 24  le rappelle : 

« Les gardes de 24h sont interdites par l'Europe et on est toujours dans les gardes de 24h. Si l'on passait à des gardes de 12h, c'est 40 postes supplémentaires. » 

"Intenable" estime Serge Mérillou le président du conseil d'administration SDIS 24. Ces mesures représenteraient une augmentation de 6 % du budget, selon lui.

En Dordogne, les sapeurs pompiers dénoncent également la vétusté de leurs matériels, comme l'explique Lionel Mellé, délégué du personnel : 

« On fait partie des départements qui ont les plus lourds appareils parce que nous avons encore des bouteilles en acier alors qu'il existe de nouveaux alliages. Vu les départs à la retraite de plus en plus tardifs, on va retrouver de la pénibilité et des traumatismes chez certains pompiers. » 

Dans les Pyrénées-Atlantiques : 97 postes supplémentaires 

Dans ce département, les sapeurs pompiers ont multiplié les actions à Pau, Biarritz...
Leur journée de 24 heures sont payées 17 heures. Comme leurs homologues voisins, ils veulent des vacations de 12 heures, ce qui correspond à 97 postes supplémentaires et un coût total de 4 millions d'euros soit 0,5% du budget du conseil départemental dont ils dépendent.
Laurent Lafargue, Vice-président syndicat autonome 64, regrette le manque de recrutements :
 

« Ça fait des années qu'on n'embauche plus et qu'on se retrouve avec le même effectif. La moyenne d'âge à Anglet est de 44 ans et demi. » 

Des négociations ont été avancées. L'action prévue ce vendredi à Anglet a donc été annulée. 

Les pompiers en colère préparent une manifestation à Paris le 15 octobre prochain. La France compte 40 000 pompiers professionnels.  Ils attendent beaucoup de leur congrès national qui se tiendra du 18 au 21 septembre prochain.
Les grévistes sont réquisitionnés. Leur mouvement n'a donc pas d'incidence sur leurs interventions.