Sud-Ouest du 31 mai 2019 

Quels lieux de baignades sont surveillés en juin ? 

ÉTÉ Tous les ans, l’organisation des secours sur les lieux de baignade surveillés fait l’objet d’un arrêté préfectoral qui précise qui fait quoi

quels lieuxLes postes de secours sont implantés sur le territoire notamment en fonction des risques et de l’affluence constatée l’été. ARCHIVES Q. S.

Dans les années 1980, des dizaines de touristes ou locaux se noyaient et mourraient en Gironde durant la période estivale. L’an passé, 63 noyades ont été recensées. 13 ont été fatales dont deux en piscine privée. «C’est toujours trop, évidemment, mais le nombre de décès par noyade a été considérablement réduit», analyse Angélique Rocher-Bedjoudjou, directrice de cabinet de la préfète de Gironde, à la veille d’un week-end au cours duquel la barre des 30degrés devrait être franchie. 

Prospectus distribués 

La prévention sur les baïnes ou les méduses est passée par là. Des prospectus seront cette année encore distribués en plusieurs langues à destination des baigneurs. Cela va de pair avec une réelle prise de conscience des dangers de l’océan ou des lacs – les drapeaux colorés hissés haut en fonction des risques dans l’eau y sont pour beaucoup – et… une bonne coordination des moyens de secours. C’est le rôle de la préfecture. 

Tous les ans, l’organisation des secours sur les lieux de baignade surveillés fait l’objet d’un arrêté préfectoral qui précise qui fait quoi et comment. Ce document à usage professionnel établit un protocole de transmission de l’information entre les différents intervenants pour secourir au mieux et au plus vite les nageurs en difficulté dans l’eau.

Arbitrage entre les maires 

Les conditions des noyades font l’objet d’analyses poussées d’une année sur l’autre. Le dispositif a fait ses preuves et est actualisé, notamment quant à la localisation des postes de secours et leurs heures d’ouverture.

Le nombre de ces derniers et leur lieu d’implantation font l’objet d’un arbitrage entre les 13 communes du Syndicat intercommunal à vocation unique (Sivu). « C’est de la responsabilité des maires, en fonction des risques, de l’affluence constatée l’été et de leurs possibilités financières», rappelle la directrice de cabinet de la préfète. Le Sivu recrute ensuite les sauveteurs nautiques qui armeront ces postes, appuyés par ceux de la Société nationale de sauvetage en mer (SNSM) et des CRS. Le document va loin dans le détail du déclenchement des secours et de l’organisation. « Par exemple, le fait de pouvoir bénéficier des services d’un hélicoptère nous oblige à imposer aux maires une zone d’atterrissage», indique Angélique Rocher-Bedjoudjou. Il est tout aussi important que les postes de secours puissent communiquer entre eux rapidement sans interférence. « Un paquet de mer qui emporte des nageurs au large peut reproduire le même mouvement un peu plus loin.» 

Et hors zone ? 

« La réponse opérationnelle n’est pas la même s’il faut intervenir en mer où les conditions sont changeantes, sur un lac, s’il y a un poste de secours à proximité, s’il y a un risque vital, si la victime est localisée dans l’eau ou pas… », précise Angélique Rocher-Bedjoudjou. « Il est indispensable de prévoir un niveau de réponse adapté.» 

« Tous ces décès à déplorer la saison dernière l’ont été hors zone surveillée», ont constaté les services de la préfecture. Il paraît inimaginable de placer l’ensemble des 120 km de littoral sous surveillance. Sur ces zones non surveillées, l’État conserve une obligation de moyens et d’intervention mais pas de résultats. À la veille d’un week-end qui s’annonce estival, mieux vaut donc opter pour une zone surveillée.

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Les différents stades de noyades 

La notion de noyade recouvre différentes situations. Il en existe en fait quatre stades. 

Le stade 1 correspond à l’aquastress. Il n’y a pas d’inhalation liquidienne, mais de l’angoisse, une hyperventilation, de la tachycardie et des tremblements. 

Le stade 2 est appelé « petite noyade » avec encombrement liquidien bronchopulmonaire, cyanose des extrémités et hypothermie. 

Le stade 3 correspond à « la grande noyade » avec obnubilation ou coma et état de détresse respiratoire aiguë. 

Le stade 4, évidemment le plus grave et inquiétant, est l’anoxie. Le diagnostic fait état d’un arrêt cardio-respiratoire en cours d’installation ou avéré et d’un coma aréactif. 

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