Sud-Ouest du 11 juillet 2019 

Du temps pour soigner les plaies de Notre-Dame 

PARIS Trois mois après l’incendie, un long chantier se met en branle autour de la cathédrale Notre-Dame. Ouvriers, archéologues, scientifiques, chercheurs sont à pied d’œuvre. Le point

notre-dame ou en est-on3Une partie des débris visibles le 15 mai au pied de la croix de l’autel de Notre-Dame. La phase de déblayage devrait encore durer jusqu’à la fin de l’année. PHOTO ARCHIVES PHILIPPE LOPEZ/AFP

1 Le déblaiement et le nettoyage sont toujours en cours"... 

2 Seuls 38 millions ont été versés pour l’instant"... 

3 Le spectre de la pollution au plomb"... 

4 Plus de 200 chercheurs à pied d’œuvre"...

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Sud-Ouest du 11 juillet 2019  

Notre-Dame du bois vert 

Pour Frédéric Epaud, chercheur au CNRS et spécialiste des charpentes médiévales, un millier de chênes de 50 ans suffiraient pour rebâtir la charpente

notre-dame du bois vert 

À propos de la charpente de Notre-Dame-de-Paris brûlée par le terrible incendie du 15 avril dernier, Frédéric Epaud, docteur en archéologie, chercheur au CNRS à l’Université de Tours, conteste les «nombreux commentaires contradictoires, voire ubuesques, ayant circulé ». Il s’insurge contre l’idée répandue qu’il faut trouver «des bois ayant dû sécher plusieurs années pour être utilisés» et «des forêts entières » qu’il faudrait raser «pour construire ou reconstruire» le toit de la cathédrale. Pour ce chercheur de 47 ans, qui a passé une dizaine d’années à étudier les charpentes médiévales et les bois utilisés dans les cathédrales de la période gothique des XIIe et XIIIe siècle, tout devrait être plus simple et plus facile.

Du bois vert, taillé à la hache"... 

Un millier d’arbres suffirait"... 

Un chantier école sur le parvis"...

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Sud-Ouest du 11 juillet 2019 

« On a vingt minutes pour sauver la cathédrale !» 

TÉMOIGNAGE Le journaliste et écrivain Sébastien Spitzer raconte la nuit de l’incendie dans un livre haletant. Il revient sur ce qui s’est joué ce soir-là derrière les murs

on a 20 minutes

"Qu’avez-vous découvert en récoltant les premières informations ? 

D’abord, j’ai vite réalisé que plusieurs pompiers avaient frôlé la mort cette nuit-là. Comme Myriam, cette sapeur-pompier de 27 ans accrochée à sa lance, en haut de Notre-Dame, entre le vide et le néant, à quelques mètres de cette charpente en feu qui dégage une chaleur de 600 degrés, qui entend la porte par laquelle elle est arrivée se fermer brutalement et se retrouve coincée. Ou comme le lieutenant Alexis, qui se rend dans la tour Nord et découvre qu’elle est en feu. Il redescend, prend une lance, remonte dans le beffroi, qui est une structure de bois faite pour supporter les cloches, quand soudain l’escalier s’effondre! De manière assez incroyable, il sera retenu par son appareil respiratoire. Des témoignages comme ça, j’en ai entendu tellement d’autres, venant de ces hommes qui se sont retrouvés sous ce trou béant dans la voûte et racontent qu’ils étaient «face à la gueule du diable», un trou dans la voûte qui vomissait des tonnes de gravats et de métal en fusion. 

Notre-Dame a-t-elle réellement failli s’écrouler ? 

Lorsqu’il s’est avéré que la tour Nord était touchée, le général Gallet, qui supervisait les opérations, a dit à la maire de Paris, au premier ministre et au président de la République : «On a vingt minutes pour sauver la cathédrale ». Il leur explique alors que le feu se propage et que si le beffroi s’enflamme, alors les cloches, qui pèsent plusieurs tonnes, vont s’effondrer et entraîner avec elles la tour Sud. Et là, c’est toute la façade qui s’effondre."...

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