Sud-Ouest du 27 juillet 2019 

Les gardiens du littoral veillent sur les baigneurs 

LE PORGE Les CRS nageurs sauveteurs sont présents en bord de plages tout l’été, jusqu’au 1er septembre. Interventions et prévention font partie de leur quotidien

les gardiens

Ce matin de la mi-juillet, l’océan est calme. Comme souvent depuis le début de la saison estivale sur les plages du littoral atlantique girondin. « L’océan est relativement clément pour l’instant avec nous, mais il n’y a jamais de temps mort ici », commente le brigadier-chef Vincent Bousigniere de la CRS8 de Bièvres, chef de poste des nageurs sauveteurs sur la plage du Gressier, au Porge. 

Ils sont 11 nageurs sauveteurs (cinq CRS et six civils) à scruter l’océan sur une zone de 600 mètres sur les 13 km de front de mer, entre la plage de la Jenny, au sud, et Lacanau Océan, au nord. Tous les jours, du matin jusqu’au soir à 18 h 30, entre le 4 juillet et le 1er septembre, ces gardiens veillent sur la sécurité des baigneurs et de tous ceux qui pratiquent une activité de sport de glisse, surf et bodyboard. 

« Ces derniers jours, la température de l’eau a baissé autour de 18°C et les vagues sont arrivées, observe Vincent Bousigniere. Les risques d’accident sont plus importants. » Dans la journée, un touriste allemand va en faire l’amère expérience. Sa tête est entrée en collision avec le tibia d’un nageur. Les sauveteurs ont rapidement sorti le baigneur de l’eau. Bilan: une plaie de quelques centimètres. « Il faut faire attention aux vagues de bord en marée montante qui heurtent le rivage en pente », souligne le capitaine Pascal Gensous, de la direction zonale de la CRS Sud-Ouest à Cenon, en charge de la gestion des nageurs sauveteurs CRS sur le littoral atlantique, de Soulac à Hendaye. 

L’océan truffé de petits pièges 

L’été, l’inquiétude des secouristes vient surtout des baïnes. Ces piscines naturelles qui se forment entre la côte et le banc de sable représentent un véritable danger lorsque l’eau s’échappe. Le courant provoque de nombreux accidents dont certains sont parfois mortels. « Le cadre est idyllique, c’est une belle carte postale mais gare aux clichés. L’océan est truffé de petits pièges que les touristes n’arrivent pas à décoder », note le capitaine Gensous. 

En Gironde, chaque année, les baïnes piègent beaucoup de baigneurs. « Le meilleur comportement à adopter est de se laisser porter par le courant, sans lui opposer de résistance, car plus on lutte, plus on est la proie de l’océan », dit le chef Vincent Bousigniere. L’été dernier, près de la moitié des noyades ont majoritairement eu lieu à moins de 300 mètres de la plage. « Plus un nageur est loin et moins il a de chances d’être vu par un sauveteur, renchérit le chef de poste. Comme il n’y a pas de vague avec les baïnes, les baigneurs pensent qu’ils ne risquent rien et peuvent aller à l’eau sans problème. Or, ce n’est pas le cas. C’est pour cela que nous faisons de la prévention sur la plage. Début juillet, hors zone de baignade, un couple et ses deux enfants ont été coincés dans une baïne alors qu’il y avait de toutes petites vagues de 30 cm. » 

Civisme et responsabilité 

Au Porge, l’équipe est composée de policiers et de personnels civils, tous nageurs sauveteurs de très haut niveau. Éric Acosta entame sa trentième saison sur le site. Cet ancien CRS, aujourd’hui retraité, forme les jeunes qui arrivent sur le poste. « C’est une légende du sauvetage et c’est le pilier de mon équipe », s’enthousiasme Vincent Bousigniere. « Un après-midi, à l’aide d’une planche, il a sorti huit personnes de l’eau ! » Équipés d’une paire de palmes ou d’un jetski pour rejoindre les baigneurs en détresse, où encore de leur 4X4 pick-up pour circuler sur le sable au gyro-deux-tons lorsque l’alerte est donnée via un appel au 112 répercuté par le Codis (centre opérationnel des pompiers), les nageurs sauveteurs sont en permanence aux aguets. « Mais il en va surtout du civisme et de la responsabilité de chacun », prévient le brigadier-chef Bousigniere tandis que l’hélicoptère Dragon33 de la sécurité civile se pose sur la plage pour un exercice d’hélitreuillage.

«Hier, nous étions à Royan pour sortir un homme prisonnier dans la vase, raconte le pilote de l’appareil, Éric Barbier, commandant de police divisionnaire fonctionnel. Le brigadier Pascal Cordonnier, assistant mécanicien-sauveteur, l’a treuillé et le sexagénaire a pu être ramené sur la terre ferme. « Il avait une prothèse à une hanche et sa situation était très critique. » Tout l’été, les missions vont s’enchaîner