2019 07 18 SO Incendie période à risque

Sud-Ouest du 18 juillet 2019 

«On entre dans la période de risque» 

SÉCHERESSE Après les 68 hectares brûlés à Salles, Bruno Lafon, de la Défense des forêts contre les incendies, fait le point et alerte sur les dangers, notamment ceux liés aux voies de chemin de fer

on entre dans la période à risque

«On savait depuis dimanche que la situation allait être plus difficile en raison du vent d’est. Cette orientation est le signe avant coureur du feu. Jusque-là, l’hydrométrie était correcte. La sécheresse a commencé bien plus tard cette année. Là, nous allons entrer dans une période de risque. Surtout s’il ne pleut pas. Notre indicateur, ce sont les prairies. Lorsqu’elles sont vertes, il n’y a pas de souci. Or, elles deviennent couleur paillasson. C’est signe de danger», explique Bruno Lafon, président de la DFCI (Défense des forêts contre les incendies) Gironde. 

L’association, qui compte 79 antennes en Gironde, regroupe des professionnels de la forêt assurant bénévolement son entretien hiver comme été. Le feu de Salles a «ouvert» la saison (lire notre édition d’hier) en réduisant en cendres 68 hectares d’arbres, selon les constatations effectuées mercredi. L’incendie a nécessité l’intervention de gros moyens : 130 pompiers et quatre bombardiers d’eau pour maîtriser le sinistre en milieu de soirée. Les aéronefs ont décollé de Nîmes pour prêter main-forte aux secours.

Les trains en cause 

L’état des sous-bois depuis quelques jours suscitait des inquiétudes. C’est le cas à Saint-Symphorien où le maire a pris un arrêté interdisant toute circulation, y compris à pied dans le massif. Hier soir, les autorités n’avaient pas relevé le degré de risque incendie qui reste considéré comme « modéré haut». 

Un curseur qui pourrait être prochainement relevé, notamment en prévision de la grosse vague de chaleur attendue en Gironde selon les prévisions de Météo France. Les sous-bois qui étaient déjà très secs le seront encore plus. En l’espace de quelques jours, deux feux d’ampleur ont pris à quelques kilomètres d’écart. À Ychoux (département des Landes), ce sont 157 hectares de pins qui sont partis en fumée. Comme à Salles, le feu avait démarré à proximité de voies de chemin de fer. 

Sans préjuger des résultats des enquêtes conduites autour de ces deux sinistres, Bruno Lafon pointe du doigt une situation qui n’avance pas assez vite à ses yeux: la sécurisation autour des voies ferrées. Source de danger majeur. De fait, quand un train actionne ses freins, il envoie un panache d’étincelles à 1 000 degrés. « Rien ne résiste à ça. Il faut étendre au maximum les bandes de sable blanc le long des voies de chemin de fer. Cela ne date pas d’hier et ça dure depuis des générations. On ne découvre pas le problème. Il faut apporter une solution à une situation où on a l’impression que rien ne bouge. La forêt est un poumon naturel, économique, culturel et social. Elle n’est pas un élément de décor.» Le dossier est sur la table.

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