BFM avec RMC du 26 juillet 2019 

Noyades : sommes-nous assez prudents ? Ça fait débat sur RMC

Noyades: sommes-nous assez prudents? Ça fait débat sur RMC

La noyade est la première cause de mortalité par accident dans la vie courante chez les moins de 15 ans. La ministre des Sports veut repenser l'apprentissage de la nage notamment à l'école.

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Plus de 100 noyades en même pas un mois. 60 morts. Christophe Castaner l’a annoncé hier. Ces chiffres sont en augmentation de 30 à 40% comparé aux années précédentes. La canicule est notamment en cause. En effet, avec les fortes chaleurs, il est normal de rechercher un point d’eau pour se rafraîchir. Problème, les Français se tournent parfois vers des lieux qui ne sont pas sécurisés. De plus, le risque de choc thermique est important.  

La noyade est la première cause de mortalité par accident dans la vie courante chez les moins de 15 ans. Alors le gouvernement tente de réagir. La ministre des Sports souhaite rénover l’apprentissage de la nage à l’école notamment. L’objectif est que dès 3-4 ans, les enfants puissent flotter et se laisser porter par l’eau. Roxana Maracineanu veut que d’ici l’an prochain, une centaine d’établissements aient des "classes bleues" en maternelles. Des classes où l’aisance aquatique serait apprise aux enfants. Et ce projet est en bonne voie selon elle.  

"On est bien équipé. On est en réflexion et en action sur la réforme de la natation scolaire. Qu’on s’adresse à des enfants de plus en plus tôt, dès la maternelle. Et que de cette manière-là, dès 6, 7 ans qu’on puisse être en capacité de savoir faire les premiers gestes dans l’eau pour savoir au moins flotter et puis appeler à l’aide en cas de problème. C’est un gros travail de fond qui concerne les équipements et les métiers", explique-t-elle. 

Les acteurs du secteur sont eux dubitatifs. Ils ne croient pas en la généralisation d'un tel dispositif parce qu’il dépend aussi de l'Éducation nationale et des communes et pas que du ministère des Sports.  

Manque de maîtres-nageurs  

Axel Lamotte, maître-nageur et secrétaire général du syndicat national de la profession, regrette également la lenteur d’action des pouvoirs publics.  

"Il faut que tout le monde sache nager. On peut le décréter, mais après, il faut le mettre en œuvre. Il y a un manque de moyens, y a un manque de diffusion du message, d’apprentissage de la natation, du sauvetage. On est assez en colère au niveau de la profession. Aujourd’hui, on est effectivement face à une explosion de ce drame. Donc les pouvoirs publics, enfin, prennent conscience du problème. Nous ça fait onze ans qu’on organise ces journées de prévention de la noyade. Donc il serait temps que les pouvoirs publics face enfin quelque chose. En France, on ne fait pas de la prévention, on fait de la sanction. Et dans le cas de la natation, la sanction, c’est souvent la noyade", indique le maître-nageur. 

Réaction tardive des pouvoirs publics, manque de moyens, mais aussi un manque de maîtres-nageursIl en manque près de 5000 d’après le syndicat national professionnel des maîtres-nageurs sauveteurs. Une pénurie qui peut s’expliquer par les faibles salaires alors que la formation est longue et coûteuse et que les conditions de travail sont difficiles.