Sud-Ouest du 4 juillet 2019 

Deux ministres à Bahia 

TALENCE Geneviève Darrieussecq côté armées et Christelle Dubos côté santé ont visité hier le chantier de l’hôpital civil et militaire Bahia, fusion entre le privé Bagatelle et le public Robert-Picqué

bahia 4 3Christelle Dubos et Geneviève Darrieussecq, secrétaires d’État en visite hier sur le chantier de Bahia. PHOTO THIERRY DAVID

Gabriel Marly a encore voulu le marteler dans son discours d’accueil hier après-midi: «Une évidence dans les esprits, […] pas dure à comprendre» pour lui, que ce rapprochement entre la Fondation protestante Bagatelle et l’hôpital militaire Robert-Picqué. Logique déclaration: le président de la fondation en question, reconnue d’utilité publique et établissement de santé d’intérêt collectif, porte le projet depuis sept ans. «Nos équipes travaillent déjà depuis des années ensemble», a-t-il rappelé au sujet de ces deux structures, l’une privée, l’autre publique, distantes de 900 mètres sur la route de Toulouse. Hier mercredi, il accueillait en grande pompe, entouré de hauts gradés de la médecine militaire, les pontes de l’Agence régionale de santé, deux ministres à la fois régionales de l’étape, mais aussi et bien sûr concernées par le sujet: Geneviève Darrieussecq, secrétaire d’État auprès de la ministre des Armées, et Christelle Dubos, son homologue auprès de la ministre des Solidarités et de la Santé.

Accessibilité réaffirmée

Elles ont visité sous un soleil de plomb, la première phase du chantier Bahia. Pas de référence à la localité brésilienne ou à la divine chanson de Sanson : Ba comme Bagatelle, Hia comme hôpital d’instruction des armées, le statut de Robert-Picqué. 

Le projet rencontre depuis toutes ces années l’opposition de ceux qui considèrent dangereux ce rapprochement entre une structure privée et un établissement public. Avec la crainte que l’offre de santé de secteur1 sans dépassement d’honoraires ne soit pas pérennisée, malgré les assurances des tutelles. « Changer le statut d’offre de soins demanderait de telles démarches administratives auprès des ministères de tutelle, représentées ici par Mmes Darrieussecq et Dubos, que je peux vous assurer que ce n’est pas et ne sera jamais à l’ordre du jour», insistait Gabriel Marly. 

«Offre de soins améliorée» 

Les ministres, elles, ont réaffiché leur plein soutien à ce projet lancé il y a déjà sept ans avec la constitution d’un groupement de coopération sanitaire en septembre 2012. «Bahia va améliorer l’offre de soins par la réunion et l’optimisation des compétences », déclarait la Landaise Geneviève Darrieussecq, rappelant la démarche enclenchée en 2013, de coopération des hôpitaux militaires avec les établissements de santé à proximité. 

« La mutualisation des plateaux techniques et des moyens va se faire pour un service de meilleure qualité encore au public», estimait, quant à elle, la Girondine Christelle Dubos. 

À l’heure où la première phase du chantier n’est pas encore achevée, 85 % des patients admis sont pris en charge par des équipes communes aux deux établissements. Prochaine étape de la validation du projet : le vote par Bordeaux Métropole en septembre de la modification du Plan local d’urbanisme (PLU) au sujet de la façade en partie conservée. « Une offre de soins de proximité avec une préservation du patrimoine: ce projet relève de l’évidence en effet», déclarait le maire de Talence, Emmanuel Sallaberry 

REPÈRES 

90 C’est en millions d’euros, le montant du projet Bahia, porté par la Maison de santé protestante de Bordeaux Bagatelle. 

35 millions ont été apportés par la Banque européenne d’investissement. Bagatelle apporte 20 millions, les 74 % d’emprunt restant ont trouvé garants à la Région, le Département et la Métropole. 

1 400 C’est le nombre de salariés qui travailleront sur le site à terme. Dont 250 personnels de la Défense et 180 médecins. 

450 C’est le nombre de lits d’hospitalisation de Bahia. Il faut y rajouter 350 places d’hospitalisation à domicile. Le potentiel sera de 44 000 accueils par an, 40 000 passages aux urgences, 240 000 consultations externes et 15 000 interventions chirurgicales.

Sud-Ouest du 4 juillet 2019 

La maison des consultations en janvier 

CHANTIER Le premier bâtiment, relié à Bagatelle, abritant le centre de consultations et la direction générale est promis pour le début de l’année 2020

la maison des consultations

La construction se déploiera sur trois niveaux, mais avec une possibilité de surélever encore: le chantier du premier des deux nouveaux bâtiments a commencé en novembre et se dessine déjà bien sur le site de Bagatelle. Rez-de-chaussée et premier étage seront dévolus aux consultations, tandis que le deuxième sera celui de la direction générale du nouvel hôpital civil et militaire Bahia. Adossés à la structure historique de Bagatelle, ces 5 000 m² seront livrés en janvier prochain, avec une mise en service assez rapide, selon le président de la Fondation Bagatelle Gabriel Marly. 

Le groupe Vinci attaquera ensuite une autre aile, beaucoup plus vaste : 17000 m² qui accueilleront les spécialités de soins critiques (urgences, réanimation, unités de surveillance continue, néonatalogie), la nouvelle maternité, un bloc opératoire, l’unité de traitement et de réhabilitation des blessés militaires, les soins de suite et de réadaptation, la pharmacie intérieure et les services médico-techniques. 

Première en France 

«L’unité réservée aux blessés militaires bénéficiera bien sûr d’une indépendance en termes de soins et de bien-être des patients », souligne Le premier bâtiment de 5 000 m Gabriel Marly 

Cette deuxième phase ne s’achèvera pas avant 2023 mais ce sera une première en France dans le cadre de la reconversion des hôpitaux miliaires auprès d’établissements de santé à proximité. Trois autres suivront. 

« Bahia, c’est le choix de réunir deux offres parfaitement complémentaires, le choix d’inscrire dans la durée cette complémentarité et plus encore de tirer de celle-ci, toutes les synergies possibles », explique Michel Laforcade, directeur général de l’Agence régionale de santé. Quant à Geneviève Fidelle, médecin général inspecteur, directrice des hôpitaux au service des armées, elle souligne une «relation ‘‘santé-défense’’ renforcée grâce à un projet médical partagé et innovant.»