Le Huffpost du 12 septembre 2019 

Patrick Pelloux et les médecins urgentistes rejoignent la grève aux urgences 

Le président de l’Association des médecins urgentistes de France estime que le plan présenté par Agnès Buzyn lundi est "totalement inadapté". Il appelle également les médecins hospitaliers à prendre "leurs responsabilités".

pelloux huffpostPatrick Pelloux, président de l'Association des médecins urgentistes de France, première organisation de médecins à rejoindre le mouvement de grève des urgences. AFP 

SANTÉ - Enfin. L’Association des médecins urgentistes de France (Amuf) a annoncé ce jeudi 12 septembre qu’elle rejoignait la grève aux urgences menée depuis près de six mois par des personnels paramédicaux. De fait, il s’agit de la première organisation de médecins à rallier la mobilisation. 

On a décidé de rejoindre le mouvement”, a déclaré devant la presse son président Patrick Pelloux, accompagné d’Hugo Huon, responsable du collectif Inter-Urgences à l’origine de la grève. 

On n’est pas du tout d’accord” avec les mesures dévoilées lundi par le gouvernement et chiffrées à 750 millions d’euros jusqu’en 2022. “Cet argent est totalement inadapté”, a-t-il ajouté. 

Nous demandons aux médecins urgentistes de se déclarer grévistes dans les services déjà en grève”, a déclaré Patrick Pelloux, lançant “un appel aux autres syndicats (de médecins hospitaliers) pour qu’ils prennent leurs responsabilités”. 

Ce plan est inutile et délétère, il ne répond pas aux problèmes qu’on a depuis des années”, s’est agacé Patrick Pelloux, déplorant notamment le futur “service d’accès aux soins” promis par la ministre pour réguler les appels aux secours, “irréalisable compte tenu des problèmes de recrutement dans les Samu”. 

On sait pertinemment que cet argent est pris aux autres”, a-t-il lancé, plaidant pour une prise en compte de “la problématique globale de l’hôpital”. 

L’entrée des médecins en grève nous ouvre de nouvelles possibilités pour marquer la contestation”, s’est félicité Hugo Huon, qui souhaite une extension du mouvement à tous les services hospitaliers. 

L’Amuf s’associera désormais à toutes les actions prévues par le collectif, comme les rassemblements locaux prévus le 26 septembre, a précisé Patrick Pelloux. 

Le plan de “refondation” des urgences hospitalières présenté lundi par Agnès Buzyn prévoit également des “admissions directes” sans passage aux urgences pour les personnes âgées et une meilleure “gestion des lits” disponibles dans les hôpitaux. 

Mais pas les revalorisations salariales de 300 euros net mensuels ni les lits et effectifs supplémentaires réclamés par le collectif, qui a voté mardi la poursuite du mouvement. 

D’après l’Inter-Urgences, 250 services étaient en grève mardi.