Si les sapeurs-pompiers volontaires retirent leurs disponibilités auprès du Sdis, que va-t-il rester comme moyens dans nos centres de secours ruraux puisque ceux-ci fonctionnent la nuit, le week-end et les jours fériés en grande majorité grâce à eux et pour certains d'entre eux également en journée ?

Sud-Ouest du 11 juillet 2019 

La colère brûle chez les pompiers 

SOCIAL Alors que le mouvement national de grève se durcit, une manifestation aura lieu à Bordeaux, demain

la colère brûle chez les pompiers

Une manifestation de pompiers, vendredi matin, sur la place Pey-Berland. C’est ce qu’annonce une intersyndicale de sapeurs-pompiers professionnels girondins composée de l’Unsa, la CFDT, la CGT, FO et SA/SPP-PATS. Deux semaines après le lancement d’une grève nationale chez les soldats du feu qui dénoncent une dégradation de leurs conditions de travail, mouvement qui court jusqu’au 31 août, le ton se durcit. Et la mobilisation aussi. « Ces derniers jours, le taux de grévistes n’a cessé d’augmenter dans les casernes. Dans la métropole bordelaise, on atteint 90 % à 100% de grévistes. Ce qui entraîne des réquisitions de personnels qui se retrouvent à dépasser les 24 heures de garde, alors que nous tournons normalement en 12 heures », indique Sébastien Dephot, responsable de SA-SPP-PATS 33. Selon le syndicaliste, ce durcissement s’explique par «une montée du ras-le-bol» des sapeurs-pompiers professionnels «liée, notamment, à l’absence de dialogue de notre ministère de tutelle, le ministère de l’Intérieur avec les organisations syndicales ». 

Les volontaires aussi 

Les pompiers volontaires entreraient également dans le mouvement. « En solidarité avec les professionnels et parce qu’ils sont eux aussi directement touchés par l’explosion de missions qui ne relèvent pas de nos attributions, certains ont décidé de retirer leurs disponibilités auprès du Sdis», affirme Sébastien Dephot. 

Les pompiers dénoncent une stagnation de leurs effectifs dans un contexte d’explosion des interventions, en particulier des secours à personne, réclament d’être recentrés sur leurs missions, une remise à plat du secours à personne, une reconnaissance de leur métier «à risque» et des mesures pour endiguer la hausse des agressions dont ils sont victimes. 

En Gironde, les syndicats ont été reçus par le président du conseil d’administration du Sdis et président du Conseil départemental, Jean-Luc Gleyze, ainsi que par la préfète, Fabienne Buccio, ces derniers jours. Vendredi, ils entendent s’inviter à un conseil d’administration du Service départemental d’incendie et de secours. Et n’excluent pas de lancer une pétition. « Pour informer la population de notre quotidien et de nos difficultés», explique Jacques Noaille, leader de l’Unsa-Sdis 33.