Sud-Ouest du 10 juillet 2019 

La Réole : Réouverture des urgences, un collectif y croit encore

réouvertureLes urgences de la Réole ont été remplacées par une antenne d’accueil de premiers soins. ARCHIVES J. J. 

Un collectif citoyen milite pour la réouverture du service remplacé en novembre par une antenne d’accueil de premiers soins. 

Fort d’une pétition qui a recueilli un millier de signatures, le collectif citoyen Urgences et santé en Sud-Gironde demande la réouverture des urgences de l’hôpital de la Réole. Un service fermé à l’automne dernier et remplacé depuis le 1er novembre par une antenne d’accueil de premiers soins (lire ci-dessous). 

« L’Agence régionale de santé argumente toujours qu’il n’est pas possible de trouver et de payer cinq urgentistes pour rouvrir le service. Nous, nous répondons par nos droits de citoyens. Chacun, depuis son domicile, doit pouvoir se rendre en trente minutes à un service d’urgences. Or certaines communes du Monségurais sont trop loin des urgences de Langon », plaide Jean-Marc Bonneaud, membre du collectif créé en fin d’année dernière. 

Lettre à la ministre 

Pour récolter les signatures, le collectif a arpenté les marchés de La Réole, Sauveterre-de-Guyenne et Monségur, entre autres. La pétition a été remise au maire de La Réole, Bruno Marty, vendredi 28 juin. Une trentaine de membres du collectif a été reçue par l’élu socialiste. Bruno Marty est aussi président du conseil de surveillance du centre hospitalier du Sud-Gironde qui regroupe les hôpitaux de Langon et La Réole. 

Suite à la rencontre, le maire s’est engagé à écrire à la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, afin de porter les revendications du collectif qui demande également des moyens pour les urgences de Langon et Marmande. 

« C’est vrai qu’une commune comme Neuffons, par exemple, se trouve à plus de trente minutes des urgences de Langon. En ce sens, il peut y avoir une mise en danger de la population », reconnaît Bruno Marty qui « comprend la bataille du collectif pour la défense des services publics. » 

« Mais attention à ne pas être contre-productif », prévient le maire qui ne veut pas envoyer « un mauvais signal » à la population de plus en plus nombreuse à fréquenter la nouvelle antenne d’accueil de premiers soins de La Réole. Le service est aujourd’hui fréquenté par 16 ou 17 personnes en moyenne par jour, contre une dizaine à l’époque des urgences. 

Rendez-vous en septembre 

Dans les faits, les urgences de La Réole n’en étaient plus vraiment depuis 2006, faute de médecins urgentistes et de matériel adapté. Le service n’était plus ouvert le week-end et subissait en plus des fermetures inopinées avec les risques que l’on imagine pour un patient en urgence vitale qui aurait trouvé portes closes. 

« Rouvrir un service d’urgences, ça ne se fait pas du jour au lendemain. Et demander un scanner, ce n’est pas dans l’air du temps, souligne le maire. Il faut être réaliste et commencer par revoir à la hausse le quota des médecins urgentistes au niveau national. » 

Le collectif de citoyen n’en reste pas là. Il compte organiser, en septembre, une réunion de travail avec des élus et des professionnels de santé afin de promouvoir la réouverture de vraies urgences à La Réole. Il compte aussi interpeller le député LREM Pascal Lavergne (ancien maire de Monségur) ainsi que la secrétaire d’État Christelle Dubos « afin de relayer les attentes de la population auprès du gouvernement ».