La prise en charge tardive dans un service d'urgences a, peut-être entraîné le décès de cette personne qui a été conduite aux urgences par un proche, mais n'oublions pas que chaque jour des personnes appellent le centre 15 pour des urgences médicales et que les délais d'intervention, en particulier en ruralité, peuvent eux-aussi être préjudiciables à l'état de santé des personnes.

Franceinfo du 17 juin 2019 

Angers : le patient ne peut être pris en charge par les urgences du CHU, il décède à son arrivée à la clinique

angers le patientUn patient qui na pas pu être pris en charge du CHU d'Angers est décédé le 15 juin 2019 / © maxPPP 

Samedi soir, un patient qui s'est présenté aux urgences n'a pu être pris en charge au CHU d'Angers, selon l'intersyndicale de l'hôpital. Il est décédé sur le parking de la clinique où il avait été conduit pour être soigné. 

En début de soirée samedi 15 juin un patient se présente aux urgences du CHU d'Angers. Faute de pouvoir être pris en charge, a expliqué l'intersyndicale de l'hôpital, l'homme, âgé de 49 ans, repart vers la clinique de l'Anjou. Il est décédé à son arrivée à la clinique.

"Il est arrivé avec, à priori, un membre de sa famille, se plaignant de douleurs au coeur", explique Christian Lemaire, co-secrétaire du syndicat Sud au CHU d'Angers, "il s'est adressé à l'agent d'accueil, un agent administratif, qui lui a dit "je fais votre entrée".

La personne accompagnant le patient a insisté pour qu'il soit pris de suite. L'agent est donc allé voir "sa collègue infirmière qui fait le tri", occupée avec un autre patient, "ayant un indice de gravité élevé nécessitant sa prise en charge dans les 20 minutes".

Seule infirmière de service, elle ne peut prendre en charge le patient. Une solution est recherchée, en vain, dans les autres services. 

"La dame qui accompagnait le patient a décidé de repartir des urgences pour le conduire en voiture" vers la clinique de l'Anjou, "à l'autre bout d'Angers, en voiture c'est environ  15-20 minutes".

Finalement, "la clinique a appelé les urgences pour dire que le patient était décédé dans son véhicule, arrivé sur le parking", précise Christian Lemaire.

"On ne peut pas faire le lien de causalité entre la non prise en charge du patient à l'hôpital et son décès, ce que l'on dit simplement c'est qu'il n'a pas été pris en charge dans des délais extrêmement rapides qui auraient pu permettre de le sauver", poursuit le syndicaliste, "il n'a pas pu être pris en charge rapidement, parce qu'il y avait un manque d'effectifs". 

"Cette situation dramatique illustre le dysfonctionnement des Urgences"

Cette histoire intervient alors que les services d'urgences du CHU d'Angers se mobilisent depuis plusieurs semaines en raison notamment de mauvaises conditions de travail liées à des sous-effectifs. 

"Cette situation dramatique illustre le dysfonctionnement des Urgences lié exclusivement, dans ce cas précis, à un nombre de personnel présent très en deçà des effectifs prévus afin de garantir la sécurité des prises en charges des usagers", explique l'intersyndicale qui précise, "en aucun cas la responsabilité des collègues Administratives et Soignantes ne peut être engagée dans cette situation".

Vendredi dernier, la veille du drame, "le Comité de Grève des Urgences du CHU d’Angers alertait à nouveau sur les conditions de travail et particulièrement sur le non remplacement du week-end à venir de collègues Infirmières et Aides-Soignants absentes pour raison de santé (pour certains programmés depuis plusieurs semaines !)".

Les syndicats SUD, FO, CGT ont déposé ce lundi 17 juin, un droit d’alerte auprès de leur CHSCT, "déposée à 11h ce (lundi) matin et pour lequel on n'a eu aucune réponse de la direction à l'heure où je vous parle", nous précisait Christian Lemaire en début de soirée lundi.

Selon l'intersyndicale, la famille de la victime aurait porté plainte. Yves Gambert, le procureur de la République d'Angers a indiqué "avoir ordonné une enquête pour recherche des causes de la mort et ordonné une autopsie". 

Ce mardi matin, la direction du CHU d'Angers laisse entendre que la patient a bien été pris en charge. Elle n'a, pour le moment, pas souhaité aller plus loin dans ses propos.