Ouest-France du 18 juillet 2019 

Les pompiers en intervention pourront désormais emprunter gratuitement l’autoroute

les pompiers en interventionJusqu'à présent, les pompiers étaient seulement exonérés du péage s'ils intervenaient sur le réseau autoroutier (photo d'illustration). | EDDY LEMAISTRE / ARCHIVES OUEST-FRANCE 

Comme annoncé par Vinci fin mai, les sociétés d’autoroute vont concéder la gratuité à tous les véhicules prioritaires de pompiers en intervention. En commençant par les Alpes-Maritimes, avant d’étendre la mesure au reste de la France, précise, jeudi 18 juillet, l’Association française des sociétés d’autoroutes (Afsa). 

Jusqu’à présent, les pompiers étaient seulement exonérés du péage s’ils intervenaient sur le réseau autoroutier. Ce sera bientôt de l’histoire ancienne. À commencer dans les Alpes-Maritimes, où une convention a été signée, jeudi, à Nice entre Vinci Autoroutes et le conseil départemental. Hormis les Alpes-Maritimes, des conventions sont « en cours de signature » dans d’autres départements, a indiqué l’Association française des sociétés d’autoroutes (Afsa), qui fédère une vingtaine de concessionnaires privés. 

« Les sociétés concessionnaires proposent d’équiper gratuitement les véhicules prioritaires des SDIS (Services départementaux de secours et incendie) de badges spécifiques de télépéage associés aux plaques d’immatriculation afin d’assurer un passage rapide dans les voies. Il appartiendra aux gestionnaires des SDIS de confirmer, a posteriori, les passages effectués en opération et qui ne donneront lieu à aucune facturation », a détaillé l’Afsa. 

« Une mesure de justice » et « d’intérêt général » 

Les badges de télépéage existent depuis 2001 et les pompiers payaient : « Il y avait un usage en place de longue date », justifie-t-on dans l’entourage du président de Vinci Autoroute Pierre Coppey, venu à Nice signer la convention avec le SDIS des Alpes-Maritimes. « On en profite pour optimiser le dispositif : avant, on laissait passer à la vue du gyrophare allumé. Maintenant on va équiper l’ensemble des véhicules d’un badge pour qu’ils passent sans arrêt », confirme la même source. 

« Les intérêts privés et financiers ne seront jamais supérieurs à l’intérêt général », s’est félicité le député local Éric Ciotti, parlant d'« une mesure de justice » et « de bon sens et d’intérêt général ». Pour le SDIS des Alpes-Maritimes, ce sont 125 000,00 € d’économie en perspective, l’équivalent de 320 casques dernière génération ou sur deux ans, de l’achat d’un fourgon-pompe feu de forêt dernier cri. 

Exprimant sa « satisfaction » sur le fond, le colonel Grégory Allione, président de la Fédération nationale des sapeurs-pompiers de France a regretté que « ça prenne autant de temps »« Les sapeurs-pompiers de France effectuent une intervention toutes les sept secondes. Pour faire face à cette sollicitation opérationnelle, on se doit d’aller vite. Or l’autoroute permet non seulement d’aller vite, mais de se déplacer en sécurité », a-t-il déclaré. 

Des conventions, en attendant le décret d’application 

« En l’absence de décret, on reste sur le registre des conventions et de la bonne volonté. Cette mesure nous semble tellement tomber sous le coup de l’évidence que cela paraît assez surprenant qu’il faille encore passer des conventions et avoir une démarche volontariste des pompiers de chaque département pour les conclure », a-t-il dit, posant la question de la gratuité complète pour les pompiers. « Au retour d’une intervention, prendre l’autoroute pour rentrer plus vite, cela permet de récupérer plus rapidement des véhicules opérationnels pour d’autres interventions », a-t-il plaidé. 

La gratuité a été introduite dans la loi par un amendement à la loi de finances 2018 du député niçois Éric Ciotti (LR), toujours en attente de décret d’application. Fin mai, le président de Vinci Autoroute avait indiqué, devant la commission du développement durable au Sénat, la date « du 1er ou du 14 juillet » à partir de laquelle la gratuité pour les véhicules de secours devait être introduite. Début avril, la ministre chargée des Transports avait confirmé la mise en œuvre à venir de cette exonération « au terme d’une longue discussion avec les sociétés concessionnaires »« C’est une mesure de bon sens et d’intérêt général », s’était alors félicitée Elisabeth Borne.